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Le Togo à la conquête du marché mondial du marbre

L’exploitation du marbre et des pierres ornementales avait constitué une importante source de devises étrangères pour le Togo au début des années 90. La société Togolaise des Marbres (SOTOMA), une structure détenue exclusivement par l’Etat, a dû mettre la clé sous les paillassons à cause du manque d’investissements, et pourtant le pays dispose de la plus grande réserve de marbre du continent. Estimée à plusieurs centaines de millions de tonnes de mètre cube, cette importante réserve va désormais permettre au pays d’aller à la conquête du marché mondial de marbre.

Pour y parvenir, les autorités togolaises ont confié l’exploitation d’une vingtaine de carrières à Pomar-Togo SA, une société anonyme au capital de 3 milliards de FCFA créée en 2012 qui emploie environ 500 Togolais. Cette société est détenue à 10% par l’Etat togolais, 67% par un consortium de droit espagnol et 23% par des institutions financières régionales. Selon la direction de Pomar-Togo, c’est une exploitation de grande envergure sans équivalent sur le continent africain qui vise, à long terme, à hisser le pays dans le peloton de tête des pays exportateurs de marbre en Afrique.

« Notre objectif, c’est que d’ici 5 ans le Togo puisse être dans le peloton de tête, soit premier ou deuxième en Afrique. Pour y parvenir, nous envisageons de vendre un produit de qualité inégalable sur tous les marchés. Notre atout premier, c’est la qualité irréprochable du marbre togolais proche de celui de l’Italie qui est la référence mondiale. Le marbre africain est d’une bonne qualité mais celui du Togo est meilleur », a rassuré Helios Rodriguèz, directeur général de Pomar-Togo. La société envisage d’égaler la production annuelle des deux plus grandes usines européennes avec une capacité de production d’environ 100 000 m3 à partir de cette année. Pour se positionner sur un marché mondial dominé en grande partie par des produits dérivés européens, le marbre togolais  recevra très bientôt la certification ISO.

Investir 55 milliards FCFA dans la transformation du marbre

« Nous sommes soucieux d’être compétitifs à travers la proposition des produits « made in Togo » haut de gamme pouvant rivaliser avec ceux des pays occidentaux qui dominent le marché mondial » a souligné le directeur général. Le défi majeur des pays africains exportateurs de marbre et de pierres ornementales à l’instar du Togo est l’absence d’une chaine de transformation locale pour valoriser les matières premières. C’est dans cette optique que la société ambitionne de donner de la valeur ajoutée aux déchets ou chutes de marbre. A cet effet, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) et la banque ouest africaine de développement (BOAD) se sont engagées à accorder une enveloppe financière de 10 milliards FCFA à la société pour la valorisation de ce minerai.

Pour M. Rodriguez, les Africains doivent désormais penser à la valorisation sur place des matières premières. « Je pense que les Africains doivent chercher à diminuer les exportations du marbre brut en blocs afin de se focaliser sur la valorisation sur place. On exporte du marbre brut en direction de la Chine et de l’Europe. Et ces derniers transforment ces matières premières en produits finis qui sont après revendus chers sur le continent », confie Helios Rodriguez à Africa News Agency. Au total, la société envisage d’investir 55 milliards FCFA dans les dix prochaines années pour l’exploitation et la transformation du marbre. Ceci permettra au pays, à terme, de rivaliser avec les ténors du marché mondial que sont l’Espagne, l’Italie et la Chine.

En dehors de la commercialisation des produits de carrelage, la société projette également de produire des équipements de salle de bain, des escaliers, des rampes et des balustres. Selon les prospections réalisées en 2012, le Togo dispose d’un important gisement qui pourra être exploité sur une période de 80 siècles. La relance du secteur pourra générer environ 2500 emplois directs et indirects à travers les activités parallèles de transformation.

Le Togo envisage, dans un premier temps, d’inonder le marché de la sous-région ouest africaine de produits dévirés haut de gamme avant de songer à conquérir celui des plus grands importateurs que sont les Etats-Unis et la Chine dans un futur très proche. En tout, le marbre togolais sera présent dans 87 pays dans le monde grâce à des accords signés avec des partenaires espagnols.


 

Par Blamé Ekoué

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