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FAGEM 2021 : des solutions innovantes pour une agriculture plus performante et résiliente

Changement climatique, exode rural, tensions sécuritaires… Autant de défis qui frappent l’agriculture burkinabé. Un secteur stratégique de l’économie burkinabé qui pèse pour 30% du PIB et assure, avec l’élevage 80% des emplois du pays. L’alternative se trouve dans la tech. C’est le pari d’Afrique Grenier du Monde qui dédié son RDV annuel, le FAGEM, à l’agriculture burkinabé. Laboratoire d’une agriculture africaine plus performante, résiliente … et tech. 

Par Ibrahima SANOU à Ouagadougou

Changement climatique, exode rural, tensions sécuritaires… Autant de défis qui frappent l’agriculture burkinabé. Longtemps premier producteur africain de coton, le Burkina Faso, désormais relayé à la troisième place, tente de redonner vigueur à l’activité comme à l’ensemble du secteur qui pèse pour 30% du PIB et assure, avec l’élevage 80% des emplois du pays. 

Et c’est, entre autres, vers les nouvelles technologies que se tournent de plus en plus les acteurs, publics et privés, du secteur pour une agriculture plus performante et résiliente. Ce qui est le leitmotiv du Think Tank Afrique Grenier du Monde (AGM) qui organisait, le 16 septembre dernier, à Ouagadougou, la seconde édition de son RDV annuel, le FAGAM.  Sous le thème,  « Agritech : élément clé pour la relance agricole au Burkina Faso et en Afrique », l’évènement aura réuni les principaux acteurs de l’agriculture locale,  autour de la même conviction,  «le numérique [peut] permettre la transformation de l’agriculture si on [met] en pratique les diverses technologies d’Aagritech », selon l’instigatrice de la rencontre, Charlotte Libog, président d’AGM. 

« Réduire la pénibilité du travail de pulvérisation, booster le rendement de la production et garantir sa qualité »

Déjà à l’œuvre dans le pays Moussa Yerbanga, ingénieur en télédétection aérospatiale et en conception de drones, patron de la start-up Kono Digital, met la technologie au service des agriculteurs du pays. A travers ses drones notamment. Des aéronefs conçus sur mesure pour répondre à des problématiques locales.  Tels que les aflatoxines, des composés toxiques cancérogènes qui se développent sur de nombreuses denrées alimentaires (céréales, fruits séchés…), et contre lesquelles équipes de Kono Digital ont créé le drone « anti-aflatoxine ». Un appareil qui selon Moussa Yerbanga, offre une solution innovante permettant de  « réduire la pénibilité du travail de pulvérisation, de booster le rendement de la production et de garantir sa qualité ». 

11 000 hectares de champs de bananes traités à l’aide des drones

Une technologie que le Ministère burkinabé de l’Agriculture, des aménagements hydro-agricoles et de la mécanisation encourage puisque celui-ci a acquis dans un premier temps 9 drones, qui ont été utilisés lors de la campagne agricole 2019/2020. Ces appareils volants ont notamment servi au lancement de la campagne de production de bananes de la Société coopérative agro-pastorale de Fara (SOCAF) qui, sur une superficie de 30 hectares, produit en moyenne 2 000 tonnes de bananes par an, dans la province des Balé (Sud-Ouest du pays). Ils ont notamment permis de  « détruire l’action des nuisibles et autres maladies des plantes qui induisent des pertes financières énormes aux producteurs en dépréciant la qualité de la banane issue des plants attaqués » indique le Ministre Salifou Ouédraogo, par ailleurs co-parrain du Forum 2021. Une première expérience satisfaisante qui ont conduit le ministère à se doter de 13 drones supplémentaires destinés à la campagne agricole 2020/2021. En tout, 11 000 hectares de champs de bananes ont été soumis à un traitement aux pesticides à l’aide de ces appareils. 

En attendant la présentation, le 25 septembre prochain de la nouvelle invention de la startup, le drone « effaroucheur », destiné à faire fuir les oiseaux nuisibles aux cultures, qui va être testé sur des champs de riz du pôle de croissance Bagré Pôle (région du Centre-Est), une structure étatique qui capitalise sur le potentiel agricole de la vallée du fleuve Nakambe. « Les producteurs nous attendent ! », assure Moussa Yerbanga. 

Des solutions de e-branding destinées aux acteurs agricoles

Mais au-delà de la production, la technologie offre également d’autres leviers d’action à l’agriculture africaine, rappelle Jean Cyril Bado, directeur général de l’agence Brand Performer. La société propose en particulier des solutions de e-branding destinées aux acteurs agricoles afin de développer une image positive de leurs produits et de les rendre plus compétitifs sur le marché local et international. « L’objectif est de créer pour nos produits locaux, une histoire attractive, un packaging séduisant capable de véhiculer une identité de marque claire, originale, cohérente et surtout performante », précise ainsi le chef d’entreprise, qui a déjà convaincu plusieurs opérateurs actifs dans l’agro-business à sauter le pas. 

Le burkinabè Faso Attiéké, qui produit et commercialise le traditionnel met local depuis 2010 figure parmi ses adeptes. À ses débuts, l’entreprise a eu du mal à faire accepter sa production aux consommateurs burkinabè, habitués à l’offre en provenance de Côte d’Ivoire.  Depuis, grâce à une communication digitale pertinente, les choses ont bien changé, et « les gens aiment désormais l’Attiéké burkinabè», se réjouit la promotrice de Faso Attiéké, Florence Bassono, née Kaboré. Créé avec 3 emplois, Faso Attiéké compte aujourd’hui 73 collaborateurs, dont 65 femmes et nourrit près de 2 millions de personnes par année avec une production de 600 tonnes d’Attiéké, obtenue auprès de 500 producteurs ruraux. Prochain objectif fixé par la dirigeante de Faso Attiéké, devenir une entreprise totalement verte d’ici 2023, capable de recycler entièrement ses déchets. Une démarche pro-environnement où les solutions agritech pourraient là aussi aider l’entreprise à faire la différence.  

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