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Le Salon de l’Entreprenariat de Guinée « Un véritable outil de cohésion gouvernementale »

Offrir à la jeunesse guinéenne les informations et les outils en vue de créer leur propre emploi, c’est la vocation du Salon des Entrepreneurs de Guinée dont la deuxième édition se tenait les 11 & 12 mars à Conakry. Un évènement qui aura réuni plus de 3000 participants ainsi que les principaux acteurs, publics et privés, qui composent l’écosystème entrepreneuriale guinéen.

 

Par DBM à Conakry

 

« En Guinée, la population compte 70% de jeunes, des moins de 35 ans, mais il n’y a pas d’emploi pour eux ! » déplore Salématou Sako, directrice associée du cabinet de communication Sakom et vice-présidente du Salon des Entrepreneurs de Guinée (Saden), dont la seconde édition se tenait les 11 et 12 mars derniers à Conakry. Un évènement qui aura réuni plus de 3000 participants ainsi que les principaux acteurs, publics et privés, qui composent l’écosystème entrepreneuriale de Guinée, en vue de fournir aux jeunes les informations et les outils qui les conduiront à créer leur propre emploi.

 

« Le Saden, dont la première édition a eu lieu en 2019, a pour objectif de promouvoir la culture entrepreneuriale en Guinée, enraciner cette culture dans la société comme un moteur de développement, en participant à l’effort de promotion de certains secteurs, comme le tourisme, l’agriculture, les Tics,  … Et finalement lutter contre le chômage et l’immigration clandestine en permettant à nos jeunes de créer des activités génératrices de revenus par le biais de l’entrepreunariat » poursuit Salématou.

 

« Il est de plus en plus facile d’entreprendre en Guinée. Toutefois, certains préalables sont nécessaires, en particulier la formation et le renforcement des capacités. L’entreprenariat, ça ne s’apprend pas à l’école ! »

 

Un taux de chômage estimé à 4,8% en moyenne, plus de 14% à Conakry, selon les résultats de la première enquête nationale sur l’emploi et le secteur informel en Guinée, récemment publiée. Alors que l’économie est essentiellement tirée par le secteur minier, peu pourvoyeur d’emplois, l’entreprenariat apparait comme une alternative au chômage. A condition de créer les conditions nécessaires à l’éclosion de cette jeunesse entrepreneuriale. La construction d’un écosystème encouragé par le Saden. « Le Saden met des informations à la disposition de ces jeunes pour leur permettre de créer leur propre emploi, souligne Salématou. Cette année, alors que le thème est «L’entrepreneuriat comme accélérateur des chaîne de valeur agro-alimentaire», on est allé en région, afin d’offrir à la jeunesse rurale les mêmes opportunités qu’aux jeunes de Conakry. » Et la jeune femme d’observer : « Depuis près d’une décennie, il est de plus en plus facile d’entreprendre en Guinée. De la mise à jour du Code des investissements à la possibilité de créer une entreprise en moins de 72 heures, le chemin n’a jamais été aussi court entre la volonté et la concrétisation. Il en est de même pour d’autres étapes, où devrais-je plutôt dire d’autres défis tels que le financement ou encore la formation. Aujourd’hui, le financement est disponible auprès de multiples ressources. Toutefois, certains préalables, face auxquelles la volonté seule ne suffit pas, sont nécessaires, en particulier la formation et le renforcement des capacités. L’entreprenariat, ça ne s’apprend pas à l’école ! »

 

 

Un message porté à l’attention des responsables publics, conviés à la rencontre, dont l’Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi (AGUIPE) dont le directeur assurait la présidence du comité d’organisation du Saden. « Le SADEN vise à créer un cadre d’échange entre les entrepreneurs de la capitale et ceux de l’intérieur du pays, a précisé le DG. Il s’agit de renforcer les capacités des entrepreneurs locaux dans le cadre de la politique du contenu local. Il met en lien les entrepreneurs étrangers et ceux de la Guinée. Ce salon est un véritable outil de cohésion gouvernementale. »

 

« Le secteur agricole offre d’énormes opportunités dans la résolution du problème de l’emploi notamment des jeunes »

 

D’où le choix de mettre l’accent sur l’agriculture, priorité du gouvernement. « Le secteur agricole offre d’énormes opportunités dans la résolution du problème de l’emploi notamment des jeunes, le sujet de chômage et de sous-emploi. Ces opportunités ont été exploitées par le gouvernement et les partenaires au développement à travers plusieurs programmes d’insertion des jeunes et de promotion de l’entreprenariat agricole», poursuivra-t-il.

 

En attendant, certains tentent tant bien que mal de créer, innover, en particulier dans le secteur de l’agriculture. Ainsi, Virginie Touré, Guinéenne qui jusque-là évoluait dans le secteur florissant de la communication, a opéré un virage à 360° il y a un an en créant Certi-Bio. « Je dirigeais une agence de communication qui a notamment organisé le premier festival de mode et musique pour la promotion du textile guinéenne, dans les années 2000. Après avoir travaillée en France, au Cameroun, et au Bénin, j’ai eu envie d’évoluer dans un domaine de plus vrai, qui ne triche pas, l’agriculture. » Fille d’agriculteur, Virginie veut ainsi reprendre le flambeau, mais néophyte, elle n’hésite pas à retourner sur les bancs de l’école et s’oriente vers une licence en agriculture biologique qu’elle décroche en 2018. « Je ne connaissais rien à l’agriculture mais je voulais promouvoir une agriculture saine, sans pesticide, ce qui est difficile tant ils sont répandus en Guinée. J’ai donc décidé de créer Certi-Bio pour accompagner, sensibiliser les producteurs, pour qu’ils sachent qu’ils ont le choix, et surtout que c’est à termes plus rentable pour eux. » Et les premiers fruits de son labeur sont déjà visibles, moins d’un an après la création de sa société. « J’ai accompagné un producteur d’ananas qui a désormais une plantation 100% biologique. Et moi-même je produits du piment de Cayenne et de la banane. »

 

Et afin de promouvoir le bio dans le pays, dans quelques semaines, un marché bio se tiendra, une fois par mois au départ, puis toute les semaines, à la Blue zone, dans le centre-ville. « Les producteurs vont aller directement auprès du consommateur. Sans intermédiaires, ils augmentent leurs revenus et deviennent plus compétitifs. » Alors que le consommateur est, par la même occasion, sensibiliser aux bienfaits de l’agriculture biologique.