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Election Facebook et sa stratégie pour « l’intégrité des scrutins »

Les élections présidentielles ont lieu un peu partout en Afrique dans les prochains mois. Et depuis quelques années, qui dit élection, dit vaste opération de désinformation et jeux d’influence sur les réseaux sociaux. Facebook prépare ses armes, mais la tâche semble titanesque.

 

Qu’il semble loin le temps des Printemps arabes, durant lesquels Facebook et les réseaux sociaux étaient présentés comme de nouveaux outils au service de la démocratie. Les élections de Donald Trump aux Etats-Unis puis de Jair Bolsonaro au Brésil, ont mis en avant au niveau mondial les failles du système, la puissance des fake news et la possibilité d’ingérences étrangères afin d’influencer le vote. Et cela n’épargnera pas le continent africain surtout en cette période où les élections présidentielles sont très nombreuses : Burkina Faso, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée, Nigeria et Tanzanie ! Alors contre cela, Facebook tente de répondre, mais difficile de contrôler les 206 millions d’abonnés africains recensés par MédiaNet en 2018 et dont le nombre a forcément augmenté.

 

Au mois de mai, des pages suivies par 3,8 millions de personnes fermées pour « ingérence étrangère »

 

 

Au mois de mai dernier, Facebook annonçait avoir fermé 446 pages, 182 comptes, 96 groupes, 60 événements et 209 comptes Instagram, tenus par une société tunisienne qui selon le mastodonte des réseaux sociaux visait à peser sur des élections en Afrique francophone à grand renfort de fake news. Une action forte motivée selon le communiqué publié à l’époque, par la « violation de notre politique contre l’ingérence étrangère en l’occurrence se livrer à des comportements non authentiques et coordonnés au nom d’une entité étrangère ». La technique consistait à passer d’un compte au « contenu non politique », comme le tourisme, la diaspora, le coronavirus, « à un contenu politique » du jour au lendemain. Le tout, en se faisant passer « pour des médias indépendants locaux ». En tout 3,8 millions de personnes suivaient au moins l’une de ces pages. Un chiffre atteint en quelques mois, d’où le choix de Facebook de les fermer.

 

Du fact-checking avec plusieurs médias africains

 

 

Le second grand axe de combat de Facebook est bien sûr les fake news. D’abord parce qu’elles se créent et se propagent très facilement, un élément auquel Facebook ne peut pas grand-chose, mais aussi et surtout parce que les algorithmes ont tendance à mettre en avant ces publications, et pire, à proposer encore plus ce type de contenu aux personnes qui les relayent. Au point que selon une étude de PSB Research, 37% des Africains considèrent que ces fausses informations impactent fortement leur capacité à rester informé. Et donc à voter ! Un chiffre qui monte à 77% en Ethiopie et 52% au Zimbabwe. Si Facebook peut se permettre de supprimer des publications appelant à la violence ou présentant des informations fausses sur les scrutins assez facilement, d’autres publications sont plus complexes à démêler. Contre cela le fact-checking sera de mise grâce à l’aide de plusieurs médias implantés en Afrique : Dubawa, Africa Check, Pesa Check, AFP, Congo Check ou France 24. Quoi qu’il en soit, le réseau prouve chaque jour un peu plus sa puissance à influencer les foules. Mais aussi à les mobiliser, et les contestations post-électorales, attendues dans de nombreux pays devraient une fois encore le prouver.

 

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