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Infrastructures de transport : Le Togo se tourne vers l’Asie

Le Togo a souffert des sanctions économiques au début des années 1990 pour déficit démocratique. Ceci a eu un impact négatif sur les réseaux de transport routier et aérien du pays. Ainsi, les belles routes qui autrefois faisaient la fierté des Togolais sont devenues vétustes à cause du manque de financements. Pour remédier à cela, le Togo s’est résolument tourné, depuis quelques années, vers ses partenaires asiatiques.

La Chine : maître d’ouvrage des chantiers des infrastructures de transport au Togo

La Chine, premier partenaire asiatique du Togo depuis 42 ans, reste le porte flambeau de cette nouvelle vision de partenariat sud-sud. Hormis ces investissements dans d’autres secteurs porteurs de l’économie togolaise notamment la santé, l’éducation, et les industries, la Chine s’avère aujourd’hui être le maître d’ouvrage des chantiers de construction des infrastructures de transport au Togo. En septembre 2009, elle a contribué, grâce à un financement record de 165 millions de dollars alloué par China Exim Bank, à la reconstruction des infrastructures routières du Togo à la suite des inondations. « Le financement de 165 millions de dollars (environ 80 milliards de FCFA) a permis de rénover, en partie, le réseau routier togolais avec quatre ouvrages majeurs à Lomé, Alédjo, Défalé et Tanjouaré. Les travaux ont été assurés par la « China Road & Bridge Corporation » qui a aussi réalisé les ponts de Togblékopé, lilikopé et Amakpapé », a confié le ministre des Finances et de l’économie du Togo, Adji Othèth Ayassor. Certains axes routiers sont toujours en cours de construction dans les grandes villes du pays dont le contournement de la ville de Lomé. La livraison de ces ouvrages est prévue pour 2015.

En outre, la Chine a contribué à la modernisation de l’aéroport international Gnassingbé Eyadema de Lomé. Les travaux ont été confiés à deux sociétés chinoises, WIETEC et CAAC, qui ont déjà réalisé la conception et la construction des installations aéroportuaires en Chine et en Afrique notamment aux Iles Maurice, aux Comores, en Angola et au Congo Brazzaville. Les Togolais attendent avec impatience la livraison de la nouvelle aérogare de Lomé, car il devrait entraîner une hausse significative du trafic passagers et fret. Coût total du projet : 150 millions de dollars sur financement de China Exim Bank.

On note également plusieurs réalisations dont la construction d’un stade de grande capacité, de 2 centres hospitaliers, de 2 écoles et d’un centre pilote des techniques agricoles. La Chine ne voulant pas en rester là avec le Togo, a lancé un nouveau projet de construction de centre de documentation et d’informatique. Pour Liu Yuxi, Ambassadeur de la Chine au Togo, tous ces ouvrages sont le fruit d’une amitié aussi profondément enracinée et d’un respect mutuel. « Avec une amitié aussi profondément enracinée et le respect mutuel, la coopération amicale sino-togolaise a débouché sur de grandes réalisations. Le projet d’extension de l’Aéroport de Lomé avance très vite, et la nouvelle aérogare va être livrée très bientôt. Le nouveau complexe pédagogique moderne du Lycée Tokoin va aussi accueillir des élèves togolais plein de dynamisme ».

 

Les autorités togolaises à la conquête du pays du soleil levant

Hormis la Chine, le Togo s’est également rapproché d’autres partenaires asiatiques à l’instar du Japon pour financer ses infrastructures de transport. En effet, les autorités togolaises ont signé, le 3 juillet 2015, un accord d’aide de construction de deux ponts (Kara et Koumongou) pour un montant total estimé à plus de 16 milliards de FCFA. Ce énième accord place le pays du Soleil Levant en 2ème position des partenaires asiatiques intervenant au Togo dans le secteur des transports. « Ce projet d’une valeur de 3 milliards 125 millions de yens soit environ 16 milliards de FCFA représente un montant record d’aide financière non remboursable qui s’inscrit dans le ‘’Concept d’Anneau de Croissance Ouest-Africain’’ décidé lors de la dernière TICAD V, en 2013 », a laissé entendre le nouvel Ambassadeur du Japon au Togo, Hiroshi Kawamura. La TICAD est une initiative lancée en 1993 par le gouvernement japonais pour promouvoir un dialogue politique de haut niveau entre les dirigeants africains et leurs partenaires dans le domaine du développement. Ces édifices seront construits par une société japonaise. A l’instar de la Chine, le gouvernement nippon intervient aussi dans d’autres secteurs en faveur du développement au Togo. Il y a quelques mois, l’ambassadeur du Japon à Lomé a signé une convention de 5,6 milliards de FCFA destinée à financer le secteur de l’éducation, de la santé et de l’agriculture.


Par Emmanuel Atcha

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