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Le Togo abritera le prochain forum de l’AGOA

En 2017, le Togo sera encore une fois sous les feux des projecteurs. Après le sommet sur la sécurité maritime tenue du 10 au 15 octobre dernier, la capitale togolaise s’apprête à accueillir une autre rencontre d’envergure internationale, celle du 16ème  forum de l’AGOA (African growth and opportunity act) ou Loi américaine sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique).

Durant deux jours, les délégués et les experts du commerce international venus d’Afrique et des États-Unis vont se pencher sur des problématiques en lien avec la dynamisation des échanges commerciaux entre l’Afrique et les États-Unis, dans le cadre des accords de la loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA). Pour l’heure, aucune date n’a encore été avancée pour la tenue de cette grande rencontre à laquelle prendront part plus de 1.000 participants. « Le conseil félicite le Chef de l’Etat pour son leadership qui a permis aux pays membres et aux Etats Unis de retenir notre pays pour abriter cette conférence », souligne le communiqué du gouvernement togolais qui apporte l’information au public.

 

L’AGOA, une opportunité pour les pays africains

Comme l’explique le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, l’AGOA est une sorte de « partenariat gagnant-gagnant » entre l’Afrique et les États-Unis. Ce lien doit permettre à l’Afrique de développer ses infrastructures pour booster son intégration et son commerce régional.  Il représente, évidemment, un intérêt réciproque pour les deux parties en ce sens que les pays africains ont ainsi la possibilité de s’affirmer progressivement sur la scène mondiale en entrant dans la mondialisation, alors que les États-Unis bénéficient d’une nouvelle source d’approvisionnement, notamment en pétrole. A ce jour, les pays africains ont exporté pour près de 480 milliards de dollars de biens aux États-Unis depuis la mise en place de l’AGOA en 2000. De janvier à mars 2014 par exemple, dans 44 pays africains, les exportations américaines s’élevaient à 2.7 milliards de FCFA, soit 5,26 millions de dollars. Dans la même période, les importations américaines sont évaluées à 3.350 milliards de FCFA, soit 6,7 millions de dollars, dans 47 pays africains.

 

Quand l’arrivée de Trump fait peur…

L’élection de Donald Trump comme 45ème président des Etats-Unis d’Amérique a fait grincer les dents en Afrique. Plusieurs s’inquiètent de la politique qu’appliquera le milliardaire à la tête de la première puissance du monde. Muda Yusuf, président de la chambre du commerce et de l’industrie du Nigeria, a fait valoir que les affirmations de Donald Trump selon lesquelles il poursuivrait des politiques commerciales protectionnistes impliquent que le projet ne peut pas survivre à l’épreuve du temps. Avis partagé un peu partout en Afrique. Ce sur quoi David Gilmour, ambassadeur des USA au Togo rassure. « Le nouveau président verra qu’il y a des changements importants qui s’opèrent en Afrique, y compris le Togo (…) Il trouvera une Afrique en pleine émergence. Le cabinet de Donald Trump va s’appuyer sur la forte relation entre les États-Unis et les pays africains pour réussir son mandat et notamment sa politique internationale », a affirmé le diplomate américain.

 

Quelques acquis au 15ème forum

Déjà lors du dernier forum à Washington, les Etats s’étaient penchés sur l’épineuse question de la tendance baissière des échanges entre les USA et l’Afrique. Les exportations des pays AGOA sont passées de 26 milliards USD en 2014 à 19 milliards USD en 2015, ce qui représente une diminution d’environ 25%. Pourtant, le 15ème forum a pu faire naître de nouveaux défis et engagements pour rehausser les volumes des échanges. « L’Afrique n’a jamais été aussi dynamique au cours des dernières décennies », avait fait constater le représentant commercial du département américain Michael Froman. Afin d’asseoir les engagements, l’ambassadeur a produit un rapport intitulé « Au-delà de l’AGOA : Regard sur l’avenir du commerce et de l’investissement entre les États-Unis et l’Afrique. » Le document présente les arguments pour approfondir la relation économique entre les États-Unis et l’Afrique, décrit les principales tendances du système commercial mondial dans lesquels l’engagement des États-Unis et de l’Afrique subsaharienne devrait être examiné, et évalue certaines options stratégiques et structurelles pour aller de l’avant.

 

Gros défis pour les participants au 16è forum

Le 16ème forum se tiendra donc dans un contexte macroéconomique difficile, du fait de la chute du prix du baril de pétrole et de la crise des prix sur le marché mondial. Il aura ainsi le gros défi d’élaborer une stratégie qui permette de trouver un rééquilibrage des échanges, et ce afin que les pays puissent retrouver leurs recettes d’antan. Ceci passe forcément par une diversification intense de l’économie. Les Etats-Unis pourraient être un marché de premier choix si les discussions tombaient sur de bons accords. Quant au Togo, pays hôte du forum, ce sera l’occasion de chercher à équilibrer sa balance commerciale vis-à-vis des USA. L’Amérique a un excédent commercial important avec le Togo. Avec son port, le plus profond sur la côte ouest de l’Afrique, il dispose d’un argument de poids pour augmenter son volume d’échange vers les USA.

 

Les pays membres de l’AGOA se réunissent annuellement, une fois aux Etats-Unis et une fois dans l’un des pays membres. La loi « AGOA », votée en 2000 aux Etats-Unis, sous la présidence de Bill Clinton, permet à certaines marchandises fabriquées en Afrique d’être exonérées de taxes douanières à leur arrivée sur le territoire américain.


 

 

Par Emmanuel Atcha