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Guinée Equatoriale, cap sur l’horizon 2020

Des centaines de projets de construction, d’infrastructures, de développement agricole, de tourisme, des métiers de service… La Guinée Equatoriale se prépare à l’après-pétrole. Afin d’améliorer la qualité de vie de la population et la compétitivité de son pays, le gouvernement encourage à l’investissement en instaurant un plan de diversification économique et sociale.

Dans les années 90, la Guinée Equatoriale découvre des gisements de pétrole sur le territoire. Dès lors, elle connaît un « boom économique ». Le PIB n’a cessé de grimper, et place le pays au rang de troisième producteur pétrolier de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale), après l’Angola et le Nigeria. Aujourd’hui, en matière de pétrole, le PIB par habitant est de 15 500 euros, selon un rapport du (FMI), ce qui est un bon résultat sur le plan continental. Cependant, et pour prévenir une éventuelle crise pétrolière, qui touche d’ailleurs d’autres pays d’Afrique, la Guinée Equatoriale se met à l’heure de la diversification économique et sociale pour continuer d’assurer la croissance du pays. Les nouvelles mesures adoptées par le gouvernement dans le cadre du plan de diversification horizon 2020 visent les secteurs de l’agriculture qui ne dépassent pas actuellement les 2% du PIB, selon l’ambassadeur Miguel Oyomo Ndong Mifumu. L’agro-industrie, la pêche, la foresterie, les nouvelles technologies, le tourisme, mais aussi la réalisation d’aéroports, de ports, d’universités, l’aménagement de puits, de réseaux électriques sont également à l’ordre du jour et auront pour objet d’améliorer la qualité de vie de la population équato-guinéenne. « Nous savons qu’aujourd’hui les sociétés  éprouvent du mal à financer à 100% leurs projets, par manque de garanties. Pour répondre à leurs attentes, nous avons donc développé un fonds de garantie des investissements qui oscille entre 500 millions et 1 milliard de dollars. Toutes les sociétés, étrangères ou non, qui souhaitent investir sur le mode direct ou en cofinancement pourront bénéficier de l’aide de l’Etat ».

Le secteur agricole, le fer de lance du plan de développement

Afin de garantir l’autosuffisance et préserver la sécurité alimentaire dans le pays, le gouvernement a prévu d’instaurer des fermes-modèles qui permettront aux habitants de gérer eux-mêmes leurs productions agricoles sans recourir à l’importation. Ceux-ci continueront de recevoir un salaire et seront formés sur les techniques de plantation, de leur culture. Ils recevront aussi des graines, des fertilisants, du matériel pour mener à bien leur travail. « Il existe de nombreuses opportunités dans le secteur agricole et nous souhaitons les exploiter. Parmi elles se trouvent la transformation du cacao et du café, celle des engrais pour les terres, les aliments pour le bétail…Nous souhaitons aussi développer l’investissement dans les campagnes, afin d’encourager les habitants à y rester. En effet, ce plan de diversification économique et sociale ne concerne pas uniquement les citadins », ajoute l’ambassadeur de Guinée Equatoriale en France. Par ailleurs, et bien que la Guinée Equatoriale entretienne des échanges commerciaux avec le Cameroun ou encore le Gabon, en matière agricole, elle recherche de investisseurs étrangers, privés dans divers domaines, notamment celui des services, du tourisme ou encore des nouvelles technologies…

Des infrastructures déjà bien développées

« Grâce à l’argent émanant du pétrole et du gaz, dont la part dans le PIB est de 80 %, notre pays a déjà développé de nombreuses infrastructures, des ports, des aéroports, des hôtels, des complexes universitaires, des hôpitaux… Des entreprises françaises telles que Bouygues ou encore SOGEA-SATOM, filiale du groupe VINCI, nous ont accompagnés dans ces projets d’infrastructures. Ces constructions représentent aujourd’hui environ 6% du PIB. Il s’agit du second secteur le plus important en Guinée Equatoriale », précise, Miguel Oyono Ndong Mifumu. Les logements sociaux ne sont pas en reste, puisque la Guinée Equatoriale en a déjà réalisé, notamment dans la ville de Malabo II, une toute nouvelle ville qui accueille aussi plusieurs immeubles administratifs. La Guinée Equatoriale a aussi un fort potentiel dans les secteurs de la formation et de l’éducation. « Il est important pour nous de former de futurs cadres dans tous les domaines et pas uniquement en pétrochimie. Pour accueillir au mieux les étudiants ainsi que les ouvriers souhaitant évoluer dans leur carrière, nous avons terminé la construction du complexe universitaire de Malabo. Il nous a coûté 50 milliards de FCFA. Cette université propose des cours multidisciplinaires, aussi bien professionnels que de l’enseignement classique », indique, Miguel Oyono Ndong Mifumu.

A l’horizon 2020, la Guinée semble se donner tous les moyens pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée, de manière éthique, dans le respect de sa population mais aussi de son environnement.


Par Darine Habchi

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