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Le principe de Francophonie économique a-t-il un sens ?

C’est la question que nous avons posée à différents participants au 2ème Forum économique de la Francophonie qui avait lieu à Paris, mardi 27 octobre 2015.

Paul Kammogne Fokam, fondateur de Afriland first bank (Cameroun)

« Un espace qui accepte l’intégration culturelle, économique et juridique »

« Parler de culture francophone peut être un piège pour faire du business. Dès qu’on prend des hommes différents et qu’on veut les unifier dans une même culture, il existe des risques de frictions. Même pour la France, un tel outil ne serait pas bon. Car, si une partie de la Francophonie ne se sent pas à l’aise dans cette Francophonie économique, elle ne peut pas être vectrice de valeur ajoutée. Une Francophonie économique qui fonctionne, c’est un espace qui accepte l’intégration culturelle, économique et juridique. Qui accepte en fait toutes les formes d’intégration en tant que facteurs favorisant l’économie ».

Mohamed Fall, Sénégalais, PDG de Greensystech (France)

« La Francophonie économique a un sens si on ne la politise pas »

« La Francophonie économique a un sens si on ne la politise pas. C’est-à-dire à condition qu’on remplace le politique par l’opérationnel et qu’on laisse discuter les chefs d’entreprise entre eux. Il suffit de se rendre dans un pays anglophone pour s’apercevoir que la première des barrières, c’est quand-même la langue ; et en second, la réglementation. Or, quand vous allez dans un pays francophone, il existe quand-même une certaine culture commune en matière juridique. Quel que soit le pays, il y a de grandes chances que vous y retrouviez les mêmes règles. Par exemple, dans les nouvelles technologies, les pays africains qui n’avaient pas de réglementation ont eu comme premier reflexe, notamment en matière de télécom, de copier ce qui se faisait au niveau français. Entre nous, on se retrouve donc facilement dans des mécanismes juridiques connus. Et puis, la Francophonie a quelque chose d’encore plus spécifique, c’est le partage d’une langue mais aussi bien souvent de valeurs, comme l’humanisme, l’abolition de la peine de mort ou une certaine forme de laïcité ».

Marc Teyssier d’Orfeuil, Club des Partenariats publics-privés Méditerranée Afrique (France)

« Parler la même langue constitue par nature un accélérateur d’affaires »

« La francophonie économique est quelque chose de très important. Parler la même langue constitue par nature un accélérateur d’affaires. Il se trouve en plus, qu’entre l’Europe francophone et l’Afrique, nous travaillons aux mêmes heures, dans les mêmes fuseaux horaires, ce qui est un autre avantage indéniable. (…) Ce forum est essentiel, car c’est un lieu de rencontre qui permet de faire un point avec les investisseurs, les opérateurs, les jeunes entreprises. Il permet d’affirmer qu’il existe un élan, qu’il existe des gens qui croient en l’Afrique et qui le disent ».

Fatoumata Sidibé, député au parlement régional bruxellois pour la formation Fédéralistes démocrates francophones (Belgique)

« Oui à la Francophonie économique, mais pas sans les femmes »

« La Francophonie économique est une chose qui commence à émerger. L’importance de la langue n’existe pas seulement en tant que vecteur culturel, mais aussi en tant que vecteur économique. Il faut avancer là-dedans. Malheureusement, j’ai beaucoup entendu « priorité aux femmes » au sein de la Francophonie et, aujourd’hui, je n’ai vu aucune femme parmi les intervenants. Alors, je me dis qu’il y a vraiment un souci. Les femmes sont quand-même le moteur économique futur de l’Afrique. Alors oui à la Francophonie économique, mais pas sans les femmes ».

Freddy Zanga, président Chambre internationale pour le conseil et la promotion des entreprises (Cameroun)

« La Francophonie économique n’a de sens que si elle est encouragée »

« La Francophonie brasse énormément de monde. Ce sont des centaines de millions de personnes qui parlent la même langue. Quand on sait que dans le monde des affaires, il est nécessaire de bien se comprendre, forcément, c’est un atout que d’encourager les entreprises francophones entre elles. Mais dire seulement la Francophonie, la Francophonie… Ça n’ajoute pas de valeur. La Francophonie économique n’a de sens que si elle est encouragée par les responsables et les décideurs de l’espace francophone. Donc, ce type de forum est une belle initiative. C’est ce genre d’initiatives qui vont faciliter et susciter les partenariats. L’intérêt, c’est de dynamiser les relations en rapprochant l’offre et la demande, comme le font ce type d’évènements. Il n’y a qu’à voir le nombre de cartes de visite échangées ici pour s’en rendre compte ».

 

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