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Le Ghana envisage de faire du manioc une culture de rente

Le Ghana, 6e producteur de manioc au monde et 3e en Afrique, envisage désormais de promouvoir ce secteur à forte valeur ajouté. Cette vision des autorités de ce pays d’Afrique de l’Ouest a été dévoilée lors d’une conférence, tenue il y a quelques jours à Accra, au Ghana, et qui a pour thème « Manioc: un outil de transformation économique pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la pauvreté ».

Selon le ministre ghanéen de l’Agriculture, Fifi Fiavi Kwetey, cette nouvelle vision s’inscrit dans la politique du gouvernement visant à transformer l’économie à travers des investissements dans le secteur agricole. Il a par ailleurs expliqué que cette culture constitue un important potentiel pour l’industrialisation du pays. « La filière manioc a un important impact sur le vécu des populations en zone rurale et constitue un important potentiel pour l’industrialisation », a-t-il souligné. Le ministre de l’Agriculture a en outre indiqué que les Etats africains pourront s’inspirer de certains pays à l’instar du Nigeria, du Brésil et de la Thaïlande qui ont réussi à faire du manioc un produit à haute valeur ajoutée afin d’accroitre les revenus des producteurs. Pour sa part, Dr Ekwow Spio-Gabrah, ministre du Commerce et de l’Industrie, a tenu à rappeler qu’environ 45% de la production de manioc subit des pertes en période post-récolte. « Mais si nous mettons en place de bons mécanismes pour accompagner les producteurs, cette culture pourra, dans les années à venir, concurrencer la filière café en devenant un autre produit de rente pour le Ghana », a conclu le ministre du commerce et de l’industrie.

Le manioc est utilisé pour la production de l’éthanol, de la cossette, de la farine et dans la synthèse d’édulcorant, des produits utilisés par l’industrie pharmaceutique et importés par le Ghana. Présentement, le volume de la production annuelle se situe, en moyenne, un peu au-dessus de 8 millions de tonnes, mais ce chiffre devrait doubler avec la promotion de cette culture. Plus de 25.000 agriculteurs doivent bénéficier d’une assistance technique et financière de la part du gouvernement en vue de la culture et de la transformation du manioc en gomme industrielle de qualité, qui sera utilisée dans les industries du papier, du textile, des produits alimentaires, de l’extraction pétrolière et de la pétrochimie.


 

Par Blamé Ekoué