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Infrastructures Une rencontre de haut niveau à Abidjan

La Deuxième table ronde régionale sur la gouvernance et les outils dans le domaine des infrastructures a réuni les 21 et 22 juin à Abidjan responsables publics et privés. Organisée conjointement par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), la rencontre vise à stimuler les investissements dans les infrastructures en comblant les lacunes en matière de gouvernance.

Par Bilqiss Menouter

Comment faire converger l’action des secteurs public et privé en faveur du développement ? Et comment renforcer le rôle de catalyseur des banques multilatérales ? Ces questions se trouvaient au coeur de la deuxième table ronde mondiale sur la gouvernance et les outils de l’infrastructure qui se tenait les 21 et 22 juin à Grand-Bassam, En Côte d’Ivoire. Pendant deux jours, des représentants du gouvernement, des banques multilatérales de développement, du secteur privé et de la société civile ont planché sur la  problématique : «Construire la bonne infrastructure pour demain». En p   artant d’une donnée aujourd’hui incontestée : l’obstacle majeur à de solides investissements dans l’infrastructure, est lié au mauvais financement et à sa mauvaise gouvernance.

Une rencontre qui vise à stimuler les investissements dans les infrastructures en comblant les lacunes en matière de gouvernance et en présentant des outils pour une meilleure évaluation des projets, la transparence, l’analyse fiscale et le renforcement des capacités.

« Il est peu probable que le financement provenant des institutions de développement et des bailleurs de fonds suffise à combler le manque d’infrastructures »

« Jusqu’à présent, c’est le secteur public qui a fourni la majeure partie des investissements dans les infrastructures, compte tenu de leur nature intrinsèque de bien public. Pourtant, les ressources sont mises à rude épreuve dans le monde entier, à mesure que les budgets s’amenuisent. Dans le même temps, les gouvernements se sont également engagés à atteindre les Objectifs de développement durable, qui sont liés de manière très importante aux infrastructures, explique Pascale Dubois, Vice-présidente de l’Intégrité au sein du Groupe de la Banque mondiale. Nous devons voir la réalité en face : il est peu probable que le financement provenant des institutions de développement et des bailleurs de fonds suffise à combler le manque d’infrastructures. Nous voulons nous assurer que les projets sont commercialement viables et attrayants pour le secteur privé, qu’ils sont viables sur le plan financier, qu’ils représentent un bon rapport qualité-prix, qu’ils peuvent être mis en œuvre et qu’ils sont achetés et entretenus avec intégrité. »

« Le défi pour les pays africains est d’aborder la gouvernance de l’infrastructure de manière globale : depuis la planification et la priorisation jusqu’à l’approvisionnement, en passant par la maintenance et l’exploitation « .

 » Le défi pour les pays africains, a pour sa part indiqué le directeur du département des Infrastructures et du développement urbain de la Banque africaine de développement, Amadou Oumarou, est d’aborder la gouvernance de l’infrastructure de manière globale : depuis la planification et la priorisation jusqu’à l’approvisionnement, en passant par la maintenance et l’exploitation afin de récolter les bénéfices à long terme de leurs investissements ».

Au programme, une session politique de haut niveau diffusée sur le Web, et plusieurs sessions consacrées à des outils concrets pour construire à l’avenir des infrastructures adaptées sur le continent africain. Et parmi les intervenants, Hassoumi Massoudou, ministre des Finances du Niger; Gontran Djono Ahaba, ministre du Développement de l’énergie et des ressources hydrauliques de la République centrafricaine; Thomas Barrett, président du Forum sur les infrastructures de l’Organisation de coopération et de développement économiques ; Adama Kone, ministre des Finances de Côte d’Ivoire ; Sydney Domoraud, Directeur général, EMIRE Partners; etc.

Les Tables rondes régionales sur la gouvernance des infrastructures répondent à l’appel du Programme d’action d’Addis-Abeba 2015, des Objectifs de développement durable et de l’Accord de Paris (COP21 2015). Elles ont été créés par le Groupe de la Banque mondiale en collaboration avec la Banque asiatique de développement, la Banque africaine de développement, la Facilité africaine de soutien juridique, la Banque de développement d’Afrique australe, le Global Infrastructure Hub, la Konrad Adenauer-Stiftung Foundation, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, l’Organisation de coopération et de développement économiques et le Public-Private Infrastructure Advisory Facility.

La première table ronde s’est tenue au Cap en novembre 2017, d’autres sont annoncées, en Afrique francophone toujours, au cours des prochains mois.


 

Par Bilqiss Menouter

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