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Le volontariat : Le Togo, un cas d’école pour l’Afrique

Le défi majeur de la jeunesse dans tous les pays du monde demeure le chômage. La jeunesse qui représente environ 70% de la population n’échappe pas à cette donne au Togo. Pour apporter une solution à ce phénomène, les autorités togolaises ont initié le programme national de volontariat (PROVONAT) sous forme de projet. Lancé en 2010, cet ambitieux programme sera désormais exécuté par l’Agence Nationale de Volontariat au Togo (ANVT) qui a été mise en place en avril 2015.

En moins de quatre ans, 6.252 volontaires majoritairement des jeunes diplômés et primo-demandeurs d’emploi dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et du développement local et social, ont été mobilisés et déployés dans plus de 800 structures d’accueil sur toute l’étendue du territoire national. Selon Victoire Tomegah-Dogbé, la ministre du Développement à la base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes qui a en charge ce programme, en moyenne 51% de ces volontaires ont, par leur expérience acquise grâce au programme, trouvé un emploi stable. « Avec cette dernière vague d’avril 2015, le nombre total de volontaires nationaux passe à 6.252. Le gouvernement togolais, par ce programme, compte apporter une solution aux problèmes de chômage et de manque d’expérience chez les jeunes Togolais diplômés sans emploi afin de renforcer leur employabilité », a déclaré la ministre Victoire Tomegah-Dogbé.

Dopé par les résultats et la forte sollicitation du programme, le gouvernement togolais a décidé d’institutionnaliser le volontariat au Togo. Dans cette perspective, des milliers de jeunes diplômés en ingénierie, secrétariat, informatique, sociologie, économie… viennent de toutes les régions du Togo pour appuyer la société civile et les administrations publiques dans les quatre coins du pays. « Avec dévouement, humilité, honnêteté et professionnalisme les volontaires nationaux participent au développement de leur communauté, et par ricochet acquièrent, plus qu’une première expérience professionnelle, un passeport pour l’insertion. Et nous comptons mobiliser et déployer un minimum de 2.000 volontaires par an, durant les trois prochaines années », a expliqué son directeur général Omar Agbangba.

Unique en son genre en Afrique, ce programme suscite déjà beaucoup d’engouement auprès des partenaires. Et certains pays africains sont sur le point de l’adopter pour promouvoir l’emploi des jeunes. « Le volontariat apporte une contribution extraordinaire au développement des communautés à la base du Togo. Aujourd’hui, le bilan est très positif puisque notre programme est reconnu comme l’un des plus pertinents au monde et il y a d’autres pays qui s’y intéressent déjà… », a confié la ministre Victoire Tomegah-Dogbé.

A en croire Richard Dictus, chef du programme des Volontaires des Nations Unies (PVNU), la réussite de ce programme au Togo est très importante pour la sous-région, pourquoi pas, pour toute l’Afrique. Il a par ailleurs appelé les dirigeants africains à tirer des leçons du programme de volontariat togolais. « Il faut tirer les leçons de ce programme et penser à un partenariat pour avoir le soutien dans ce genre de projet pas seulement au Togo mais ailleurs», a indiqué M. Dictus.

A travers leur engagement, les volontaires améliorent leur employabilité via les gains de capacités, de compétences et de professionnalisme, ce qui facilite l’accès à des emplois mieux rémunérés faisant du volontariat national togolais un contributeur au développement socioéconomique.

A chaque vague de recrutement, les autorités togolaises organisent des cérémonies publiques de prestation de serment avant l’insertion des volontaires dans la vie active. « Je m’engage, en tant que volontaire national, à respecter les dispositions d’assurance ; je jure d’accomplir ma mission avec dévouement, humilité, neutralité, professionnalisme ; et d’œuvrer à la promotion des actions de développement socio-économique, je le jure », ont l’habitude de répéter les jeunes volontaires avant leur affectation sur leur lieu de travail. Le volontariat à la « togolaise » permet aujourd’hui de juguler la crise sociale issue du chômage des jeunes au Togo. Toutefois, beaucoup reste à faire pour doter le pays, dans un avenir proche, d’un mécanisme d’orientation pouvant permettre d’amener les jeunes vers les secteurs porteurs de croissance qui demanderaient une forte main d’œuvre. Ceci permettra de lutter contre le problème de l’adéquation emploi-formation. L’Agence Nationale de Volontariat au Togo (ANVT) a validé en juin 2015 son document portant sur le plan stratégique couvrant la période 2015-2020.


 

Par Emmanuel Atcha