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Le Togo affute ses armes avant la Cop21 avec son rapport biennal

A quelques semaines de la rencontre de Paris qui sera placée sous le thème : « Face aux changements climatiques : la route de Paris », le Togo compte élaborer son Premier rapport biennal actualisé (PRBA) en vue d’aider à la mise en place des mesures d’atténuations des effets du dérèglement climatique.

Ceci permettra au pays de disposer d’une base de données fiable à travers la compilation de nouvelles données de 2010 à 2013, afin d’actualiser la Troisième Communication Nationale sur le Changement Climatique (TCNCC). Ce rapport va d’une part relever les causes et les conséquences du changement climatique et d’autre part proposer des solutions pouvant permettre d’atténuer l’impact du changement climatique au Togo.

Ce rapport biennal actualisé qui sera mis à la disposition de la délégation togolaise qui prendra part aux assises de Paris, en décembre prochain, pourra être utilisé pour la mobilisation des financements à la Cop21 en vue d’atténuer les conséquences du changement climatique au Togo.

« Ce rapport mettra à la disposition du Togo, des informations utiles qu’il pourra utiliser pour mobiliser les financements et pour discuter avec ses partenaires techniques et financiers à la Cop21» a souligné Abiziou Tchinguilou, coordonnateur du PRBA. Selon le coordinateur, ce rapport servira aussi à appuyer le Togo dans son mécanisme de planification et d’intégration de la question des changements climatiques dans la planification nationale.

Pour sa part, le ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, André Johnson, pense que « ce rapport que nous rédigerons bientôt permettra d’améliorer l’intégration des changements climatiques dans nos différentes politiques nationales et sectorielles à travers le renforcement des capacités des différents acteurs ».

Les organisations de la société civile ont été associées à l’élaboration de ce rapport qui fera office de feuille de route dans l’élaboration des politiques nationales et sectorielles d’atténuation des conséquences du changement climatique au Togo.

« Nous allons défendre le rapport biennal actualisé lors de la rencontre avec les différents acteurs à Paris. Au retour, nous allons nous pencher sur sa dissémination afin que les populations se l’approprient pour s’adapter aux changements climatiques », a expliqué François Kouami, le président du réseau des journalistes pour l’Alliance des Médias pour l’Eau et l’assainissement (AMEA). Les partenaires techniques et financiers vont appuyer le pays dans l’élaboration de ce premier rapport biennal actualisé qui sera présenté à la Cop21 par la délégation togolaise en décembre prochain.

Pour sa part, l’ambassadeur de la France au Togo, Marc Fonbaustier, pense que le Togo, avec sa créativité et sa crédibilité, pourrait jouer un rôle de leader d’opinion en Afrique et aider le continent à se constituer en un bloc à part, au sein du G77, afin de peser dans l’accord qui sera obtenu à Paris, pour une vraie réduction des émissions de CO2. Rappelons qu’à l’instar des autres pays de la sous région, le Togo subit de plein fouet les différentes conséquences du changement climatique. Ces conséquences se traduisent par l’érosion côtière, la disparition du couvert végétal, la hausse de la température ainsi que l’irrégularité de la pluviométrie. Ceci constitue une entrave au développement de l’agriculture qui contribue environ 27,6% du Produit intérieur bruit (PIB). Désormais, l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques est également un enjeu de taille pour le tout premier pays de la sous-région ouest africaine à avoir élaboré un Programme national d’investissement agricole et pour la sécurité alimentaire (PNIASA), en 2013. Le Togo a reçu une facilité d’appui, financée par l’Agence Française du Développement et mise en œuvre par Expertise France, afin d’élaborer sa contribution nationale.

Le Togo s’est doté, en 2009, d’un plan national d’adaptation aux changements climatiques. Quatre grands axes d’action stratégiques sont identifiés : le renforcement des capacités des exploitants et producteurs ruraux ; la gestion rationnelle des ressources naturelles menacées ; la protection et la sécurisation des infrastructures et équipement structurants à risque ; l’alerte précoce contre les catastrophes climatiques.

Par Emmanuel Atcha