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Malya : « J’ai en tête de faire un salon consacré à la création ethnique »

Beauté, prêt-à-porter, saveurs culinaires… à travers son salon « Black is Beautiful », Malya, souhaite faire vibrer au son de l’artisanat, toute la culture afro-caribéenne préservée et représentée par les exposants conviés pour l’occasion. Une belle leçon d’humanité mais aussi d’humilité.

Depuis 2009, Malya organise des salons. Cette jeune maman de 33 ans ne s’arrête pas en si bon chemin, elle travaille la semaine chez des particuliers et le week-end comme auxiliaire de vie. Aujourd’hui, elle organise ses propres salons « Black is Beautiful », à destination des artisans souhaitant mettre en valeur leur savoir-faire issu de la culture afro-caribéenne. « Cela fait plus de huit mois que j’ai en tête de faire un salon consacré à la création ethnique. Concernant « Black is beautiful », j’ai décidé de réaliser trois salons qui se suivent : l’un se déroule le 8 mai 2016, l’autre aura lieu le 18 septembre et le dernier est prévu pour novembre. Chacun porte sur un thème différent et le prochain aura pour nom : « Green party », indique la jeune femme. Malgré des débuts difficiles à cause de ses craintes de l’échec, Malya a persévéré et a réussi à réunir une vingtaine d’exposants pour son salon. Un défi qu’elle a relevé en seulement trois mois. « J’ai préféré lancer les inscriptions sur le net et laisser les gens s’intéresser à mon, projet, d’eux même. J’ai réussi à réunir une diversité de créateurs dans divers domaines, tels que la décoration, le prêt-à-porter, les accessoires, les cosmétiques, la mode homme-femme-enfant, l’art culinaire, la restauration. La majorité des exposants viennent de France et une d’entre elles de Belgique. Leur point commun, c’est d’avoir toutes un lien avec l’Afrique. Elles souhaitent toutes valoriser, à leurs façons, le patrimoine culturel issu de leur pays d’origine. Bois, wax… toutes utilisent les matières naturelles ou transformées issues de l’Afrique », précise Malya.

 

Un salon avec des valeurs éthiques

« Sans suivre pas-à-pas les tendances, j’adore porter le tissu wax, le pagne et je préfère les porter dans la vie de tous les jours, pas besoin d’occasions spéciales. J’apprécie de les mettre par petites touches comme par exemple, un détail sur un t shirt, un foulard… Je vis dans les Yvelines et je voulais délocaliser ce type d’événements que représentent les salons pour commerçants. Je pense qu’il est plus intéressant d’avoir de la clientèle près de chez soi, car sur Paris c’est plus compliqué de trouver un artisan disponible très vite. Il faut souvent prendre rendez-vous des semaines à l’avance et il n’est pas toujours évident de pouvoir se déplacer jusqu’à là-bas, pour tout le monde », explique la jeune femme. La plupart des vendeuses-exposantes font déjà de la vente en ligne sur e-boutique ou sur Facebook. L’entrée au public est de 2 euros symboliques. C’est un choix. Cela permettra aux vendeuses de rentrer dans leurs frais », ajoute Malya.

 

Une présence familiale sans faille

Cette jeune maman réussit à concilier sa vie familiale et ses autres fonctions. « La semaine, je travaille chez les particuliers, le week-end, je suis auxiliaire de vie et à côté de cela, j’ai mon auto-entreprise. Le fait d’organiser un ou deux salons dans le mois me demande beaucoup d’investissement. La jeune femme s’occupe de tout ou presque. « Avant d’aller chercher ma fille à l’école, par exemple, je m’arrange pour distribuer les flyers », ajoute-t-elle. Organisée, Malya a cependant fait beaucoup de sacrifices. Elle a toujours trouvé le soutien nécessaire pour réussir auprès de son entourage. « Ma maman réalise des plats africains et les vend sur les marchés. Avec mes frères et sœurs, elle m’a toujours encouragé. J’ai toujours baigné dans une atmosphère positive », déclare la jeune femme. La maman de Malya a hautement contribué à tisser sa fibre commerciale et cela renforce le sentiment de fierté de la jeune femme. Son besoin d’indépendance est si fort qu’elle ne regrette en rien son train de vie.

 


 

Par Darine Habchi