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L’Adepta : « une offre complète d’équipements et de services pour les projets agroindustriels des investisseurs du monde entier »

François Burgaud, président de l’Adepta, association qui regroupe 240 entreprises et centres de recherches français dans les secteurs agricole et agroalimentaire, a participé aux Rencontre Africa 2018, à Paris les 24 et 25 septembre. Interview.

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed   

Qu’est-ce que l’Adepta ?  

L’Adepta est une association qui regroupe 240 entreprises françaises des secteurs agricole et agroalimentaire : équipementiers, fournisseurs d’intrants (engrais, semences, etc..) et fabricants de machines de transformation agroalimentaire, mais également des instituts de recherche, des centres techniques et des cabinets d’ingénierie.

Les entreprises de l’Adepta proposent une offre complète d’équipements et de services pour les projets agroindustriels des investisseurs du monde entier de l’amont à l’aval, de la fourche à la fourchette.  

Concrètement, quelle est votre présence, votre approche sur le marché de l’agriculture et de l’agrobusiness africain ? 

L’Adepta a historiquement une forte spécificité africaine. Lorsque les pouvoirs publics français s‘étaient retirés de l’Afrique sub-saharienne, c’est vers nous que se sont tournées les entreprises qui cherchaient des relais d’appui dans la région. Nous y avons donc augmenté la part de nos activités pour compenser ce retrait et, aujourd’hui, alors qu’investir en Afrique est de nouveau jugé porteur, il est très fréquent que l’on fasse appel à notre expertise.

Nous privilégions une approche au cas par cas, adaptée aux problématiques de développement de chaque pays. Nous accompagnons les porteurs de projets africains depuis l’identification de leurs besoins jusqu’à la proposition d’une offre d’équipements sur-mesure.

Nous allons à la rencontre de ces industriels en Afrique, à l’occasion de salons professionnels, mais également en France, sur des salons et conférences spécifiques au secteur agri-agro.

Pour favoriser les relations commerciales avec certains pays d’Afrique, nous nous sommes rapprochés de groupements professionnels en scellant des accords de partenariat.

En Côte d’Ivoire, nous sommes partenaire de l’IPRAVI, Interprofession Avicole Ivoirienne. Ainsi, en 2017, nous avons organisé un séminaire technique à destination des éleveurs ivoiriens. Des experts, vétérinaires et professionnels du secteur en France, ont présenté leur savoir-faire et répondu aux interrogations des éleveurs.

L’Adepta s’est engagée à accompagner les professionnels sénégalais dans la modernisation de leurs unités de production avicole et dans ce sens, nous avons également signé une convention de partenariat avec l’Interprofession Avicole du Sénégal, l’IPAS

En 2017, l’Adepta a signé un accord de coopération avec la SBEF, Sudanese Businessmen and Employers’ Federation. Cette signature qui s’inscrit dans une approche construite de ce marché au fort potentiel pour les filières de l’amont, est venu renforcer les liens entre les secteurs privés de la France et du Soudan.

L’Adepta a signé un accord comparable avec NABG, NIGERIA AGRI BUSINESS GROUP, association des entreprises agro-alimentaires nigériane, dont Sani Dangote est le Président.

Ces accords créent des conditions favorables pour la mise en relation des entreprises françaises et africaines et des relations commerciales pérennes.       

Participez-vous aux Rencontres Africa pour promouvoir cette approche ? 

Pour la deuxième fois, l’Adepta participe à ces Rencontres Africa à Paris, qui marquent un temps fort de la coopération entre la France et l’Afrique dans le secteur Agri-Agro.

Tous les pays d’Afrique sub-saharienne sont aujourd’hui confrontés à la nécessité de renforcer leur processus de transformation agroalimentaire local. Ils ne peuvent plus se permettre d’être des exportateurs de matières premières et des importateurs de produits alimentaires. De nombreux Etats africains cherchent donc à encourager leur secteur agroalimentaire, une demande à laquelle l’Adepta entend répondre avec pragmatisme.   

Le secteur de l’agriculture et de l’agrobusiness en Afrique offre, c’est désormais commun de le dire, de nombreuses opportunités. Ceci dit, pourquoi ne sont-elles pas exploitées ? A qui la faute, les politiques publiques, les acteurs privés, … un peu tout le monde ?  

Il est vrai que ces secteurs offrent de nombreuses opportunités en Afrique et nous sommes conscients des capacités de croissance des pays de ce continent comme de la diversité de leur situation et de leur volonté de développer une industrie agro-alimentaire compétitive. L’agriculture et la sécurité alimentaire sont annoncées comme des priorités. Mais cette intention doit se retrouver dans des Etats ou des bailleurs de fonds impliqués. La réussite du secteur privé est liée en effet, à des politiques publiques efficaces.

L’agriculture et l’agro-alimentaire représentent certes un quart du PIB de ces pays, et plus encore en termes d’emplois, mais ce sont des domaines qui souffrent de la faiblesse des investissements et des efforts de la communauté internationale. Les Etats et les bailleurs doivent donc travailler sur deux fronts : celui des instruments financiers qui accompagneront les entreprises africaines ; et celui des politiques publiques comme les politiques sanitaires ou les politiques contractuelles ou de formation si importantes dans ce secteur.   

Qu’est-ce que les entreprises françaises peuvent apporter, en vue de la valorisation du secteur ? 

Les entreprises de l’Adepta proposent des solutions adaptées aux économies africaines, et sont expertes des problématiques spécifiques au secteur agri-agro en Afrique. Leurs solutions ne sont pas adaptées qu’aux grosses entreprises mais aussi à tout ce tissu de transformation locale composé de nombreuses exploitations ou entreprises petites et moyennes.

L’Adepta sera présente au cours des deux journées Rencontres Africa 2018, aux côtés d’entreprises spécialisées dans le traitement de l’eau, le froid industriel, l’alimentation animale, et le design de marque.  


Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed