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Le Togo opte pour la promotion des PME/PMI

Le Togo, à l’instar des autres pays en Afrique subsaharienne, se trouve confronté à la problématique de la promotion des Petites et Moyennes Entreprises et Industries (PME/PMI) qui constituent pourtant l’un des maillons essentiels de l’économie nationale. Pour relancer ce secteur important du tissu économique, les autorités togolaises ont engagé des reformes visant à rendre les entreprises locales beaucoup plus compétitives et viables.

Désormais, les autorités togolaises veulent mettre fin aux différentes contraintes qui freinent l’épanouissement des PME/PMI tels que l’accès difficile aux  marchés publics et aux financements, le coût élevé des régimes fiscaux, la faible disponibilité et le coût élevé des facteurs de productions et la lourdeur observée dans les procédures administratives. En clair, les autorités togolaises comptent développer le secteur privé, premier pourvoyeur d’emploi du pays. Ainsi, le secteur primaire, qui représente environ 41% du Produit intérieur brut (PIB),  dominé essentiellement par des exploitations agricoles, est pris en compte par les reformes, car il emploie une grande partie de la population active. Les secteurs secondaires et tertiaires qui génèrent respectivement 24% et 5%  du PIB ne sont pas en reste.

Les reformes institutionnelles enclenchées depuis quelques années vont déboucher sur la création de plusieurs institutions telles que le ministère du Commerce et de la Promotion du secteur privé, le Conseil présidentiel pour l’Investissement et la Cour d’arbitrage du Togo. Cette vague de reformes sera suivie, plus tard, par la ratification de la charte des PME/PMI; ce qui balisera la voie à la mise en place d’une véritable politique de promotion des entreprises locales au Togo. Pour mener à bien cette nouvelle politique de promotion des PME/PMI e toute transparence, la Cour des comptes a été également mise sur pied ainsi qu’un code des marchés publics.

 

ANPGF, une solution innovante pour le financement des PME/PMI

Les jeunes entrepreneurs togolais sont désormais encouragés à se lancer dans l’entreprenariat. Mais le problème majeur du secteur reste le manque de financements. Pour  rectifier le tir, l’Agence  nationale de promotion et de garantie de financement des PME/PMI  (ANPGF) a été portée sur les fonts baptismaux. Cette nouvelle structure d’appui financier et non-financier œuvre pour le financement des projets et la formation des jeunes entrepreneurs  opérant dans le secteur privé.

Selon la  directrice, Mme Naka De Souza, cette structure, bien que n’étant pas une banque, vient répondre aux difficultés de financement grâce à ses ressources propres et garantit les projets auprès des banques à travers deux produits financiers.

« L’Agence nationale de promotion et de garantie de financements des PME/PMI n’est ni une banque ni une institution de microfinance. Elle n’assure pas elle-même directement l’octroi de crédits. Le financement est fait sur les ressources propres de l’agence et à sa demande par des banques et établissements financiers partenaires ».

L’institution a mis sur pied une procédure permettant de partager le risque de financement avec les banques en garantissant en partie le risque de non remboursement. Grace à cette procédure,  les financements octroyés  par les banques sont garantis  à hauteur de 50% par l’ANPGF ; ce qui contribue à réduire les garantis rédhibitoires de certains projets.

Les projets financés par l’agence doivent être rentables, pérennes et générer des emplois afin d’être en symbiose  avec la nouvelle dynamique de lutte contre le chômage des autorités togolaises. Chaque projet est financé à hauteur de 20 millions de FCFA avec un taux d’intérêt inférieur à celui proposé par les institutions classiques de financement.

700 PME/PMI couvrent 15% du PIB

Les mesures prises par le Togo ont produit des résultats positifs puisque le pays a grimpé dans le rapport Doing Business 2015 de la Banque mondiale. Le rapport indique en effet que le Togo fait partie des dix économies du monde qui ont le plus progressé sur le climat des affaires en faisant un bond de quinze places pour être classé 149e dans le monde.

Selon ce même rapport, le Togo a simplifié le processus de création d’entreprise en permettant au guichet unique de rendre public les avis de constitution et en supprimant l’obligation d’obtenir la carte d’opérateur économique. Le même rapport constate que le pays a également simplifié le transfert de propriété par l’abaissement du taux de la taxe d’immatriculation de la propriété. Les impôts onéreux constituant un frein à l’afflux des investissements privés externes, pour y remédier, le Togo a réduit le taux de l’impôt sur les salaires. Plus de 700 PME/PMI existent au Togo avec un apport estimé à plus 15% du PIB national, en 2014.

 


 

Par Emmanuel Atcha