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L'editorial

L’Afrique en 2019: vœux très pieux

Les enjeux de la conservation du pouvoir à tout prix freinent les progrès politiques et économiques de l’Afrique
Par Adame Wade* 

Urbi et Orbi. La démocratie africaine poursuit son chemin escarpé balisé entre les exigences des sacro -saintes spécificités locales et le nécessaire respect de la volonté populaire. Mais, devrions-nous le dire à l’orée de la nouvelle année, si l’alternance démocratique n’est plus une exception, le respect de la constitution n’est pas encore du domaine de l’évidence.

En témoignent les indécises élections en RDC qui se sont finalement tenues sur le fil des derniers jours de 2018. Pas étonnant qu’au moment du passage de l’an, Kinshasa soit prise entre les clameurs discordantes des cris de victoire du pouvoir comme de l’opposition. Et, alors que la Commission électorale indépendante (CENI) et ses machines à voter n’avaient pas encore dévoilé le secret des urnes, nous voilà déjà aux célébrations du 1er janvier. L’agenda politique africain n’a donc pas respecté la trêve des confiseurs.

Une année politique

Bien au contraire. La nouvelle année n’en sera pas moins politique avec un discours du président Ali Bongo convalescent depuis Rabat, qui a calmé certains appétits à Libreville, sans lever toutes les incertitudes autour de la santé du président. Dans d’autres lieux du continent, des élections présidentielles aux allures de reconductions au Nigeria et au Sénégal et des test grandeur nature en Afrique du Sud devront confirmer ou infirmer l’opinion partagée selon laquelle ces trois pays sont des démocraties. .

Alors que Macky Sall et Muhammadu Buhari cherchent à rempiler, rien n’indique que Cyril Ramaphosa et l’ANC parviendront à faire oublier les scandales de corruption qui ont écorné l’image du parti anti-apartheid. Dans son ensemble, l’Afrique poursuit la longue route pour la consolidation d’une démocratie qui avance parfois à reculons. Sur le long terme, les progrès accomplis sont énormes depuis les premières percées des années 90. Attention seulement aux soubresauts de l’histoire.

En 2019, la Côte d’Ivoire sera, à une année des présidentielles, au centre d’une recomposition du champ politique qui verra Alassane Ouattara, Henri Konan Bedié et, probablement Laurent Gbagbo, ce dernier en instance de libération provisoire, engagés dans des courses aux alliances sous fond de la consolidation de l’héritage de Houpheit Boigny. L’heure du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, a-t-elle sonné ? Pour le moins, l’on peut le dire, la Côte d’Ivoire politique est revenue au milieu des années 90.

Une courbe du développement économique qui ne coïncide toujours pas avec la courbe de la politique…

L’année qui commence sera riche en actualité sur les manœuvres sibyllines de fin de règne en Mauritanie, les tensions politiques sous fond de soupçons de troisième mandat en Guinée , des législatives repoussées en mars 2019 en Guinée Bissau, sous l’oeil vigilant de la CEDEAO, la suite politique des émeutes de la faim au Soudan et une Algérie, mastodonte économique africaine où le président malade, va se représenter pour un cinquième mandat, qui tarde de faire sa mue.

Pourvue que le continent mère de l’humanité renoue enfin avec la courbe du développement économique qui ne coïncide toujours pas avec la courbe de la politique.

* Adama Wade est journaliste et directeur de publication de Financial Afrik www.financialafrik.com


 

Par Adame Wade*