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Liberté de la presse : L’Afrique et l’Europe régresse, la Tunisie progresse (RSF)

Le dernier classement mondial de la liberté de la presse de Reporter sans frontières (RSF) confirme ce qui a été dénoncés ces derniers mois :  l’Europe, comme ’Afrique subsaharienne n’échappe pas à la nouvelle dégradation mondiale de la liberté de la presse.

Par Bilkiss Mentari

Le 18 avril, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé son classement mondial de la liberté de la presse pour 2019. L’édition 2019 du Classement confirme ce qui est dénoncé depuis plusieurs mois, la haine des journalistes a dégénéré en violence. Un « facteur d’une montée de la peur » selon RSF. « Le nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité, continue de se réduire, tandis que les régimes autoritaires renforcent leur emprise sur les médias », déplore l’ONG.

Gilets jaunes en France : « un niveau inédit de violences lors des manifestations »

Au classement mondial, la Norvège occupe la première place tandis que le Turkménistan est à la dernière position. Si elle progresse d’une place, la France, classée à la 32ème position, a connu ces derniers mois des dérives soulignées par RSF qui pointe les difficultés des journalistes face aux trolls sur Internet, au mouvement des gilets jaunes et aux propos incendiaires de responsables politiques tels que Jean-Luc Mélenchon. Le mouvement des gilets jaunes a particulièrement attiré l’attention de RSF qui dénonce « un niveau inédit de violences lors des manifestations […], au point que nombre d’équipes de télévision n’osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps ». Des centres d’impression de journaux ont été bloqués, tandis que des journalistes ont été attaqués par des manifestants.

« L’Afrique subsaharienne n’échappe pas à la nouvelle dégradation mondiale de la liberté de la presse »

L’Afrique subsaharienne n’échappe pas à la nouvelle dégradation mondiale de la liberté de la presse. « La haine des journalistes, les attaques contre les reporters d’investigation, la censure, notamment sur internet et les réseaux sociaux, les pressions économiques et judiciaires contribuent à affaiblir la production d’une information libre, indépendante et de qualité sur un continent où la liberté de la presse a connu d’importantes évolutions en 2018 », analyse RSF. Des coupures d’internet aux arrestations de journalistes sont encore en cours au Cameroun, RDC, Égypte, et autres pays du continent.

La Tunisie, qui gagne 25 places, première du monde arabe

Ceci dit, la Tunisie qui poursuit sa transition démocratique, sort du lot. En marge d’une conférence de presse tenue à Tunis le 18 avril pour présenter le classement de 2019, Souhaieb Khayati, représentant de RSF dans le pays, souligne : « la Tunisie fait figure d’exception dans ce classement marqué cette année par une régression de la liberté de la presse dans plusieurs pays y compris les pays démocratiques. »  Pour rappel, la Tunisie avait occupé la 96ème place en 2016, la 126ème en 2015, la 133ème place en 2014 et la 138ème place en 2013.

L’édition 2019 s’inscrit dans le cadre du lancement de la Déclaration internationale sur “l’information et la démocratie” destinée à renforcer la liberté de la presse dans le monde. Le classement mondial de la liberté de la presse a été lancé en 2002. Il concerne 180 pays,

et prend en compte la performance de chaque pays en matière de pluralisme médiatique, d’indépendance, d’environnement et d’autocensure, de cadre légal, de transparence et de qualité des infrastructures soutenant la production de l’information. Il implique en particulier le traitement des réponses à un questionnaire adressé à des professionnels des médias (journalistes, juristes, chercheurs…) sélectionnés par RSF, dans le monde entier.