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Faire du Port de Lomé un hub maritime en Afrique de l’Ouest

La piraterie maritime qui a fait son apparition sur le littoral du Golfe de Guinée depuis quelques années n’a pas empêché au Port autonome de Lomé (PAL) de maintenir le cap de la croissance. Le port a contribué entre 45% et 55 % au Produit intérieur brut (PIB) du en 2014. Depuis l’arrivée du premier navire la «Birte Hugo Stinnes» le 21 janvier 1967 jusqu’en décembre 2014, le Port autonome de Lomé a enregistré à son compteur quelque 42 000 navires.

Un total de 1150 navires a été traité en 2014 contre 989 et 1118 respectivement en 2012 et 2013. Le fret manipulé a aussi atteint 9 millions de tonnes en 2014 contre 7 770 000 tonnes et 8 700 000 tonnes respectivement en 2012 et 2013. Le volume des conteneurs traités est en croissance de 161% et l’activité de transbordement en hausse de 444% au premier semestre 2015. Les chiffres d’affaires du PAL ont aussi connu une hausse grâce à la mise en place d’un guichet unique pour le commerce extérieur. En effet, le Port autonome de Lomé a réalisé un résultat net d’environ 1667 milliards de FCFA en 2014, soit une progression de 9,41% par rapport à 2013.

Les atouts du Port autonome de Lomé

Premier atout du PAL, son bassin est délimité par deux digues de 950 m et 1720 m de long, ce qui le protège de l’ensablement. Il est construit sur un vaste domaine de plus de 900 hectares et peut accueillir simultanément 8 à 10 navires. De plus, Lomé bénéficie d’un marnage faible (1,20 m) et de vents modérés, ce qui favorise l’accès au Port en un temps record à tous les types de navires. Seul port en eau profonde de la sous-région avec un tirant d’eau de 14 mètres, il traite environ 80% des échanges commerciaux du pays. Soucieuses du rôle capital du port, les autorités ne lésinent pas sur les moyens afin de transformer ce joyau en un modèle d’intégration économique dans la sous-région. Pour y parvenir, un véritable plan de développement bien élaboré vise à moderniser les infrastructures face à la mondialisation de l’économie et aux exigences du transport maritime international. Dans cette optique, les autorités portuaires ont mis en place de nouvelles mesures pour se conformer aux normes de sécurité recommandées par le Code International pour la Sureté des navires et des installations portuaires (code ISPS). Le PAL s’est par ailleurs doté d’un scanner mobile pouvant visualiser 100 containers par jour à travers une image radioscopique. Entre autres, l’installation d’un système de télésurveillance, une gestion informatisée des différentes prestations portuaires et mouvement des navires. Cinq grues mobiles facilitent la décharge des navires 24h/24  tous les jours tandis que des portiques de quai sont réservés aux opérations de manutention.

Un troisième quai pour faire du PAL un hub portuaire

Dans sa vision de modernisation des infrastructures portuaires, le port vient de se doter d’un troisième quai de 450 mètres de long pour un coût total de 300 milliards en 2014. Pour damner le pion à ses concurrents de la sous-région, le port vient de construire une darse pour le transbordement des conteneurs et un nouveau terminal à conteneurs pour un coût total de 400 millions d’euros. Selon la direction générale, ces investissements permettront au Port autonome de Lomé de s’imposer comme un hub portuaire dans la sous région. Aujourd’hui, le port a vu sa fréquentation bondir de 48,7% au premier semestre de cette année avec 613 navires, contre 490 pour la même période de 2014. « Toutes ces actions initiées par le gouvernement avec des investissements dans le domaine des transports vise à faire du Togo un pays émergent à l’horizon 2030 », a expliqué Ninsao Gnofame, ministre des Travaux publics et des Transports.

Débouché sur la mer pour les pays de l’Hinterland

Les pays du sahel comme le Burkina Faso, le Niger et le Mali représentent à eux seuls environ 50% du trafic transit du port. Le trafic transit avec ces trois pays en plus d’autres pays dont le Nigeria a atteint environ 2 millions de tonnes. Afin de préserver son atout de « porte naturelle » des pays de l’Hinterland sur l’océan atlantique, la direction générale a mis en place un service dénommé « Solidarité sur la Mer ». Ce service est un système de convoyage sous escorte des marchandises à destination des pays du Sahel. Pour la direction du PAL, la bonne santé financière du port est due à la mission que s’est assignée la nouvelle direction mise en place depuis 2006. « Ma mission, c’est d’augmenter le niveau de performance du Port autonome de Lomé au service et au profit de nos opérateurs économiques pour que la passion de l’efficacité, le slogan du port depuis des années, devienne la devise de tous », a affirmé le Directeur du PAL.


 

Blamé Ekoué

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