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Economie : promotion du label Made In Gabon

Une quarantaine de jeunes entrepreneurs s’est réunie du 9 au 11 décembre à Libreville, pour trouver un nouveau souffle à l’économie du pays, et ce à travers la promotion du Made In Gabon. A l’initiative de Cédric Bekalé, lauréat du Grand Prix de l’Excellence 2015 dans la catégorie Diaspora, tous appellent à défendre le jeune label.

Des raisons d’espérer

Le Gabon dans sa marche vers la diversification de l’économie et la « labélisation » de ses produits et services peut compter sur le secteur agro-alimentaire, tenu majoritairement par les femmes, qui s’essaient tant bien que mal à la commercialisation de produits finis issus de leurs récoltes. « Tous nos produits alimentaires sont fabriqués à base des cultures locales. Nous avons réussi à placer nos marques dans les grands magasins de Libreville. La FAO nous a beaucoup soutenus grâce aux séminaires de formation sur la gestion managériale et le marketing », souligne Anne Marie Mbot, tenancière d’une entreprise de fabrication et de vente des produits alimentaires 100% gabonais. De nombreux jeunes se sont aussi lancés sur ce secteur manifestement porteur d’espoir, à l’image de Ndong Mba, exposant au salon, pour qui « la forte mobilisation des petits opérateurs économiques à ce premier Salon du Made In Gabon (SMIG) donne des raisons d’espérer que le secteur privé devienne un levier important de croissance. »

Des défis énormes malgré de bonnes intentions

« La volonté seule ne suffira pas pour amener les produits Made In Gabon à un niveau très élevé sur le plan national et continental. Nous avons de gros problèmes pour avoir accès au financement. Il faut des moyens pour arrimer nos produits aux standards internationaux et aller à la conquête d’autres marchés, aussi bien en Afrique qu’à l’extérieur du continent. Le marché local est très étroit », a fait remarquer Christophe Eneme, sérigraphe et peintre. L’auteur de la célèbre bande dessinée « Les Gabonitudes », Lybeck, estime pour sa part que la promotion des produits Made In Gabon est une bonne chose « mais qu’il faut travailler dur » pour faire accepter les marques locales aux consommateurs.

« Il faut promouvoir les normes internationales », Radia Garrigues

Le Gabon ne vit pas en autarcie et les opérateurs économiques du pays, s’ils veulent s’exporter doivent impérativement selon Nadia Garrigues, directrice exécutive de JA Gabon,  travailler davantage, afin que leurs productions passent l’épreuve de la  qualité. Une grande exigence sur les marchés internationaux. Elle pense d’ailleurs que les promoteurs des marques Gabon devraient commencer dans un premier temps à être plus présents sur le marché local avec des produits respectant toutes les normes du commerce mondial.  Cet objectif est loin d’être atteint avec la prédominance des produits made in China ou de la zone de l’UE.

Changer les habitudes de consommation 

« C’est une bonne initiative de la part des jeunes Gabonais de faire la promotion des produits locaux. Depuis longtemps on a toujours pensé que les marques importées sont de meilleure qualité. Il faut maintenant casser le paradigme, afin que les consommateurs développent une préférence pour le Made In Gabon », a souligné Ralph Nguimbi, PDG d’un cabinet spécialisé dans le placement du personnel. Il ajoute : «  Il faut d’abord faire la promotion de nos produits à l’intérieur du pays, pour faire changer les habitudes des consommateurs. Nous devons être les premiers à acheter les produits fabriqués par nos compatriotes.  Les marques qui auront le succès à l’intérieur du pays trouveront certainement des facilités d’exportation. »

Chercher de nouveaux marchés

Pour la première fois, les opérateurs économiques locaux sont aussi rentrés dans la promotion de l’énergie propre – un marché en plein essor, mais encore bien timide au Gabon où la production de l’énergie n’est pas toujours suffisante. Ballé Dominique, la locomotive gabonaise de ce mouvement « de lumière », était présente au SMIG. Son ambition est d’apporter l’énergie dans les zones les plus reculées du pays à travers des équipements solaires Made In Gabon. « Mon projet  est né d’un triple constat : de trop nombreux accidents domestiques à cause des lampes ; l’interruption intempestive des activités économiques due aux délestages ; la brièveté du temps d’études le soir pour les apprenants. »

Les initiateurs du premier Salon Made In Gabon ont eu le mérite d’avoir suscité chez les opérateurs économiques locaux, l’envie de créer leur marque et de s’exporter hors des frontières. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, avant que le label Made In Gabon trouve véritablement sa place dans les grandes surfaces commerciales du pays et dans les marchés internationaux.


 

Auteur : Pierre Eric Mbog Batassi

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