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Gabon : les belles performances de l’industrie du bois

La mesure présidentielle d’interdiction de l’exportation des grumes prise en 2009 par Ali Bongo Ondimba commence à porter des fruits. Entre 2009 et 2015, le chiffre d’affaires de l’industrie du bois est passé de 38 à 150 milliards FCFA.

Hausse des exportations de grumes

La diversification de l’économie est en marche dans le pays d’Ali Bongo Ondimba. Les mauvaises performances du secteur pétrolier permettent aujourd’hui au gouvernement de miser sur d’autres secteurs porteurs. Notamment celui de l’industrie du bois, qui enregistre depuis 2010, ses plus belles performances. Pour créer plus de valeur à l’industrie de la transformation locale de la matière, l’État a validé en juillet dernier un projet de décret sur l’obligation de sécher le bois destiné à l’exportation. Ce qui accroît selon les spécialistes, la valeur marchande du bois.  Selon des sources officielles, le volume des exportations de grumes et des produits dérivés a augmenté de 2,8 durant les 12 derniers mois. Pour la seule année 2015, la production de grumes a atteint une progression de 5,3%, pour un volume de 1,4 millions de m3 contre 1,3 millions en 2014. Les ventes aux industries ont également observé une tendance haussière, soit +10,1%, passant de 352 067 à 387 716 milliards FCFA, grâce à la forte demande exprimée par les unités de transformations.

20% des exportations nationales 

Les exportations du bois et des produits du bois représentent actuellement 20% du total des exportations du pays, soit une valeur de 985,2 millions d’euros, selon la conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.  La filière de la transformation locale du bois a généré 8 000 emplois entre 2010 et 2015 et a permis la création  d’une cinquantaine d’unités industrielles dont la plupart se trouvent dans les provinces de l’Estuaire, Woleu-Ntem et de l’Ogooué-Maritime. En même temps il y a eu la création d’une vingtaine d’unités de transformation de deuxième et troisième catégorie, alors que le pays n’en disposait que de 5 en 2009. L’industrie du bois affiche un taux de croissance de 114,1% . L’activité de sciage se situe aujourd’hui à 61%, le placage représente 26% des activités de la filière alors que la fabrication des contreplaqués est passée de 3% à 11%.

« Nous avons fait de gros efforts pour nous adapter à la nouvelle donne. Aujourd’hui l’entreprise se trouve en bonne position dans la transformation du bois. La société compte 200 salariés dont de nombreux jeunes Gabonais. La mesure d’interdiction d’exportation des grumes a permis la création de plusieurs dizaines d’emplois dans l’usine », a déclaré M. Nziengui Délégué du personnel à la Société Équatoriale d’Exploitation Forestière (SEEF).

Le marché des contreplaqués en plein essor

L’activité de fabrication des contreplaqués a connu une hausse de 3% en 2015. Aussi, les exportations ont-elles progressé de 19,4% pour s’établir à 49 308 m3, contre 41 281 en 2014. Le produit est vendu surtout sur le marché international, notamment en Asie et en Europe. Certaines entreprises comme Placage Déroulé Gabon (PDG) se sont spécialisées dans la fabrication des contreplaqués. L’activité est très rentable, notamment avec une forte présence du bois Okoumé au Gabon.

«  L’Okoumé est très demandé à l’international. Ce qui rend l’industrie du bois très dynamique. Le secteur a de l’avenir avec une ressource très abondante. Il faudra juste que le pays améliore l’environnement des affaires »,a dit Eymery Nicolas directeur de PDG.

Créée en 2013 avec une vingtaine d’employés, la société Placage Déroulé du Gabon compte aujourd’hui plus de 60 agents. Une preuve de la bonne santé du secteur de l’industrie du bois. En 2015, la branche du déroulage comptait 17 unités de transformation dont, dix dans la fabrication des placages et sept dans les contreplaqués à base de l’Okoumé, selon des sources officielles.  Au cours de la même année, le chiffre d’affaires dans ce secteur est resté quasi-stable à hauteur de 40,5 milliards de FCFA, contre 40,3 en 2014.

Dans la zone économique de Nkok de nombreuses sociétés travaillant dans l’industrie du bois profitent de nombreux avantages fiscaux. Notamment l’exonération de l’impôt sur le revenu au cours des 10 premières années de service et un taux préférentiel de 10%  pendant 5 ans.

 

Création de BNBG

Au mois de juillet 2016, le Gabon a annoncé la création de la Bourse Nationale du Bois du Gabon (BNBG). Cette nouvelle institution devrait assurer la supervision de l’industrialisation du secteur, réguler l’activité de commerce et d’industrie de transformation et contribuer au contrôle de l’exploitation illégale de la ressource.

L’industrie du bois a encore de beaux jours au Gabon, au regard des ressources dont dispose le pays. Le Gabon compte en effet une superficie forestière de 22 millions d’hectares, soit près de 85% du territoire national. Les forêts de ce pays d’Afrique centrale regorgent d’un potentiel d’exploitation estimé à environ 12,5 millions d’hectares. C’est aussi plus de 400 essences d’arbre sur le territoire, dont l’Okoumé, un bois qui représente 25% des ressources forestières.


 

Pierre Eric Mbog Batassi