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Investissements publics et privés : La BAD prête 112,5 M$ au Maroc

La BAD a décidé de prêter 112,5 millions de dollars supplémentaires au Maroc pour soutenir les réformes nécessaires au « déblocage du potentiel de croissance » du pays qui n’est pas à la hauteur de son niveau d’investissements parmi les plus élevés du monde.

Suite à son diagnostic de la croissance économique marocaine, publié le 23 mars 2015, la Banque africaine de développement (BAD) a accordé un nouveau prêt, mercredi 8 juillet, de 112,5 millions de dollar au Maroc dans le cadre de son Programme d’appui à la compétitivité de l’économie marocaine (PACEM), dont la mise en œuvre sera coordonnée par le ministère de l’Economie et des Finances

Il y a 3 mois, la banque avait souligné, dans le rapport intitulé « Diagnostic de croissance du Maroc – Analyse des contraintes à une croissance large et inclusive », l’un des paradoxes du modèle économique marocain. Le premier « tient au fait que bien que le Maroc affiche des taux d’investissement parmi les plus élevés au monde (31,7 % du PIB en 2012), le taux de croissance reste inférieur à celui attendu et soutenu par les consommations privée et publique. Ce paradoxe s’explique par le fait que la productivité du travail n’a augmenté qu’à un rythme relativement faible et que les investissements ont été réalisés essentiellement dans des secteurs peu créateurs de valeur ajoutée », révélait ce diagnostic.

Le Maroc connaît ainsi un fort taux d’investissement public de 19,3%, tandis que dans le secteur privé, ce pays d’Afrique du Nord manque d’entreprises de taille moyenne. « L’afflux d’investissements directs étrangers demeure faible par rapport à ceux dont bénéficient les pays comparables », même si le Maroc est devenu, en 10 ans, l’une des premières destinations de la région MENA pour les investisseurs étrangers, indique le rapport de la BAD 

Forte de ce constat, la BAD a formulé le PACEM -dont les détails n’ont pas encore été rendu publics- pour renforcer l’investissement privé et augmenter l’efficacité de l’investissement public ; « et ce, à travers une meilleure gouvernance des entreprises et établissement publics; la mise en œuvre des budgets sectoriels basés sur des programmes assortis d’objectifs ; et l’amélioration de la gestion de la commande publique », indique la banque, dans son communiqué.

Le soutien de la BAD passera « notamment par le cadre des Partenariats Publics Privés (PPP) mais également l’amélioration de la gestion des Entreprises et Etablissements Publics (EEP), principaux pourvoyeurs des investissements publics », ajoute Achraf Tarsim, économiste à la BAD. Le Maroc voudrait multiplier les PPP lors des grands chantiers publics pour soulager son endettement. En décembre 2014, la loi 86-12 relative aux contrats de partenariats public-privés a donc été adoptée, puis son décret d’application signé en mai 2015.

Le gouvernement a annoncé, également, dans son projet de loi de Finances 2015, son intention de réformer la gouvernance des EEP. Dans ce contexte, la BAD prévoit de soutenir la mise en application du code des bonnes pratiques de gouvernance des entreprises et établissements publics adopté fin 2011.

A ce jour, les engagements cumulés de la BAD au Maroc s’élèvent à près de 2,31 milliards de dollars pour 31 opérations en cours d’exécution


 

Par Julie Chaudier

 

 

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