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Kigali Les visas au cœur de la question de l’intégration africaine

Réunis dans la capitale rwandaise les 5 et 6 décembre pour la Conférence économique africaine 2018, organisée par la Banque Africaine de Développement, les participants ont planté sur la question de l’intégration africaine… et lancé un appel. 

« Aujourd’hui, nous sommes ici pour discuter de l’intégration africaine, afin de lever les barrières tarifaires et non tarifaires qui ont marginalisé et appauvri de nombreuses économies et nous ont empêché de capitaliser sur notre base de ressources en capital physique et humain ». Ces mots d’Akinwumi Adesina, président de la BAD, résume l’idée de la Conférence économique africaine, qui s’est achevée à Kigali le 5 décembre, est dont le thème était précisément. Lequel s’inscrit dans un des axes prioritaires de la BAD : placer le développement des infrastructures au centre des efforts d’intégration régionale de l’Afrique.

« Le gouvernement rwandais passe de la parole aux actes et continue de donner le ton »

Alors que les échanges ont permis de passer en revue les obstacles qui freinent l’intégration du continentale, la question des visas a très vite été placée au cœur du sujet. « Pour de milliers d’Africains, la libre circulation d’un pays à l’autre ressemble trop souvent à un cauchemar. Qu’il s’agisse de tracasseries aux frontières, de l’absence de réseaux routiers et de voies aériennes reliant des villes importantes, ou encore de la frustration née d’un refus d’entrée dans un pays pour cause de visa, il en résulte au final une restriction à la libre circulation des personnes, considérée par la Banque africaine de développement comme l’un des piliers de l’intégration régionale », explique l’Institution dans un communiqué.

Le Rwanda, pays hôte de la Conférence, a pris le premier des mesures audacieuses pour défendre l’intégration régionale, en annonçant au début de cette année la délivrance de visas d’entrée à l’arrivée sur son territoire pour les voyageurs en provenance de tous les pays d’Afrique. Un pays qui joue également un rôle moteur sur la question de l’intégration régionale. « Le gouvernement rwandais passe de la parole aux actes et continue de donner le ton », a souligné Ahunna Eziakonwa, administratrice adjointe du PNUD et directrice du Bureau régional pour l’Afrique.

« Les chercheurs doivent jouer leur rôle et guider les secteurs public et privé du continent dans la conception des programmes »

La conférence aura également été l’occasion d’un appel, lancé par Jean-Guy Afrika, expert principal en commerce à la Banque africaine de développement, à l’adresse des chercheurs du continent afin qu’ils fournissent des études factuelles de qualité susceptibles d’aider les décideurs et les citoyens à tirer le meilleur parti possible de l’intégration régionale et de la Zone de libre-échange continentale africaine. « Les chercheurs doivent donc jouer leur rôle et guider les secteurs public et privé du continent dans la conception de programmes commerciaux, sanitaires et sociaux plus efficaces et plus rentables, susceptibles de propulser les chances des pays d’atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). »

Certaines des économies dont la croissance est la plus rapide au monde se trouvent en Afrique, un continent riche en langues, en cultures et en ressources naturelles sans précédent. Cependant, le continent fait face à une énorme pénurie de données qui empêche les décideurs des pays à revenu faible et intermédiaire de répondre aux besoins réels de leurs populations et de tracer la voie de l’intégration, ont indiqué des experts. Toutefois, ce défi offre aux chercheurs, aux universitaires et aux innovateurs l’occasion de produire des preuves solides, personnalisées et contextualisées afin de répondre aux besoins et à la situation de l’Afrique.

 Promouvoir « les initiatives novatrices »

La Conférence économique africaine, qui se déroule chaque année, est le principal forum du continent favorisant le dialogue et l’échange de connaissances, dans la recherche de solutions face au défi du développement de l’Afrique. Elle réunit des universitaires de haut niveau, de hauts représentants gouvernementaux et des praticiens du développement venus du monde entier. Elle a vocation à mettre en avant « les initiatives novatrices favorisant l’accélération des progrès dans l’intégration d’infrastructures inclusives et encourageant l’équité, notamment à travers la suppression des obstacles à la circulation des personnes, des biens et des services à travers les frontières. »


 

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