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French Touch Les PME françaises fers de lance du nouveau partenariat France- Afrique

Alors que la France cherche à se repositionner en Afrique face à la concurrence chinoise, japonaise, américaine, turque et même marocaine, des sociétés françaises, et tout particulièrement des PME, redoublent de compétitivité, dans la santé, les Tics ou encore les ENR…La French Touch participe ainsi à renforcer la présence économique française sur le continent… et au-delà à réinventer le partenariat France-Afrique. 

 

Par Dounia Ben Mohamed

 

 

Sotchi, le 23 octobre. Une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement africains, et pas les moindres, participent à la première édition du Sommet Russie-Afrique. Répondant à l’invitation adressée par le big boss du Kremlin, Vladimir Poutine, à nouer un nouveau partenariat Russie-Afrique autour d’intérêts communs. Ainsi, après la Chine, le Japon, sans oublier le Maroc, c’est au tour de la Russie d’organiser un grand fora dans l’objectif de renforcer sa présence sur un continent désormais reconnu comme celui de toutes les opportunités.

 

« Quand tu ne fais pas partis du Cac 40, tu ne pèses pas dans la balance »

 

 

Au même moment, après le Maroc, la France, du moins le secteur privé français, donnait rdv à ses homologues du continent à Dakar, pour la 4èmeédition des Rencontres Africa. Quelques jours avant l’autre grande messe du partenariat France-Afrique, Ambitions Africa, organisé à Paris les 30 et 31 octobre, avec un format plus institutionnel. Alors qu’à l’origine, les deux évènements étaient réunis, désormais c’est séparément que le public et le privé invite leurs homologues africains à « refaire Afrique ensemble ».

Rencontres Africa Le RDV des PME franco-africaines

 

Entre les deux, les PME françaises. « Cela fait bien longtemps qu’on a compris qu’on n’avait rien à attendre de nos responsables publics et institutionnels, déplore un chef d’entreprise français présent en Côte d’Ivoire depuis plus de quarante ans. «  Même pendant la crise !, souligne-t-il. Et je ne suis pas le seul. Quand tout le monde a quitté le pays, nous sommes plusieurs Français à être restés, à continuer à payer des salaires, à produire. Sans soutien. Sans aucune reconnaissance de l’État français. En dehors des RDV électoraux, on n’existe pas, on ne nous consulte pas. Quand tu ne fais pas partis du Cac 40, tu ne pèses pas dans la balance… »

 

Ce sentiment de solitude et de manque de reconnaissance des PME françaises en Afrique est de plus en plus exprimé. Alors même que de plus en plus de responsables publics, du patronat, et autres, ciblent les PME. Les missions économiques se multiplient. Les instruments également pour les accompagner dans leur expansion africaine se diversifient. « Dans les discours, parce que sur le terrain, nous on ne les voient pas. Quand Macron part en Afrique de l’Est pour conquérir de nouveaux marchés, ce n’est pas nous qu’il emmène, ce sont toujours les mêmes, les grands groupes qui n’ont pas forcément besoin de l’Élysée pour aller sur le continent. »

 

Les PME font finalement ce que le nouveau leadership en place sur le continent attend de ses « partenaires » : du transfert de compétence, de la création d’emplois ainsi que de valeur ajoutée.

 

Pourtant, alors que la France, en perte de vitesse sur le continent, cherche à se repositionner en Afrique face à la concurrence chinoise, japonaise, américaine, turque et même marocaine, des sociétés françaises, et tout particulièrement des PME, redoublent de compétitivité, dans la santé, les Tics ou encore les ENR…La French Touch participe ainsi à renforcer la présence économique française sur le continent et au-delà à réinventer le partenariat France-Afrique.

 

A l’image de Mobilitas, une PME Made in France présente dans 54 pays du continent. Ou encore RMS, dans 46 pays. « Les PME françaises ont une taille mieux adaptée au continent africain » juge Marc Hoffmeister, président de Classe Export et organisateur des Rencontres Africa. Mieux, faute de moyen souvent, les PME font finalement ce que le nouveau leadership en place sur le continent attend de ses « partenaires » : du transfert de compétence, de la création d’emplois ainsi que de valeur ajoutée.

Interview Marc Hoffmeister « La taille des entreprises françaises, qui sont plutôt des PME, est plus adaptée aux entreprises africaines »

 

« L’avenir de la France en Afrique passe par la prise de conscience des organismes professionnels et des pouvoirs publics. Les PME et ETI sont une des composantes de la réussite »

 

« Les PME françaises sont innovantes et compétitives. Elles sont créatives et entreprenantes. De nombreux succès, de nombreux projets en cours le prouvent. C’est un domaine d’ailleurs où l’État français mais également le Medef tentent de jouer le rôle de catalyseur et d’intensifier le rôle des entreprises françaises dans ces secteurs, observe Alain Taieb, PDG Mobilitas.

L’entreprise n’a pas d’autre choix pour survivre que de se remettre en cause en permanence pour s’adapter à ses marchés et se maintenir pour le futur. Encore une fois il s’agit ici de la somme d’individualités. Il manque comme je l’ai dit précédemment la caisse de résonance.Il nous manque la puissance de cette approche d’ensemble, cette approche coordonnée. » Et d’assurer : « L’avenir de la France en Afrique passe par la prise de conscience des organismes professionnels et des pouvoirs publics. Les PME et ETI sont une des composantes de la réussite. Il y aura plus de 600 M d’individus qui vivront dans des pays francophones d’Afrique dans les 30 ans (10 fois plus que la population de la France aujourd’hui). Il convient donc de faire un plan Marshal de la formation professionnelle et de l’éducation pour que le français reste la langue dans ces pays. Il convient d’encourager toutes les composantes de la société civile à s’intéresser au continent. Les PME et ETI n’en sont qu’une petite partie. »