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Interview Dr Fareed Arthur « Une opportunité énorme d’accéder aux marchés pour les biens et services made in Ghana »

Alors que le Ghana est l’un des premiers pays du continent à avoir adopté une stratégie d’adaptation locale de la ZLECAf, le Dr Fareed Arthur, Chef de l’unité de coordination de La ZLECAf, au Ministère du commerce et de l’industrie du Ghana, nous en livre les principaux objectifs. 

Quelles opportunités la ZLECAf offre-t-il au Ghana ? S’agit-il d’encourager davantage la production « made in Ghana » ? 

La ZLECAf vise à créer un marché africain commun qui rassemble environ 1,2 milliard de consommateurs. Il s’agit d’une opportunité énorme pour le Ghana d’accéder aux marchés pour les biens et services made in Ghana. Il offre également aux industries ghanéennes la possibilité de tirer profit des économies d’échelle et d’accroître leur production.  La participation à la ZLECAf permettra d’accroitre la création d’emplois pour les jeunes et offrira d’énormes incitations à l’industrialisation et à la diversification économique. Dans la plupart des pays africains, les femmes jouent un rôle très important dans le développement économique et les opportunités offertes par l’accès à un marché continental unifié apporteront des avantages significatifs aux femmes d’affaires ghanéennes.

 La ZLECAf est entrée en vigueur en janvier dernier. Le Ghana est l’un des pays qui ont annoncé qu’ils mettaient en place un « plan directeur » pour soutenir les entreprises locales dans le nouveau contexte de la ZLECAf. Pourquoi ? 

La ZLECAf s’inscrit dans le droit fil du plan de développement du gouvernement, baptisé « Ghana Beyond Aid », qu’il met en œuvre depuis 2016. Il s’agit notamment de programmes comme l’initiative One District One Factory (1D1F) qui vise à soutenir l’agro-transformation, l’industrialisation et la diversification de l’économie. Parmi les autres initiatives figure la mise en place de parcs industriels à travers le pays, ou le programme Strategic Anchor Industries qui vise à identifier et promouvoir les industries clés ayant une importance stratégique pour conduire la transformation industrielle. La création d’un environnement permettant aux entreprises locales de tirer pleinement profit de la ZLECAf est donc une extension logique du programme de développement national. 

Le défi consiste également à attirer les investisseurs. La ZLECAf est-il l’occasion de repenser les partenariats du Ghana et de s’adresser à de nouveaux types d’investisseurs, notamment en provenance d’Afrique ? 

Bien sûr, la ZLECAf offre des possibilités de synergies transfrontalières et intra continentales dans plusieurs domaines. Dans le secteur de l’énergie, des produits pharmaceutiques, de la finance et dans la libre circulation des compétences entre les États membres. Le Ghana entend tirer profit de ces possibilités pour créer une économie dynamique et encourager les entreprises ghanéennes à établir des partenariats afin d’attirer des investissements, notamment en provenance d’Afrique. 

“La concurrence n’est pas forcément une mauvaise chose. À court terme, il peut y avoir quelques difficultés, mais à long terme, lorsque les règles du jeu seront équitables, la concurrence permettra aux consommateurs africains d’obtenir des biens et des services de bonne qualité et d’un bon rapport qualité-prix”

Quel est Le rôle du secteur privé ghanéen dans cette stratégie ? Au-delà des investissements, voyez-vous dans la ZLECAf des opportunités pour soutenir le secteur privé ghanéen ?

Le secteur privé est le principal bénéficiaire de la participation du Ghana à la ZLECAf et il existe plusieurs programmes gouvernementaux destinés au secteur privé. En outre, le Ghana met en œuvre un programme bien pensé de sensibilisation et de conscientisation. Les organismes concernés par le commerce, telles que l’Autorité ghanéenne de promotion des exportations, l’Autorité ghanéenne de normalisation, la Chambre nationale de commerce et d’industrie du Ghana, le Conseil national de la petite industrie, sont toutes activement engagées pour garantir un soutien efficace du secteur privé sous diverses formes, notamment la formation professionnelle et la modernisation des équipements. L’objectif est de rendre les entreprises ghanéennes plus compétitives et d’attirer les investissements. 

Certains observateurs craignent que la ZLECAf ne fasse que renforcer la concurrence entre les États africains. Comment cela peut-il être évité et comment la ZLECAf peut-elle au contraire créer plus de synergies économiques entre les pays africains ?

La concurrence n’est pas forcément une mauvaise chose. À court terme, il peut y avoir quelques difficultés, mais à long terme, lorsque les règles du jeu seront équitables, la concurrence permettra aux consommateurs africains d’obtenir des biens et des services de bonne qualité et d’un bon rapport qualité-prix. Pour prévenir la concurrence déloyale, la ZLECAf négocie actuellement une série de protocoles, notamment sur la politique de concurrence, les droits de propriété intellectuelle et l’investissement. Le protocole sur la politique de concurrence vise à réglementer la concurrence et à protéger les intérêts des pays participants. 

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