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Google cherche à séduire les entreprises marocaines

Plusieurs représentants de Google sont venus mercredi 3 juin à Casablanca pour convaincre un parterre de chefs d’entreprises que leur internationalisation passe par le web, et donc, par Google.

« Dès le lancement du site, en l’espace de quarante minutes, nous avons eu près de 800 000 visites. C’est pour ça que Google s’est intéressé au Maroc », affirme, non sans orgueil, El Amine Serhani Al Idrissi, président de la Fédération nationale du e-commerce au Maroc (FNEM). Mercredi 3 juin, Google est venu vendre ses services aux entreprises marocaines qui veulent exporter à l’étranger et, plus largement, à toutes celles qui s’intéressent au e-commerce.

« Lorsqu’on n’est pas une multinationale, il est difficile d’envisager d’acheter des spots de publicité sur toutes les télés du monde pour exporter. Google permet de cibler les prospects avec précisions, où qu’ils soient dans le monde, les suivre partout sur le web, et leur présenter des publicités ciblées », a expliqué Patrick Rizk, business developpment manager pour la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord).

Le 25 janvier, la FNEM avait en effet lancé un site de vente en ligne de produits marocains, et plus particulièrement d’artisanat, estampillés « Made in Morocco ». Elle a rapidement eu recours à l’aide de Google. « Au moment du lancement, nous avons été confrontés à beaucoup de problèmes. Depuis, on nous a donné un maximum d’informations, et nous on savons tout, désormais, de nos clients. La database de Google est capitale », assure son président.

Dédié à de la vente en ligne directe au consommateur lors de son lancement, le site s’est transformé en quelques mois en un site de « be to be ». « Nous vendons beaucoup en Europe, aux MRE (Marocains résidant à l’étranger, NDLR), aux établissements d’hébergement, aux hôtels. Aujourd’hui, nous faisons environs 250 ventes par jour, pour un panier moyen de 9 000 dirhams », détaille-t-il.

Made in Morocco, en se positionnant comme une plate-forme de vente en ligne fédérant un très grand nombre de producteurs et d’enseignes, inspire aujourd’hui d’autres secteurs. « Seul un quart des touristes étrangers qui viennent au Maroc passent par un tour-opérateur, contre trois quarts d’entre eux il y a 10 ans. Ceux qui préparent leur voyage seuls passent par Internet », note Nadia Roudies, secrétaire générale du ministère du Tourisme.

« Le montage d’une plateforme en ligne fédérant tous les acteurs du tourisme à la façon de « Made in Morocco » est en cours, afin de permettre au Maroc d’être présent sur le marché international », ajoute Mehdi Taleb, directeur du développement et de la qualité en charge du e-tourisme au ministère du Tourisme.

Plusieurs agences gouvernementales s’emploient à faciliter les exportations des PME marocaines : contrat de croissance à l’export, caravanes Maroc Export, assurances à l’export… Leurs incitations ne tiennent cependant pas particulièrement compte tenu de la dimension web de l’exportation. « Nous assistons près de 200 entreprises dans leur internationalisation, avec notamment la mise en place de marchés virtuels. Nous avons tout un programme de e-solutions », assure Mohamed Es Fih, solution for business advisor, à l’ITC, International Trade Center. Autant d’aides qui seront les bienvenues pour les dirigeants de PME, même si, à écouter les représentants de Google, il n’est point de salut loin d’eux.


Par Julie Chaudier