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Hommage Manu Dibango « Bâtisseur de ponts entre l’Occident et l’Afrique »

L’inventeur du Makossa qui aura inspiré les plus grandes stars internationales et fait vibrer plusieurs générations de mélomanes s’est éteint le 24 mars des suites du coronavirus. Retour sur l’itinéraire d’un enfant du continent qui aura, tout au long de sa vie, fait résonner l’Afrique à travers le monde.

 

Par DBM

 

Un sourire généreux à l’image de sa musique. « Papa groove » a succombé au Coronavirus mais laisse à l’humanité un héritage exceptionnel. « Bâtisseur de ponts entre l’Occident et l’Afrique » comme il aimait à se décrire, il aura incontestablement réuni les deux continents, et au-delà, au rythme de sa musique qui aura inspiré les plus grandes stars internationales et fait vibrer plusieurs générations de mélomanes.

 

Dans le Paris d’après-guerre, il découvre le jazz et le saxophone

 

Une histoire qui commence en 1933, à Douala, au Cameroun. Aux côtés de sa mère, chef de chœur dans un temple protestant, il apprend à vocaliser sur Bach et Haendel tandis que son oncle l’initie à la guitare. Adolescent dans le Paris d’après-guerre, où il est envoyé par ses parents pour y poursuivre des études, qu’il délaissera très vite pour découvrir la mandoline et le piano, découvrant, dans les cabarets fréquentés par la diaspora afro-caribéenne, le jazz. Rencontrant des figures de la musique africaine, dont Francis Bebey qui le formera à ce qui deviendra son instrument, le saxophone, et Joseph Kabaselé, alias « Grand Kallé », le père de la rumba congolaise, créateur du Tcha-tcha, lui offrira l’opportunité de faire ses premières armes en tant que saxophoniste dans son orchestre African Jazz.

Après un passage à Léopoldville, au Congo, où il ouvre son propre club de musique, le Tam-Tam, il se fait remarquer avec son premier titre, « Premier twist à Léo », il revient à Paris et accompagne les grandes starts de l’époque  (Dick Rivers, Nino Ferrer, Mike Brant…). A la fin des années 1960, il est le premier à faire jouer des artistes africains pour une émission de télévision française, Pulsations, dont il signe le générique en live avec son big band.

 

Le « Soul Makossa », pillé ou repris depuis cinquante ans

 

Et c’est avec le « Soul Makossa », un hymne à la danse et au mélange sorti à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations de 1972, que sa musique et sa renommée dépasse les frontières. Alors que son Makossa est pillé ou repris par les plus grandes stars, dont Mickael Jackson, il multiplie les collaborations ( Youssou N’Dour, Angélique Kidjo, Peter Gabriel, Sting, Serge Gainsbourg, Herbie Hancock ou Fela Kuti…), mélange les styles et devient une icône de la World Music.

 

Citoyen du monde et panafricaniste assumé

 

Citoyen du monde et panafricaniste assumé, « Papa Groove » mettra sa notoriété au service des plus grandes causes, des indépendances, à la lutte contre l’apartheid, le racisme et l’injustice plus largement. Jusqu’à ses derniers jours, il célèbrera l’humanité à travers sa musique. Il lui lègue un héritage exceptionnel qui ne manquera d’inspirer encore des générations de mélomanes…