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Maliza Said Soilihi : « Créer une passerelle entre la France et l’Afrique »

Investisseurs, financiers, politiques, sont conviés à la seconde édition des Journées Économiques et Consulaires africaines. Cet événement aura lieu du 3 au 5 juin 2016, à Marseille, et est organisé par L’institut Mandela, en partenariat avec la Municipalité de Marseille, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Marseille-Provence, la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Région PACA, la Villa Méditerranée & AVITEM ainsi que le Département d’État américain. Le lieu de renforcer les coopérations entre les entreprises et investisseurs en France et en Afrique. ANA a saisi l’opportunité de ce forum pour faire le point avec Maliza Said Soilihi, Conseillère Municipale déléguée auprès de l’adjointe aux Relations Internationales et Européennes, par ailleurs membre de l’institut Mandela.

Elle est beaucoup impliquée auprès de Paul Kananura, le président de l’Institut Mandela, afin de développer les activités, avec un rôle double. En tant que membre de l’institut Mandela, mais aussi en tant qu’élue Marseillaise. Maliza Said Soilihi a pour mission, entre autres, de mobiliser les acteurs aussi bien à l’étranger qu’en France. Elle est donc en quête permanente de partenaires, de sponsors, bref, toute une organisation qui lui permet également d’apporter sa pierre à l’édifice.

Entretien

Quel rôle joue l’Institut Mandela dans le développement de l’Afrique ?

L’Institut Mandela est une association installée à Bordeaux. Il œuvre dans le sens du développement et du rayonnement de l’Afrique. Nous essayons très régulièrement d’organiser des conférences autour, non seulement de l’économie, mais aussi de la sécurité, de la gouvernance en Afrique… Depuis l’année dernière, l’institut organise un forum économique. La 1ère édition des Journées Économiques et Consulaires africaines a eu lieu à Bordeaux, l’an denier, sous l’égide du ministre du Commerce de la Côte- d’Ivoire. Et cette année, j’ai plaidé afin que s’organise cet événement à Marseille et qu’il puisse se développer. La municipalité de Marseille a accepté d’être partenaire de l’événement, ainsi que d’autres structures associatives, ici présentes, sans oublier de jeunes start-ups africaines invitées pour l’occasion. Des partenaires institutionnels dont la Chambre de Commerce, sont également attendus. Nous avons essayé de mobiliser les acteurs du territoire pour organiser une rencontre à un haut niveau économique. Par ailleurs, quatre délégations gouvernementales ont confirmé leur présence.

Pouvez-vous revenir sur les objectifs de ce forum ?

Le but est de pouvoir permettre aux pays africains, via leur ministre ou leur chancellerie, de venir présenter les potentialités offertes par les pays, par rapport aux climats des affaires de ces pays, à des entreprises ou investisseurs européens qui seraient intéressés à investir en Afrique. Les domaines de l’énergie, des infrastructures sont hautement concernés. Nous souhaitons créer une passerelle entre la France et les pays d’Afrique, afin de permettre d’organiser des rendez-vous b to b. Ainsi, les entreprises intéressées et qui n’ont pas accès à ces personnalités africaines pourront les rencontrer et conclure des contrats. Cette volonté est également valable dans le sens inverse en invitant des entreprises africaines qui souhaitent se développer en France et étendre leur marché. Notre souhait est de créer une passerelle économique entre les deux rives.

Quels sont les bons points de la 1ère édition ?

L’an dernier, il y a eu plusieurs délégations d’investissement présentes et plusieurs contrats ont été signés. Parmi elles, nous pouvions compter la délégation mauritanienne, revenue à Bordeaux afin de signer des contrats avec des entreprises bordelaises. Nous avons dénombré plus d’une centaine de contrats qui ont été signés lors de cette première édition. C’était un bon début. L’institut Mandela a effectué un suivi suite aux rendez-vous b to b qui ont été organisés. Cette année, l’ambition est d’autant plus importante car l’objectif est de pouvoir pérenniser cet événement économique africain de haut niveau et qui s’organise chaque année. L’année dernière, il y’a eu 250 participants, et cette année, nous avons pour objectif de comptabiliser 350 à 400 participants, aussi bien des membres de délégations que des entreprises. Il faut noter que parmi les entreprises africaines conviées, nous privilégions les start-ups africaines installées en France et qui souhaitent aussi bien se développer ici et là-bas. Parmi les représentations gouvernementales, les ministres du Niger, du Congo Brazza, de Madagascar, du Sénégal seront présents lors de ces journées. Pour l’instant, ce sont ceux qui ont confirmé leur présence parmi les organisations gouvernementales. Ensuite sont également conviés les ambassadeurs de Namibie, des Comores… Dans le meilleur des cas, sept ministres seront donc présents.

Comment s’est déroulée l’organisation de cet événement ?

L’institut Mandela s’est occupé de sensibiliser les pays africains, les chancelleries, les gouvernements… Paul Kananura a d’ailleurs eu de nombreux rendez-vous avec les ambassadeurs, afin de leur démontrer, en fonction du climat des affaires, les potentialités d’investissement. Ensuite, la Chambre de Commerce de Marseille tente de mobiliser les acteurs du territoire, comme les entreprises qui peuvent être intéressées pour se développer en Afrique, mais qui n’ont pas les informations suffisantes et les contacts nécessaires afin de pouvoir le faire. De notre côté à la mairie, nous essayons de sensibiliser les institutionnels, l’AFD (Agence Française de Développement), Jean-Louis Borloo, qui va venir présenter sa fondation énergie pour l’Afrique. Nous avons réparti les rôles. Les partenaires essayent aussi de sensibiliser les associations qui s’intéressent au développement économique en Afrique, à l’avenir. Nous avons réparti les rôles de manière à ce que chaque partenaire puisse mobiliser son secteur. Nous tentons de les convaincre qu’il s’agit d’une manière de pouvoir faire des rencontres économiques pertinentes et d’apporter, de cette manière, notre contribution au développement africain.

Quels sont les secteurs concernés par cet événement ?

Nous ne souhaitons pas fermer la porte. Toute personne ou entité est la bienvenue. Cependant, nous avons des domaines prioritaires tels que l’énergie, la santé, les BTP, les infrastructures, sans oublier, l’innovation, les télécommunications…Cet événement va se dérouler sur deux jours. La première journée est attribuée aux délégations officielles qui présentent les climats des affaires. Chaque ministre, ambassadeur ou directeur des services d’investissement va présenter le climat, juridique, fiscal, etc, propre à son pays, ainsi que les besoins et les domaines d’activité prioritaires. Samedi, auront lieu, des tables rondes avec des intervenants, des spécialistes tels que l’administrateur de la Banque Africaine de Développement, par exemple, un professeur à l’UNESCO, spécialiste dans le secteur du numérique en Afrique. Nous avons invité des spécialistes qui vont venir expliquer ou débattre des possibilités d’investissement, de financement, des secteurs les plus porteurs en Afrique. Cet événement reste ouvert à tous les publics. Les étudiants qui ont pour ambition de créer leur propre entreprise, peuvent également y prendre part. Ainsi, ils peuvent recueillir des informations sur la manière de récolter des fonds, sur les secteurs porteurs… Le samedi après-midi, auront lieu les rencontres b to b. Nous ouvrons la possibilité aux entreprises présentes de solliciter des rendez-vous auprès des délégations. Ainsi, chacun pourra discuter, en aparté, sur les possibilités économiques qui se présentent. C’est à ce moment-là qu’intervient l’Institut Mandela. Il effectue un suivi pour savoir si des contrats sont sur le point d’être signés, dans quelles conditions, de quels types de contrats il s’agit.

Quels seront les objectifs des Journées Économiques et Consulaires africaines, à long terme ?

Nous souhaitons, avant tout et dans un premier temps, rassurer sur les potentialités économiques africaines. Nous avons encore du mal à convaincre des perspectives intéressantes qu’offre le continent. En effet, aujourd’hui, l’Afrique peut se targuer d’avoir un taux de croissance à deux chiffres. L’Afrique peut également proposer des partenariats gagnants / gagnants, à l’instar de l’Angola, qui, ces derniers temps, rachète à tour de bras des industries au Portugal. L’objectif est de démontrer que des entreprises ici et là-bas, ou encore des Etats en Afrique, peuvent signer des contrats équilibrés. Nous souhaitons continuer d’organiser et de faciliter des rencontres entre des entreprises, des institutions qui n’auraient pas pu se faire dans un contexte différent.

Quels pourraient être les obstacles à l’investissement ?

L’insécurité est, à mon avis, la première peur qui empêche les gens d’aller investir en Afrique. Le manque d’informations figure aussi parmi les freins à l’investissement. Beaucoup ignorent les opportunités d’investissement dans certains pays d’Afrique ainsi que des facilités douanières, fiscales qui ont été instaurées dans certains États. A travers ces journées, nous souhaitons également donner de l’information. Les médias également n’abordent pas la question africaine par le biais des potentialités, mais ils parlent plutôt des problèmes. Nous souhaitons donc apporter un éclairage différent. Nous souhaitons pérenniser l’événement. Je précise que nous n’avons eu aucune subvention, ni d’apports, ni de sponsoring. Nous n’avons donc aucun financement.


 

Par Darine Habchi

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