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Editorial : L’Afrique à l’occasion de la Journée des Nations Unies

Cet éditorial a été écrit il y a quatre ans pour commémorer la Journée des Nations Unies. La position de Leadership (média nigérian) sur la place de l’organisation dans les affaires mondiales reste pertinente encore aujourd’hui…

Par Leadership*

Bien que la Journée des Nations Unies soit consacrée à faire connaître aux gens du monde entier les objectifs et les réalisations de l’Organisation. Il est également important d’observer qu’au-delà de l’aspect festif, le monde a des raisons d’être reconnaissant pour l’existence de l’organisme international qui a vu le jour ce jour-là en 1948. Comme toute organisation qui vise à rassembler des personnes de cultures et d’origines diverses, les Nations unies ne sont peut-être pas parfaites dans leur application des règles de base. Cependant, de nombreux experts sont d’avis que sans l’ONU, le monde aurait dû faire face à d’énormes niveaux de conflit et de chaos qui auraient nécessité la création d’un organisme gouvernemental international pour maintenir l’équilibre national et politique du monde. Dans cette mesure, il incombe donc à chaque nation d’œuvrer à la réalisation du rêve qui se cache derrière l’unité du corps-monde.

Dans un bref discours prononcé à l’occasion de cette journée, le Secrétaire général, António Guterres, a reconnu le caractère indispensable de l’organisation et a fait remarquer que, même avec les Nations unies, le monde est toujours confronté à de graves problèmes tels que l’aggravation des conflits et des inégalités, les conditions climatiques extrêmes, l’intolérance mortelle et les menaces pour la sécurité, notamment les armes nucléaires. Optimiste, il a également déclaré que le monde dispose des outils et des richesses nécessaires pour surmonter ces défis. Il ne manque que la volonté.

« Le monde a de bonnes raisons de célébrer l’existence des Nations unies »

Les problèmes du monde, a-t-il dit, dépassent les frontières et cela signifie que les peuples du monde doivent devoir transcender leurs différences pour transformer leur avenir collectif. La voie à suivre, a souligné M. Guterres, est d’essayer de réaliser les droits de l’homme et la dignité humaine pour tous les peuples, de construire un monde pacifique, durable et juste. Et en ce jour, le monde se doit de faire de cette vision une réalité.

Le monde a de bonnes raisons de célébrer l’existence des Nations unies. Alors que l’attention des médias mondiaux se concentre sur les controverses internationales et les échecs des interventions politiques, elle couvre rarement le puissant travail de sauvetage de l’ONU avec ses agences comme le Programme alimentaire mondial (PAM), les forces de maintien de la paix et les nombreuses autres agences.

« Le PAM nourrit 90 millions de personnes dans 80 pays chaque année »

Il est pertinent de noter que le PAM nourrit 90 millions de personnes dans 80 pays chaque année, tout comme ses programmes pour les femmes promeuvent la santé maternelle et infantile, sauvant la vie de 30 millions de femmes par an, et vaccinent 58 % des enfants du monde, ce qui permet de sauver trois millions de vies chaque année. Il convient également de noter que l’organisme mondial aide les réfugiés. Chaque année, elle vient en aide à 38 millions de réfugiés, les sauvant des guerres, des conflits, de la famine et des persécutions.

L’ONU a été en première ligne de la lutte contre le changement climatique ou le réchauffement de la planète, elle promeut le développement durable et protège l’environnement en encourageant la connaissance, la recherche et la négociation de traités internationaux sur le climat.

En 1948, l’Assemblée générale des Nations unies a déclaré que le 24 octobre, date anniversaire de la Charte des Nations unies, « sera consacré à faire connaître aux peuples du monde les buts et les réalisations des Nations unies et à obtenir leur soutien » pour leur travail.

En 1971, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une autre résolution (résolution 2782 des Nations unies) déclarant que la Journée des Nations unies serait un jour férié international et recommandant qu’elle soit observée comme un jour férié par tous les États membres.

« L’ONU, malgré toutes ses prétentions, doit accepter qu’elle n’est pas encore une organisation démocratique »

La Journée des Nations unies est traditionnellement marquée dans le monde entier par des réunions, des discussions et des expositions sur les réalisations et les objectifs de l’organisation. En effet, le 24 octobre marque le jour de l’automne 1945 à New York où les nations ont ratifié la Charte des Nations unies et lancé la deuxième tentative majeure de l’humanité pour former un parlement mondial. De loin la plus réussie, cette deuxième tentative de négociation et de coopération mondiales a permis d’enrayer la famine, d’éviter les guerres et de redonner espoir au monde. L’ONU, qui ne comptait au départ que 51 nations membres, en compte aujourd’hui 193. La première tentative majeure, la Société des Nations, s’est effondrée après un peu plus d’une décennie, mais les Nations unies durent maintenant depuis près de 70 ans.

Cependant, à notre avis, l’ONU, malgré toutes ses prétentions, doit accepter qu’elle n’est pas encore une organisation démocratique. Elle favorise excessivement la notion occidentale de démocratie en tant que système de gouvernement qu’elle aide à enfoncer dans la gorge des nations en développement. Alors qu’elle s’efforce de maintenir l’équilibre dans les affaires mondiales, elle doit également s’attaquer à l’injustice que constitue le fait que cinq membres dits permanents disposent d’un droit de veto leur permettant d’annuler les décisions prises par 193 membres. En ce jour, nous l’exhortons à se résoudre à revoir l’ordre économique mondial, qui est biaisé au détriment des pays en développement, et notamment de l’Afrique.

Ce continent est pauvre parce que les Nations unies ferment les yeux sur les accords commerciaux qui appauvrissent les populations.

*Source : https://leadership.ng/editorial-africa-on-un-day/

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