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Focus Combien pèsent les diasporas africaines ?

S’il est difficile de l’estimer, un chiffre sert régulièrement d’indicateur : le montant des transferts de fond des diasporas africaines vers leurs familles restées sur le continent. Et depuis plusieurs années, ce montant est 3 à 4 fois supérieur à celui de l’aide au développement. Si l’on y ajoute les investissements dans l’immobilier, dans des projets commerciaux, voir les vacances au pays, on se rend compte que les diasporas africaines représentent un poids économique non négligeable.

Par Bilqiss Menouter

S’il est difficile de donner un nombre exact quand il s’agit des diasporas africaines dans le monde_ entre 5 et 7 millions en France*_ un chiffre revient régulièrement pour évaluer leurs poids économiques. Les montants des transferts financiers effectués à partir de l’étranger et à destination de l’Afrique. De l’ordre de 60 milliards selon la Banque africaine de Développement (BAD). Dix ans plus tôt, ils étaient de l’ordre des 40 milliards. Parmi les pays destinataires en tête, le Nigéria avec 21 milliards de dollars ; l’Égypte, 19,6 milliards de dollars, et le Maroc, 6,9 milliards de dollars. Des envoies qui proviennent pour leur majorité des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne et du Canada. Des pays qui comptent une forte présence de personnes nés ou originaires d’Afrique.

60 milliards de dollars de transferts de fonds de la diaspora vers l’Afrique, plus que l’aide publique et les IDE

Si la croissance se confirme, elle révèle également que ces transferts de fonds sont nettement supérieurs à l’aide au développement, laquelle, elle, évolue à la baisse. Ainsi qu’aux fameux Investissements directs étrangers, tant recherchés par les leaders politiques du continent, estimé à 50 milliards de dollars en 2016. Des chiffres qui ont fait trembler les chancelleries africaines, déterminés à capitaliser sur ses flux, d’autant qu’ils sont très en dessous de la réalité, dans la mesure où ils ne prennent en compte que les envoies formels. En attendant, pour certains pays, cette contribution de la diaspora participe à l’économie nationale de manière plus ou moins grande. De 31% pour le Libéria à 14% pour le Sénégal, en passant par 20% pour les Comores.

60 % des infrastructures maliennes construites ont été financés par la diaspora malienne

D’où l’intérêt de canaliser ses flux vers des projets à forte valeur ajoutée. La région de Kayes, au Mali par exemple, est connue pour avoir été développée par les migrants Maliens en France. Routes, écoles, hôpitaux… assurés par des fonds mobilisés par les associations de Maliens en France, parmi les plus nombreuses et les plus organisées. A titre d’exemple, selon la Banque mondiale, 60 % des infrastructures maliennes construites ont été financés par la diaspora malienne. Qu’un exemple parmi d’autres…

*Selon les données des Nations-Unies, si l’on prend en compte toutes les personnes d’origine africaine vivant à l’étranger, les diasporas africaines dans le monde sont estimés au nombre de: 29 millions de personnes aux Caraïbes, 112 millions en Amérique du Sud, 43 millions en Amérique du Nord, 1,5 millions en Amérique centrale, 8 millions en Europe, 400 000 mille en Asie et 260 000 en Océanie.


Par Bilqiss Menouter

 

 

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