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Le dossier du mois

Infrastructures Les chantiers de l’émergence

Un nouvel aéroport, des routes toutes neuves, des modes de transport modernes et écolo… Le Sénégal met le paquet sur les infrastructures. Pour fluidifier la circulation et la mobilité, renforcer la compétitivité du pays par la même occasion.

 

Par Bilkiss Mentari

 

La circulation, encombrée, étouffante, laborieuse, c’est sans aucun doute l’un des principaux maux dont souffre la capitale sénégalaise. Laquelle concentre près de 30 % de la population. Et les autorités, sous le leadership de Macky Sall, sont bien décidées à combattre le mal. Ainsi, après le lancement en janvier dernier du chantier du Train Express Régional (TER), vitrine de l’Emergence, _qui doit relier 14 gares, de Dakar au nouvel aéroport International Blaise Diagne (AIBD) de Diass en passant par la nouvelle ville de Diamniadio, en 45 minutes, et avec une capacité de 115.000 voyageurs par jour_ ; le chef de l’Etat lancait, en grande pompe, fin octobre, les travaux du projet de transport terrestres Bus Rapid Transit.

 

Dakar, pionnière en matière de transport public dans la région

 

D’un coût de 296 milliards de francs CFA dont 52 milliards financés par la Banque européenne d’investissement, ce nouveau mode de transport doit relier Dakar et sa banlieue (Guediawaye) en 45 minutes, au lieu des 90 minutes actuelles. Mieux, équipés de panneaux solaires et roulant au diesel, avec en prime climatisation et wifi à bord, ces bus s’affichent comme écologiques. De quoi positionner la ville comme pionnière en matière de transport public dans la région.

Deux ouvrages qui témoignent de l’orientation prise par le Sénégal en matière d’infrastructures. Inscrites dans le Plan Sénégal Emergent, avec un volet transport, ils visent, au-delà de doter le pays d’outils de communication modernes, à fluidifier la circulation et la mobilité, renforcer la compétitivité du pays.

 

Objectif : faire de l’aéroport de Dakar un hub régional avec 3 millions de passagers par an

 

A ce titre, les chantiers se multiplient. Depuis l’inauguration du nouvel aéroport International Blaise Diagne (AIBD) ; le Centre international de conférences de Dakar (CICD) ; la Cité de l’émergence, dans la ville nouvelle de Diamniadio ; la gare des gros porteurs ; l’ouverture d’une autoroute à péage, la première sur le continent après l’Afrique du Sud, dont le deuxième tronçon a été ouvert à la circulation fin 2016 avec une fréquentation supérieure de 40 % aux prévisions ; la rénovation de la gare de Dakar, etc.

Du côté des infrastructures portuaires et aéroportuaires également il y a du nouveau. A commencer par la relance de la compagnie nationale qui vise à faire de l’aéroport de Dakar un hub régional avec 3 millions de passagers par an. Leader sur la liaison Paris-Dakar, Air Sénégal, qui dessert également Marseille et Barcelone en interconnexion, en attendant les Etats-Unis (New York, Washington), le Royaume-Uni (Londres) et la Suisse (Genève) à l’horizon 2020, couvre d’ores et déjà l’espace régional avec des lignes Bamako, Abidjan, Ouagadougou, Niamey, Accra… jusqu’à Casablanca et allant s’attaquer au monopole de la Royal Air Maroc. Avec l’acquisition de 8 appareils A220-300 la compagnie se donne les moyens de ses ambitions.

 

Attirer les investisseurs dans le secteur des infrastructures

 

Si l’opposition fustige le coût de ses ouvrages, le gouvernement en place assure qu’il est désormais en mesure d’attirer les investisseurs, à la foi publics et privés nécessaires au financement de ses infrastructures.  Ainsi que l’expliquait le ministre délégué en charge du Développement du réseau ferroviaire, Abdou Ndéné Sall, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la conférence sur les infrastructures. «Aujourd’hui, il est prouvé que c’est par la confiance que l’on peut attirer les investisseurs publics et privés. C’est pourquoi, au Sénégal, nous avons un cadre de gouvernance fiable et une stratégie locale crédible avec le Plan Sénégal Emergent (PSE), le FONGIP, le FONSIS avec un plan d’exploitation solide permettant de mobiliser les investisseurs publics et privés pour résoudre les problèmes de ce pays et réduire le gap infrastructurel».

En effet, le cadre institutionnel a été amélioré en vue de s’assurer non seulement de l’exécution mais également de l’entretien de ses infrastructures avec notamment la mise en place et l’opérationnalisation du Fonds d’entretien routier autonome et la mutation de l’Agence autonome du transport routier en Agence des travaux et de gestion des routes, la création de la Société de gestion des infrastructures publiques dans les pôles urbains de Diamniadio et du Lac Rose (Sogip), etc.

 

Alors que le pays vise désormais une croissance à deux chiffres, le Sénégal mise plus que jamais sur le développement des infrastructures dont le déficit, où la défaillance, freine la marche vers l’émergence.