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Gabon-CAN 2017 : les opérateurs économiques se mobilisent

Alors que le coup d’envoi de la 31e édition de la coupe d’Afrique des nations (CAN) est attendu le 14 janvier prochain à Libreville, les opérateurs économiques du pays sont déjà dans la compétition.

Mobilisations des opérateurs économiques

Plusieurs milliers de visiteurs sont attendus au Gabon, à l’occasion de la 31e édition de la CAN. Une occasion que les opérateurs économiques du pays ne veulent pas manquer pour faire fructifier leurs chiffres d’affaires. Au village de la CAN, au bord de mer à Libreville, plusieurs sont déjà installés et proposent des produits locaux au grand public.  « Nous serons installés ici jusqu’à la fin de la compétition. Notre souhait est que de nombreux touristes arrivent au Gabon à l’occasion de la coupe d’Afrique des nations. Le bord de mer nous donne beaucoup de visibilité », a déclaré Mbeng Irène vendeuse de vêtements en raphia. Tatiana, vendeuse de chaussures et des produits artisanaux est également enthousiaste. Elle espère que d’ici le début de la compétition, son nombre de clients va augmenter et qu’elle fera «  de bonnes affaires. » Pour le moment « ça ne va pas très bien. Nous ressentons de plus en plus les effets de la crise économique », souligne-t-elle.

L’amertume des commerçants

Beaucoup de commerçants rencontrés au village de la CAN sont partagés entre l’espoir et le désespoir. Si certains disent espérer profiter de cette période de la fête de football pour rebondir dans leur business,  d’autres notamment les locataires des cases et des stands du bord de mer sont complètement pessimistes, en raison du prix « très élevé » des espaces commerciaux.  «  Nous avons pris de gros risques en louant des cases au village de la CAN. Ce sera trop difficile d’avoir un retour d’investissement. J’ai fait personnellement une souscription de 600 000 FCFA pour 3 mois. C’est trop cher », a dit Prisca Bivigou, gérante d’une boutique de produits alimentaires. Pour Paul Mba, les prix de location des stands et des cases pratiqués par le Ministère du Commerce au village de la CAN «  ne sont pas de nature à encourager les opérateurs économiques. Ce sont de petits commerçants et leur imposer un loyer mensuel de 200 000 FCFA c’est vouloir s’enrichir sur leurs dos.»  De nombreux commerçants souhaitent aussi renégocier les prix de location des stands avec leur partenaire public.

Vendre la destination Gabon

Pour le Ministre du Commerce « le concept du village de la CAN a été développé pour permettre aux opérateurs économiques d’avoir plus de visibilité pendant la fête sportive et pour faire la promotion de leurs produits. » Mais le travail a été réalisé en partenariat avec le ministère du Tourisme qui « souhaite également saisir l’opportunité de la CAN pour vendre la destination Gabon. Les prix de location des stands et cases tiennent donc compte du coût de l’investissement. » Comme l’explique aussi Rachel Nkiyeme, responsable du village de la CAN « les informations qui nous viennent des commerçants ne sont pas si mauvaises. Par exemple, pour ceux qui ont occupé nos espaces pendant les fêtes de fin d’année ils disent avoir eu un bon retour d’investissement. »

Une aubaine pour les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration

Selon de nombreux analystes économiques, ce sont les gros investisseurs du secteur hôtelier,  les opérateurs des domaines du tourisme et de la restauration, qui tireront le plus grand bénéfice de l’organisation par le Gabon de cette CAN 2017.  Si près de 4,7 milliards de FCFA ont été dépensés en hébergement et en restauration pour la Can 2012 – dont le Gabon était alors coorganisateur – l’on peut imaginer que le budget cette fois-ci sera probablement le double. Ce qui apportera peut-être une bouffée d’oxygène à l’économie du pays et à ses commerçants.


 

AUTEUR Pierre Eric Mbog Batassi // PHOTO : Vendeuse sur le Village CAN – © Pierre Eric Mbog Batassi

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