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Actualité

Guinée Conakry, pépinière in Tech

Si les médias accordent peu d’intérêt à la Guinée, force est de constater que le pays regorge de talents. La jeunesse guinéenne, comme ailleurs sur le continent, innove, entreprend, et participe à la transformation, 2.0, du pays. Preuve de cette dynamique, la prochaine édition de Transform Africa Summit, la grande messe de la Tech made in Africa, se tiendra à Conakry en 2020. Explications avec Aminata Kaba, présidente du comité d’organisation de la Semaine du numérique à Conakry. 

Propos recueillis par DBM 

Avant de parler de Conakry et du numérique, parlez-nous de vous, Madame Tech à Conakry manifestement ? 

Je suis présidente du comité d’organisation de la Semaine du numérique à Conakry dont la quatrième édition se tenait en juin dernier dans notre capitale. J’ai un profil atypique. Je suis ingénieur télécom de formation, titulaire d’un master en réseau mobile et communication satellitaire. J’ai poursuivi mes études en France, à l’université de Créteil avant de commencer ma carrière professionnelle à Londres en tant que consultante. Je suis par la suite rentrée en Guinée où j’ai travaillé comme assistante dans une société maritime, de là j’ai rejoint l’Unicef, deux ans, comme telecommunication officer, avant de travailler pour un opérateur de télécom. Et finalement je suis rentrée à l’ARPT (NDLR : l’Autorité́ de Régulation des Postes et Télécommunications de Guinée), en 2011, comme directrice des opérations puis directrice des télécommunication. Après un passage à l’UIT (NDLR : Union internationale des Télécoms), j’y suis revenu comme directrice adjointe, mon poste actuel.  Enfin j’ai 41 ans, et je suis mère de deux enfants.  

Dès le départ, le retour au pays était dans vos objectifs ? Ce qui est aussi une des caractéristique de la diaspora guinéenne…. 

Les gens parlent, critiquent beaucoup nos pays, mais si toutes les ressources humaines restent à l’extérieur, on n’arrange rien. On peut mettre à contribution l’expérience que nous avons acquise à l’internationale et contribuer à faire bouger les choses. C’est ma philosophie. J’aime mon pays. C’est vrai qu’on a beaucoup de difficultés mais toutes les actions que l’on peut mener sont bénéfiques. 

C’est en appliquant cette philosophie que vous avez mise en place la Semaine du numérique à Conakry ? 

Il faut souligner qu’au départ, ce n’est pas mon idée. C’est un évènement institutionnel, mis en place par le Ministère des Postes, Télécommunications et de l’Economie Numérique (MPTEN) et l’Agence de Promotion des Investissements Privés (APIP).

En ce qui me concerne, j’ai commencé à le piloter depuis 2018 et la troisième édition en tant que présidente du comité d’organisation, du fait de mon expérience. J’ai alors mis en marche mon réseau ainsi que les réseaux sociaux pour démarcher les personnalités que je voulais cibler et que je ne connaissais pas. Il fallait réussir à les faire venir malgré nos petits moyens. Petit à petit, j’ai réussi à les intéresser. Et ils sont venus. Parce que le gros problème des deux premières éditions c’est qu’elles étaient très nationales, au niveau des panelistes comme des potentiels investisseurs. Or, on ne peut pas réussir ce type d’évènement en restant entre nous. Il fallait changer de paradigme et l’ouvrir à l’international. Ce qui s’est passé. L’évènement a pris de l’ampleur. L’occasion de montrer ce qu’on était capable de faire, par nous-même. Puisque c’est nous qui l’organisons entièrement, sans passer par une agence d’évènementiel. 

Justement, comment s’est passée la dernière édition et a-t-elle atteint les objectifs que vous vous étiez fixés ? 

Oui, nous avons reçu pas mal de monde et notamment des sociétés internationales et panafricaines. Dont MTN ; Ernest Young; Tata communication qui travaille sur un projet d’interconnectivité des pays d’Afrique… Nous avions près de 3000 participants, dont des nationaux et des internationaux. 

L’occasion de montrer le dynamisme de la jeunesse entrepreneuriale en Guinée… 

La semaine du numérique a précisément pour objectif de promouvoir l’entreprenariat des jeunes en Guinée, le savoir-faire guinéen, à la fois pour la Guinée et l’Afrique. Ce qui est très important. On ne va pas inventer la route : il y a des projets adaptés à leur environnement et leurs besoins, avec un fort impact social. C’est la raison pour laquelle nous organisons des compétitions. Cette année, nous avons intégré le jeune public avec des ateliers pour initier les primaires aux nouvelles technologies. Nous avons associé d’ailleurs les anciens lauréats de la Semaine du numérique à ce programme. Pour les collégiens, nous avons organisé un concours de Smart city. 

Je suppose que comme ailleurs, les jeunes entrepreneurs connaissent des difficultés en Guinée. Quelles sont leurs doléances ? 

C’est essentiellement un problème de financement. Ils manquent également de visibilité. D’où l’intérêt de ce type de plateforme pour les faire connaitre à la fois sur les plans nationaux et internationaux. Ils manquent parfois d’accompagnement. Ils ont parfois de très bonnes idées mais ne savent pas comment monter leur business plan.

D’où l’importance d’inviter des partenaires techniques et financiers à ce rdv pour les connecter à l’écosystème de la tech internationale ? 

En effet. Cette année, nous avons également convié des sociétés israéliennes qui sont venues partager leur expertise dans le domaine de la cybersécurité. Ce sont les leaders mondiaux dans ce secteur et nous avons tout intérêt à apprendre d’eux. 

En attendant, la prochaine édition sera particulière puisqu’elle sera intégrée à Transform Africa Summit, la grande messe de la Tech made in Africa…

C’est une très belle opportunité pour nos jeunes. Parce que les Tics, c’est un secteur transversal qui touche à d’autres. Il y a de l’espoir en Guinée. Nos jeunes ont du talent. Il suffit juste de les impliquer davantage, leur donner de la visibilité. Et c’est ce que nous faisons avec la Semaine du numérique, pour essayer d’avoir une pépinière de start-up qui, à court et moyen terme, deviendront des PME, et porteront le développement socio-économique de notre pays. Le secteur privé doit porter cette pépinière d’entreprise via le numérique.

Pour en savoir plus :

https://semainedunumerique.gov.gn