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FIAD 2019 Le Maroc, moteur de l’intégration africaine

Alors que les échanges intra-communautaires peinent à dépasser la barre des 12%, le Forum Afrique Développement, dont la 6ème édition se tenait à Casablanca les 14 et 15 mars, vise à renforcer l’intégration économique continentale. Selon le modèle prôné par Attijariwafa Bank sur le continent, et dans le cadre de la dynamique sud-sud impulsé par le roi Mohamed VI et le Maroc.

Par Dounia Ben Mohamed, à Casablanca

« L’Afrique sera émergente ensemble ou ne le sera pas » ! Cette affirmation du ministre marocain de l’industrie, Moulay Hafid Elalamy résume l’idée du Forum Afrique Développement. Porté par le groupe Attijariwafa Bank et son actionnaire El Mada, le FIDA, qui tenait sa 6ème édition les 14 et 15 mars à Casablanca, a vocation à réunir les acteurs économiques, mais également publics, du continent, en vue de renforcer l’intégration africain. Laquelle peine à dépasser la barre des 12%. Une goutte d’eau dans l’océan de la mondialisation alors que d’autres continents comme l’Europe affiche 60%.

« Cette combinaison d’opportunités et de menaces auxquelles fait face notre continent, souligne plus que jamais l’impératif des réformes structurelles et de l’approfondissement de l’intégration économique »

« Si l’économie mondiale a connu une phase d’expansion en 2018, le monde semble être entré à nouveau dans une phase d’essoufflement et d’incertitude grandissante, observe Mohamed El Kettani, Président Directeur Général du groupe

Attijariwafa Bank. Cette combinaison d’opportunités et de menaces auxquelles fait face notre continent, souligne plus que jamais l’impératif des réformes structurelles et de l’approfondissement de l’intégration économique, afin de libérer davantage les énergies créatrices de richesses et de valeur ».

« Parler aujourd’hui de l’Afrique semble évident. Mais, il y a 10 ans, il fallait être clairvoyant et audacieux pour offrir à notre continent cet espace, ce lieu de réflexion et d’échanges, qui a fait émerger tant d’opportunités »

Un impératif de faire Afrique ensemble qui fait aujourd’hui l’objet de plusieurs initiatives, à commencer par la création de la zone de libre-échange continentale (ZLEC), ratifiée par 44 pays à ce jour, qui vise à établir un marché unique à l’échelle du continent africain pour les biens et les services, incluant la libre-circulation des personnes et des capitaux, selon une stratégie inscrit sur l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Une dynamique sud-sud prônée par le royaume Chérifien.  « Parler aujourd’hui de l’Afrique semble évident. Mais, il y a 10 ans, il fallait être clairvoyant et audacieux pour offrir à notre continent cet espace, ce lieu de réflexion et d’échanges, qui a fait émerger tant d’opportunités », souligne Mohcine Jazouli, Ministre Délégué chargé de la Coopération africaine.

« Le secteur tertiaire, notamment les banques marocaines, a contribué à la croissance des pays de notre Union »

L’occasion de rappeler, sans le dire, le rôle, pionnier, joué par le Maroc, locomotive de cette intégration africaine. Ce qui est confirmé par les conclusions du dernier rapport du cabinet Boston Consulting Group, intitulé : One Africa. Selon lequel l’intégration économique du continent s’accélère sous l’impulsion des champions africains, 150 entreprises pionnières qui ouvrent la voie d’une plus forte intégration. Elles se composent pour moitié d’entreprises d’origine africaine et, pour une autre moitié, de multinationales implantées de longue date sur le continent. Avec en tête, le Maroc, aux côtés de l’Afrique du Sud, champions de l’intégration africaine, à travers l’expansion africaine de ses banques notamment, dont Attijari. « Le secteur tertiaire, notamment les banques marocaines, a contribué à la croissance des pays de notre Union » confirme le président de la Commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima.

« Réunir nos Afrique »

A travers cette plateforme notamment, le Forum Afrique Développement et son articulation sur le terrain, le Club Afrique Développement, composé aujourd’hui de 3000 membres, dont l’ADN, soulignera Mouna Kadiri, sa présidente, et de « réunir nos Afrique », y compris l’Est et l’Ouest. Le thème de cette 6ème édition. Une invitation que n’ont pas boudé les pays d’Afrique de l’Est. Représentés par l’Égypte, le Kenya, le Rwanda, et autres inscrits parmi les pays à l’honneur cette année. Et pour joindre l’acte à la parole, trois conventions de coopération ont été signés en marge du forum, entre le groupe Attijariwafa Bank et Kenya Commercial Bank (KCB Kenya), pour le développement du financement du commerce (Trade finance) et l’échange des bonnes pratiques bancaires ; avec l’Agence de l’investissement régional (RIA) du Marché commun des États d’Afrique australe (COMESA) également. Enfin, avec la Banque africaine de développement, l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (AFEM), la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire, l’Association des Business Women of Egypt 21 et le GIE les femmes de la Fayda signataires de l’initiative “Stand Up For African Women Entrepreneur” visant à soutenir l’entrepreneuriat féminin en Afrique.