Lenye Dlamini, PhD student at the University of Cape Town
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Lenye Dlamini : « Les femmes sont un trésor de talent et de connaissances que nous n’exploitons pas pour le moment »

Originaire du Swaziland, Lenye Dlamini vit au Cap (Afrique du Sud), où elle achève son doctorat en sciences de la vie et de l’environnement, avec une spécialisation en chimie des protéines. Elle mène actuellement un projet de recherche intitulé “Ingénierie des nitrilases pour une thermostabilité accrue”. Elle figure parmi les lauréates de l’édition 2021 du prix Jeunes talents du programme For Women in Sciences, porté par la Fondation l’Oreal. Interview portrait. 

Propos recueillis par Ange Iliza, à Kigali 

Lenye Dlamini, quel est votre parcours ? 

J’ai grandi au Swaziland et suis biochimiste. J’étudie en particulier la chimie des protéines et suis passionnée par la façon dont les interactions entre les protéines influent sur la progression des maladies. Et j’étudie cela principalement par le biais de la biologie structurelle et de la biophysique.

Pourquoi cet intérêt pour les sciences ? 

Mon projet actuel porte sur l’ingénierie d’une enzyme nitrilase dégradant le cyanure, qui peut être utilisée comme un biocatalyseur pour assainir les sites endommagés par les déchets de cyanure, par exemple dans les mines, qui utilisent le blanchiment au soleil pour extraire et raffiner l’or. Mon projet consiste donc à concevoir un biocatalyseur durable pour assainir ces sites afin d’éliminer le cyanure, qui est très toxique, de ces bassins d’eaux usées, et de produire des produits chimiques utiles, de l’ammoniac et de la pommade, que nous pouvons utiliser et commercialiser, en transformant essentiellement les déchets en produits utiles de manière durable. 

Pourquoi selon-vous faut-il promouvoir les femmes dans les sciences en Afrique ? 

Je pense que les femmes doivent être autonomisées parce que plus elles le seront, plus notre société, les hommes et les femmes, changeront leur façon de voir les femmes. Lorsque vous voyez les femmes différemment, vous vous obligez à élever vos enfants différemment. Cela a donc un impact non seulement sur cette génération, mais aussi sur la génération suivante, car les femmes sont un trésor de talent et de connaissances que nous n’exploitons pas pour le moment. Je pense donc que si nous leur donnons du pouvoir, si nous les élevons dans ce sens, nous ne pourrons qu’en bénéficier.