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Guinée : « Le Made in Guinea renaît de ses cendres » 

Dans l’artisanat, les producteurs agricoles ou encore les prestations de services, les produits Made in Guinée sont compétitifs. Reste à les valoriser. Une mission qui incombe à Label Guinée. Véritable vitrine du savoir-faire local, elle tenait son salon annuel à Conakry du 31 octobre au 06 novembre. Un franc-succès. 

Par Abdoul Wahab Barry à Conakry 

Plus de 7500 visiteurs réunis à Bluezone de Kaloum autour des 70 exposants venus au salon Label Guinée, c’est un franc succès pour Comité 21 Guinée et Agilités, les ONG organisatrices.  ‘’Le made in Guinée est en train de renaître de ses cendres’’ s’est réjoui Mohamed Banks Bangoura, commissaire général de Label Guinée, par ailleurs DG de l’Agence de conseil et de développement durable Agilités. En comparaison à la dernière édition, plus de 2000 personnes de plus se sont déplacées. « Au regard du nombre de visiteurs, de la mobilisation des autorités, des retours des exposants, on peut dire que c’est un succès. Les consommateurs guinéens sont de plus en plus attachés aux produits made in Guinée. La qualité s’améliore, même si nous ne sommes pas encore compétitifs, nous sommes sur ce chemin”

Pour mobiliser davantage, il n’hésite pas à encourager le consommateur à sortir son porte monnaie, par signe de patriotisme économique. « Le seul moyen que nous avons d’accompagner ces exposants, ces entrepreneurs, c’est d’acheter leurs produits locaux. Donc achetez, achetez pour qu’ils puissent y avoir une troisième édition l’année prochaine dans un espace beaucoup plus grand, avec plus de participants. Nous avons une semaine pour faire rayonner le made in Guinée. Nous avons une semaine pour mettre la Guinée là où nous voulons tous qu’elle soit, c’est-à-dire le plus haut possible », a-t-il lancé.

“Notre premier objectif est de promouvoir la vannerie locale en Afrique mais aussi de viser l’international parce que c’est un secteur porteur” 

Du côté des exposants, le bilan est plus que satisfaisant. Fatoumata Binta Barry, fondatrice de Wely store, a mis cette occasion à profit pour défendre sa vannerie devant les consommateurs. « Notre présence ici est une grande opportunité. Le Label Guinée permet d’ augmenter la visibilité, on peut se faire connaître, élargir notre portefeuille côté client ou côté partenaires. Notre premier objectif est de promouvoir la vannerie locale en Afrique mais aussi de viser l’international parce que c’est un secteur porteur. Les gens commencent à s’y intéresser et à mettre ces paniers dans leurs maisons ».

 A ses côtés, d’autres acteurs de l’artisanat mais aussi des producteurs agricoles de fonio, d’huile de palme, de banane, d’ananas, de mangues séchées ou de gingembre… ou encore les prestations de services. Label Guinée veut se placer au carrefour de chaînes de valeurs productives pour relever les défis de la sécurité alimentaire. 

En visitant les stands, la cheffe de la délégation de l’Union européenne en Guinée, la Lituanienne Jolita Pons, s’est dit “impressionnée” par la qualité des produits. «Nous avons vu les filières comme l’ananas, les chaussures en cuir, nous avons vu de magnifiques tissus, les pagnes. Je découvre la créativité de l’artisanat guinéen et je suis vraiment très impressionnée. Et très contente d’avoir soutenu les créations d’emplois pour le made in Guinée », explique l’ambassadrice récemment nommée.

En effet, la promotion de la production guinéenne est une priorité de l’État, à travers la loi sur le contenu local pour sécuriser la marque “Made in Guinée”. Les nombreuses ressources des sous-sols du pays ne profitent pas assez aux populations dont le niveau de vie reste encore très bas. Pour inverser la tendance, le gouvernement mise ainsi sur cette valorisation. Les différents départements tendent d’actionner différents leviers.  

“Tant que les coûts de production sont élevés, que l’accès à l’emballage reste aussi difficile, que l’électricité est aussi chère, il va être difficile d’obtenir des produits compétitifs au niveau du prix”.

Le ministre de l’Agriculture et de l’élevage Mamoudou Nagnalen Barry défend l’accompagnement des producteurs pour une baisse des prix. « Tant que les coûts de production sont élevés, que l’accès à l’emballage reste aussi difficile, que l’électricité est aussi chère, il va être difficile d’obtenir des produits compétitifs au niveau du prix. Généralement les produits guinéens sont compétitifs en qualité, mais c’est à nous, État, de nous battre pour que la production locale soit davantage accessible. Donc cet événement est très important, nous encourageons une troisième édition, que nous accompagnerons de façon plus forte  ». 

Du côté du département du Commerce, de l’industrie et des PME, on veut sécuriser la marque Made in Guinée. “Nous avons à notre niveau un service de propriété intellectuelle, de propriété industrielle. Cela est un moyen que nous mettons à la disposition de nos entreprises pour sécuriser leur marque. A côté de cela, nous avons aussi la Direction nationale chargée des PME et du contenu local », détaille Sanfan Mohammar Cissé, au cabinet de la ministre Rose Pola Pricemou. 

Label Guinée, c’est enfin un espace de réflexion de haut niveau sur les questions majeures de certification, de labellisation, de compétitivité et de protection des productions nationales. Sans oublier la mise en place institutionnelle et réglementaire pour un accès au marché international. 

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