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Emmanuel Agbenonwossi Pari sur le cacao bio

À 24 ans, Emmanuel Vitus Agbenonwossi, jeune entrepreneur connu dans le paysage médiatique togolais comme journaliste économique, ambitionne de créer une ferme-école  de production de cacao biologique innovante dans son pays natal. Ses projets lui ont déjà valu des reconnaissances hors de son pays, notamment la bourse du département d’État Américain Young African Leaders Initiative. Depuis mars 2016, il est lauréat et seul Togolais parmi « Les espoirs de l’Afrique » de la fondation éponyme du riche homme d’affaires nigérian Tony Elumelu. Africa News Agency va à la rencontre de cette startup aux idées neuves.

Issu d’une famille chrétienne plutôt modeste du Sud Togo, Emmanuel Vitus a très tôt été confronté aux périples de la vie et du chômage, de quoi lui donner, jeune, le goût du risque et la soif de réussite. « Dans sa jeunesse, il a toujours été très curieux et a fait preuve d’une grande ouverture d’esprit qui lui a permis de devenir ce qu’il est aujourd’hui, à savoir un jeune entrepreneur entrain de marquer son époque avec ses trouvailles », confie, Kouma un ami d’enfance. Après 5 années d’exercice du métier de journalisme au Togo, au Cameroun, au Maroc puis au Ghana, Emmanuel accumule les expériences, autant en Afrique subsaharienne, qu’au Maghreb et en Asie.  Il travaillera notamment deux ans au sein de l’Agence de presse Ghanaweb B.V, dans l’équipe éditoriale où il est dirige l’extension du groupe de presse au Cameroun, un défi qu’il  relève avec succès.

Prix de la start-up de l’année 2015 au Togo

En 2013, il change de cap et lance avec ses amis Komi Agbokou, Nathalie Kpanté, Felix Kpenguié et d’autres jeunes la coopérative Chocotogo, la seule unité de production de chocolat biologique dans ce pays ouest-africain. Avec une transformation mensuelle d’une tonne de cacao, 35 employés et 104 paysans, la coopérative a glané 4 distinctions honorifiques en avril 2016.   «Notre chocolat a attiré beaucoup d’intérêt sur le marché local et international. En 2015, nous avons gagné un prix d’innovation à Terra Madre en Italie, où nous avons rivalisé avec des marques locales. Plus tard, la même année, en novembre, nous avons gagné au Togo le prix de la start-up de l’année 2015 », se réjoui Emmanuel. C’est finalement sa participation au programme American Young African Leaders  où il a été sélectionné parmi 14000 candidats, qui sera la plus déterminante dans la première partie de sa carrière de jeune entrepreneur. La Corée du Sud, « pays électrique, fondé sur l’innovation et l’esprit d’entreprise », l’inspire et lui fait prendre la décision dès son retour au Togo, de se lancer définitivement dans l’aventure de l’entreprenariat sociale.

Une ferme-école pour relever le défi de l’emploi des jeunes

Véritable adepte du panafricanisme, sa dernière trouvaille en date est l’entreprise sociale  « EvaFarms ». DSelon lui, la ferme « EvaFarms », dont les études de faisabilité viennent de s’achever, sera une ferme-école de culture de cacao biologique où des jeunes agriculteurs et étudiants togolais iront se frotter gratuitement aux techniques de cultures biologiques, spécialement le Cacao biologique très prisé sur le marché international. Objectif, initier les jeunes à l’agriculture, aux concepts de l’entrepreneuriat social afin de transformer les problèmes sociaux en une véritable opportunité d’affaires. « Il faut former et encourager la jeunesse togolaise à retourner à la terre. Que cette jeunesse soit  créative, innovante et qu’elle continue à redoubler d’ardeur tout en ayant confiance en elle, martèle le jeune Emmanuel. La filière du café cacao au Togo n’a aucune valeur ajoutée car tout est destiné à l’exportation. Nous voulons révolutionner l’industrie agro-alimentaire au Togo en apportant cette valeur ajoutée tout en offrant un chocolat naturel bio aux Togolais. C’est pourquoi les techniciens agricoles de la ferme vont également assister les jeunes dans l’élaboration de leur projet agricole ».

A 24 ans, Emmanuel a choisi une vie d’efforts et de défi plutôt que de poursuivre une carrière confortable dans le journalisme. Ce qui lui vaut l’admiration des siens. « Il a tout simplement cassé les barrières dans un pays où le chômage gangrène la jeunesse qui croit toujours en l’État providence », nous confie un de ses collaborateurs.

Un entrepreneur engagé

S’il continue à écrire pour la très sérieuse revue marocaine « The North Africa Post », à gérer la communication de Chocotogo et à  travailler sur ses projets personnels, cela n’empêche pas Emmanuel d’approfondir encore et toujours ses connaissances. Depuis mars 2016, il s’est engagé au sein du Réseau YALI dont il est coach formateur et ambassadeur. Rebelote à la fondation Elumelu où il est étudiant. Il se confronte aux problématiques plus poussées liées au monde de startups africaines, parrainées par de hautes pointures en ce domaine aux USA, En Asie et en Afrique.

Humble, mais sans fausse modestie, lorsqu’on l’interroge sur ce que les investisseurs pensent de lui et de son projet EvaFarms,  il répond avec naturel qu’ils apprécient son sérieux et la qualité des idées qu’il propose, en bonne adéquation avec les attentes de la jeunesse africaine. Ses qualités d’écoute et d’adaptabilité le servent, sans nuire en rien à sa détermination. Armé de son inébranlable curiosité et de son pragmatisme, Emmanuel  poursuit donc sa carrière avec enthousiasme et inventivité. Il faut également souligner qu’Emmanuel est également facilitateur certifié du Programme des Nations Unies pour le Développement. Il forme sur les questions liées aux élections, à la démocratie, aux droits de l’Homme et à la bonne gouvernance en Afrique.


 

Emmanuel ATCHA