ActualitéArchives

Exploitation minière au Sénégal : L’Etat empoche seulement 3%

Depuis la découverte de plusieurs gisements de ressources minérales, l’exploitation minière au Sénégal est devenue une activité économique majeure. Malheureusement, l’état n’y gagne pas beaucoup.

L’état du Sénégal perd énormément de recettes pour la bonne et simple raison qu’au niveau des conventions minières qu’il ratifie, les exploitants sont exonérés de taxes. L’Etat ne prélève ainsi que 3% de redevance, qui peut, avec la réforme du code minier, migrer à 5%. L’évaluation des dépenses que le Sénégal a eu à faire, il y a trois ans de cela, prouve que l’Etat, en termes de dépenses fiscales perd 4% du produit Intérieur Brut (PIB). Avec cette perte, impossible de compter sur l’aide publique pour se développer. Raison pour laquelle le Sénégal se voit dans l’urgence de se focaliser sur la mobilisation des ressources domestiques pour financer le développement. Car en 2013, l’Etat du Sénégal n’a empoché que 15 milliards FCFA des exploitations minières, ce qui représente seulement 1% du budget national. Pour tirer le maximum de ressources financières de ses gisements, l’Etat est, selon les experts, appelé à adopter une rupture, notamment en évaluant de manière régulière les taxes fiscales, mais aussi mener une politique efficace de réduction des exonérations fiscales afin de booster l’investissement régional.
Du côté des fondations comme la Fondation Friedrich Normann, un plaidoyer a été fait pour une implication des populations dans les projets générateurs de ressources mis en place par les entreprises minières. Mais l’Etat est surtout appelé à être regardant sur les travers notés dans le secteur minier. Depuis la promulgation du code minier en 2004, les problèmes de droits humains demeurent avec des conséquences énormes pour l’économie. Et les jeunes et les femmes constituent les premières victimes. En ce sens que ces populations impactées font l’objet très souvent d’une expulsion forcée sans protection ni garantie de recasement. Ces populations, majoritairement paysannes vivant dans une situation de précarité totale, convergent le plus souvent vers les sites miniers où les conditions de travail sont extrêmement difficiles, physiquement dures, une surexploitation avec des minerais radioactifs dangereux sans une réelle norme de sécurité assimilable à de pires formes de travail et de traite de personnes.


Par Mouhamed Camara