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Etude : La digitalisation, un outil au service de l’inclusion financière

Commandée par le World Savings and Retail Banking Institute, une nouvelle étude se penche sur les opportunités offertes par la digitalisation pour renforcer l’inclusion financière des clients à faible revenu en Afrique. 

Par Ange Iliza 

Publié le 30 septembre par le World Savings and Retail Banking Institute (WSBI)- une association bancaire internationale qui regroupe près de 7 000 caisses d’épargne et banques de détail du monde entier – le rapport s’appuie sur la littérature de conseil en gestion pour évaluer les stratégies de numérisation de manière pragmatique, en passant notamment au crible les mesures prises par trois établissements financiers africains: la banque marocaine Al Barid, la kényane Equity Bank et la Consolidated Bank, au Ghana. 

“Selon les estimations de la Banque africaine de développement, il y aurait aujourd’hui 332 millions de personnes en Afrique, dont 60 % de femmes, qui seraient exclues des systèmes financiers numériques”

Co-rédigée avec FinMark Trust, un trust indépendant à but non lucratif basé en Afrique du Sud, et dont l’objectif est de faire fonctionner les marchés financiers pour les pauvres, l’étude explore les réponses à une question que de nombreux dirigeants du secteur se posent : quelle est la meilleure façon de numériser une institution financière afin que celle-ci touche la base de clientèle la plus large possible ? Objectif, identifier les éléments permettant aux prestataires de services financiers de servir les personnes à faibles revenus et de contribuer ainsi à leur inclusion financière. Un enjeu qui est particulièrement d’actualité sur le continent africain : selon les estimations de la Banque africaine de développement, il y aurait aujourd’hui 332 millions de personnes en Afrique, dont 60 % de femmes, qui seraient exclues des systèmes financiers numériques. 

Accélérer la numérisation par les prestataires de services financiers

Or, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, l’enquête- réalisée via le programme Scale2Save de WSBI, en partenariat avec la Fondation Mastercard- souligne l’importance d’accélérer la numérisation par les prestataires de services financiers, non seulement dans leurs offres de services mais aussi en tant qu’organisations dynamiques et en tant que partie d’un écosystème financier numérique. Les auteurs de l’étude notent par ailleurs que les initiatives centrées sur le client sont un facteur clé de succès. Ainsi, en offrant l’accès à distance à l’épargne et aux paiements formels à des personnes qui en ont longtemps été exclues, ces nouveaux clients ont la possibilité d’améliorer leur situation économique. Ils sont en mesure de lisser leur consommation, de constituer des actifs, de se préparer contre les risques et d’améliorer leur capacité à faire face. 

“Cette numérisation des prestataires de services financiers africains entre dans une nouvelle phase, car « l’utilisation croissante des téléphones mobiles pour accéder à Internet permet le déploiement de services numériques rentables pour les clients à faibles revenus »”

Sur ce point, la digitalisation révolutionne la façon dont les prestataires de services financiers mènent leurs activités. En Afrique, « la diffusion des téléphones portables au cours des deux dernières décennies a ainsi permis le développement de nouvelles solutions mobiles », notent ainsi les auteurs de l’étude, telles que la plateforme de services financiers kényane M-Pesa (41,5 millions d’utilisateurs à travers le continent fin 2020) ou le concurrent MoMo (46,6 millions d’abonnés) du géant des télécoms sud-africain MTN. 

L’utilisation croissante des téléphones mobiles pour accéder à Internet permet le déploiement de services numériques rentables pour les clients à faible revenu

Aujourd’hui, cette numérisation des prestataires de services financiers africains entre dans une nouvelle phase, car « l’utilisation croissante des téléphones mobiles pour accéder à Internet permet le déploiement de services numériques rentables pour les clients à faible revenu », explique le rapport,  en raison des effets d’échelle induits. Une dynamique qui ne devrait que se renforcer au cours des prochaines années. Dans un rapport publié en septembre 2020, l’association GSMA, a ainsi rappelé que, « en Afrique subsaharienne, le taux de croissance annuel moyen des connexions de smartphones [était] de 28 % depuis 2015, et que ces derniers représent[aient] désormais près de la moitié des connexions totales ». 

Cette étude de cas sera largement diffusée parmi les banques membres du WSBI à travers le monde, et par le biais de canaux spécialisés dans l’inclusion financière et la microfinance. Quant au programme Scale2Save du WSBI, il collabore notamment avec des banques et des institutions locales africaines au service des plus vulnérables dans six pays du continent : la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Nigeria, le Maroc, l’Ouganda et le Sénégal.

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