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Dr. Akinwumi A. Adesina « L’Afrique ne doit pas être un musée de la pauvreté! »

Les besoins d’adaptation au climat de l’Afrique sub-saharienne sont estimés à 331 milliards de dollars. En outre, les défis croissants liés à la guerre en Ukraine, ont créé encore plus de difficultés et une crise alimentaire qui se profile à l’horizon. Il y a tout lieu d’être très inquiet !…*

L’Afrique est malmenée par le changement climatique. La semaine dernière encore, des centaines de personnes sont mortes dans le KwaZulu Natal à cause des inondations. Permettez-moi de saisir cette occasion pour présenter nos condoléances et notre sympathie au peuple et au Gouvernement d’Afrique du Sud.

De plus, la hausse des températures affecte les exploitations agricoles du continent.

« Les besoins d’adaptation au climat de l’Afrique sub-saharienne sont estimés à 331 milliards de dollars »

Les besoins d’adaptation au climat de l’Afrique sub-saharienne sont estimés à 331 milliards de dollars. En outre, les défis croissants liés à la guerre en Ukraine, ont créé encore plus de difficultés et une crise alimentaire qui se profile à l’horizon.

Il y a tout lieu d’être très inquiet !

Le prix du blé a augmenté de plus de 60 % et en Afrique de 45 % en moyenne. Le coût du pain est désormais hors de portée de nombreux Africains. Les prix des engrais ont augmenté de 300 %. Le continent est également confronté à une pénurie d’engrais de deux millions de tonnes métriques. Si cette pénurie n’est pas comblée rapidement, la production alimentaire diminuera de 20 % et le continent perdra plus de 11 milliards de dollars en valeur de production.

Associée à la hausse des prix de l’énergie, l’inflation monte en flèche, érodant le pouvoir d’achat des consommateurs et plongeant un grand nombre d’entre eux dans la pauvreté. Si l’on n’y prend garde, nous pourrions assister à des émeutes de la faim et à des troubles sociaux et politiques.

La Banque africaine de développement, sous ma direction, est tout à fait prête à relever ce nouveau défi et d’autres, de front, avec votre soutien.

Permettez-moi tout d’abord de vous informer sur ce que nous faisons pour éviter une crise alimentaire.

Nous avons mis en place un dispositif de réponse aux crises alimentaires d’urgence. Il s’agit d’aider les pays à produire rapidement de la nourriture et à atténuer les effets de la guerre en Ukraine sur la sécurité alimentaire et l’inflation des prix alimentaires en Afrique. Le plan de 1,5 milliard de dollars servira à produire 38 millions de tonnes métriques de nourriture.

Cela comprendra 11 millions de tonnes métriques de blé, 18 millions de tonnes métriques de maïs, 6 millions de tonnes métriques de riz et 2,5 millions de tonnes métriques de soja.

La valeur totale de la production alimentaire supplémentaire est de 12 milliards de dollars.

Ce plan permettra de fournir des technologies agricoles résistantes au climat à 20 millions d’agriculteurs.

Ce plan, qui est soumis à l’approbation du Conseil d’administration de la Banque, sera déployé d’ici la fin mai et couvrira tous les pays membres régionaux, y compris les pays FAD et les pays BAD.

Nous travaillons en étroite collaboration avec la Commission de l’Union africaine pour l’exécution de ce plan.

L’un des principaux obstacles à la réalisation de cet objectif est la grave pénurie d’engrais. La Banque va déployer son Mécanisme de financement des engrais en Afrique pour aider les pays à obtenir des financements commerciaux et des garanties pour importer et distribuer des engrais.

J’en appelle à votre soutien ainsi qu’à celui des Administrateurs pour une approbation rapide du plan. Le temps ne joue pas en notre faveur, pas plus qu’il ne joue en votre faveur.

Nous devons éviter cette crise alimentaire imminente.

« Si des mesures urgentes ne sont pas prises, l’insécurité croissante sapera la croissance et les investissements à long terme en Afrique en raison des effets de contagion dans plusieurs pays »

Les défis auxquels l’Afrique subsaharienne est confrontée ne sont nulle part aussi graves que dans les économies fragiles et à faible revenu des pays FAD. Dans plusieurs cas, la situation est complexifiée par une insécurité croissante. Pour les pays du Sahel tels que le Tchad, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, y compris leurs frontières communes avec le Nigeria, les dépenses militaires ont augmenté très rapidement, déplaçant le financement du développement.

Globalement, les dépenses militaires pour la sécurité en Afrique s’élevaient à plus de 33,3 milliards de dollars en 2020. Pour les pays du G5 Sahel, cela a augmenté d’environ 1000 % (989 %) au cours des deux dernières décennies, passant de 0,2 milliard de dollars en 2000 à 1,7 milliard de dollars en 2020.

Aujourd’hui, 14 pays africains fragiles partagent 80 frontières avec d’autres pays, de sorte que la quasi-totalité des 1,3 milliard d’habitants de l’Afrique sont, d’une manière ou d’une autre, touchés par l’insécurité. Rien que l’année dernière, l’Afrique a connu 18 000 conflits, avec plus de 32 millions de réfugiés. Aucune région du continent n’a été épargnée. C’est pourquoi, dans le cadre de la reconstitution des ressources du FAD-16, nous faisons pression pour obtenir davantage de ressources afin d’accélérer la croissance économique de ces pays et de les aider à relever les défis de l’insécurité. Si des mesures urgentes ne sont pas prises, l’insécurité croissante sapera la croissance et les investissements à long terme en Afrique en raison des effets de contagion dans plusieurs pays.

La Banque africaine de développement travaille également en étroite collaboration avec l’Union africaine sur la conception d’obligations indexées sur la sécurité, également connues sous le vocable « SIIB ». Ces obligations seront utilisées pour lever des fonds sur les marchés financiers afin de soutenir les pays africains, de s’attaquer aux causes profondes des conflits, de réparer les infrastructures endommagées dans les zones touchées par les conflits, d’améliorer l’accès aux services de base et de moderniser les infrastructures sociales.

Après l’approbation du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine de février 2022, qui a donné à la Banque africaine de développement le feu vert pour procéder à la mise en place d’obligations indexées sur la sécurité en collaboration avec la Commission de l’Union africaine, le travail a commencé sérieusement et nous espérons avoir un plan dans les six prochains mois.

Une conférence conjointe avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine est prévue en juin, au cours de laquelle les premières discussions sur l’instrument auront lieu. Il est important que tous les ministres des Finances participent à cet événement, étant donné les liens évidents entre sécurité, investissement, croissance et développement.

Le Groupe de la Banque africaine de développement explore plusieurs pistes pour augmenter les ressources des pays membres.

Les négociations pour la 16e reconstitution des ressources du FAD sont en cours.

Conformément à la résolution de l’Union africaine de février 2022, les chefs d’État et de gouvernement ont appelé à « une 16e reconstitution substantielle du Fonds africain de développement pour lui permettre de répondre aux besoins croissants du continent ».

Le moment est en effet venu d’augmenter substantiellement les ressources du Fonds, afin de canaliser, par le biais de cette plateforme de développement éprouvée, les ressources nécessaires aux pays africains pour relever les multiples défis auxquels ils sont confrontés.

« Il est nécessaire de disposer d’une plus grande flexibilité pour permettre aux pays FAD d’accéder à davantage de ressources »

Cette année, le FAD célèbre son 50e anniversaire, et pour répondre aux besoins croissants et urgents des pays qu’il sert, le Groupe de la Banque a proposé un objectif audacieux et porteur de transformation de 15 milliards de dollars, plus 13 milliards de dollars de financement climatique. Ce ne sera pas une négociation facile étant donné les défis auxquels les pays donateurs du FAD sont confrontés, notamment avec la guerre en Ukraine. Par ailleurs, s’appuyer uniquement sur des fonds concessionnels pour le FAD n’est plus prévisible et ne fournit pas non plus les ressources à l’échelle nécessaire pour accélérer la croissance et le développement des pays FAD.

Il est nécessaire de disposer d’une plus grande flexibilité pour permettre aux pays FAD d’accéder à davantage de ressources. C’est pourquoi nous avons développé l’option de levier de marché du FAD, afin d’utiliser les fonds propres existants du Fonds pour obtenir davantage de ressources sur les marchés des capitaux.

Avec ses 25 milliards de dollars de fonds propres, le Fonds peut mobiliser 36 milliards de dollars sur le marché financier à moyen et long terme et fournir jusqu’à 6 milliards de dollars supplémentaires pour chaque cycle de reconstitution, à l’avenir. Cela fera une différence spectaculaire dans l’ampleur du travail du FAD et dans sa capacité à générer un impact encore plus grand sur le développement.

En élargissant leur pool de ressources, les pays FAD seront en mesure d’accroître leur accès aux dons et aux financements concessionnels aux conditions existantes, et pourront en outre accéder à davantage de ressources à des conditions modérément concessionnelles. Cela contribuera grandement à la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des objectifs de développement durable.

Il s’agit d’un besoin extrêmement urgent, car ces pays doivent avoir un rythme de croissance et de développement plus rapide.

La pandémie de COVID-19 a entraîné, au cours des deux dernières années, la perte de 26 à 31 millions d’emplois dans les seuls pays du FAD.

Si la tendance actuelle se poursuit, la part de l’Afrique parmi les pauvres du monde atteindra 90 % d’ici 2030. Et huit des pays les plus pauvres au monde sont des pays FAD en Afrique.

L’Afrique ne doit pas être un musée de la pauvreté.

Face à la restriction inédite des financements concessionnels, il devient tout aussi urgent d’autoriser le FAD à aller sur le marché et à tirer parti de ses capitaux propres.

Les résultats du Fonds sont probants. Au cours des cinq dernières années seulement, il a permis de raccorder 15,5 millions de personnes à l’électricité, d’offrir à 74 millions de personnes un accès à une agriculture améliorée, de renforcer la sécurité alimentaire sur le continent, de permettre à 50 millions de personnes d’avoir accès aux transports grâce à la construction de 8 700 kilomètres de routes et de donner à 42 millions de personnes un accès à une eau et à un assainissement améliorés. 

Une reconstitution substantielle et transformatrice du FAD-16 devrait permettre d’engranger beaucoup plus de résultats : un accès à l’électricité pour 26,2 millions de personnes ; une agriculture améliorée au profit de 32,6 millions de personnes  ; l’accès de 2,9 millions de personnes à des financements grâce aux sociétés d’investissement ; des services de transport offerts à 19,8 millions de personnes ; et des services d’eau et d’assainissement améliorés mis à disposition de 43,1 millions de personnes. 

Selon le Global Center for Development, le FAD occupe en 2021, la deuxième place des meilleures institutions de financement concessionnel dans le monde sur 49 institutions multilatérales et bilatérales, pour la qualité de son aide au développement.

Et je dois ajouter que le FAD a devancé l’IDA de la Banque mondiale alors qu’il ne dispose que de ressources modiques, comparé à cette institution.

Il est temps de remédier à cette situation en dotant le FAD de ressources suffisantes pour financer plus efficacement ses pays bénéficiaires.

Pour cela, il faudra urgemment modifier l’Accord portant création du FAD afin de lever l’interdiction d’emprunts et de prêts à des conditions non concessionnelles et permettre ainsi au FAD de s’aligner sur ses homologues des autres institutions financières multilatérales et internationales. 

Les chefs d’État et de gouvernement africains sont à l’avant-garde. Lorsque je suis intervenu devant eux au Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine en février, ils ont appelé à « l’amendement de l’Accord portant création du Fonds africain de développement, afin de lui permettre de lever des ressources sur le marché financier au profit des pays africains fragiles et des États en transition ». 

À présent, je vous invite, en votre qualité de gouverneurs de la Banque, à vous rallier fermement, individuellement et collectivement, à la volonté du Groupe de la Banque de réaliser cet objectif. 

Vous pouvez le faire de diverses manières. Il s’agira pour vous :

  • En premier lieu, de demander à vos Administrateurs de voter en faveur de la modification des statuts du Fonds, à la suite des chefs d’État et de gouvernement ;
  • En deuxième lieu, de publier collectivement une déclaration de soutien à une reconstitution substantielle du FAD-16 ;
  • En troisième lieu, de publier une déclaration autorisant le FAD à accéder aux marchés de capitaux et à tirer parti des capitaux propres accumulés dans ses bilans au cours des 50 dernières années, comme l’ont également demandé les chefs d’État et de gouvernement ;
  • Enfin, de plaider collectivement et fermement en ce sens lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement en mai, et dans vos interactions avec les bailleurs de fonds non régionaux du FAD, ici, pendant les présentes Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale.

La Banque africaine de développement continue de chercher des solutions techniques qui lui permettraient de recevoir et de tirer parti des DTS. Ces ressources lui permettront d’accélérer davantage la croissance et le développement de l’Afrique. Conformément à la résolution des chefs d’État et de gouvernement africains, un appel a été lancé pour qu’une partie des DTS réaffectés à l’Afrique soit fournie et acheminée par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement.

« En plus d’être la seule institution financière africaine de premier plan, la Banque africaine de développement est la seule institution financière notée AAA en Afrique et détentrice agréée de DTS par le FMI »

Comme vous le savez, en plus d’être la seule institution financière africaine de premier plan, la Banque africaine de développement est la seule institution financière notée AAA en Afrique et détentrice agréée de DTS par le FMI.

Ce positionnement unique permettra à la Banque africaine de développement de mobiliser 3 ou 4 fois plus de DTS et de proposer davantage de financements à long terme et abordables pour répondre aux besoins en matière de développement des pays africains. Il nous permettra également de contribuer au financement et à la capitalisation d’autres banques de développement et institutions financières en Afrique, dont la plupart ont été créées et lancées par la Banque africaine de développement. 

Jusqu’à présent, la Banque n’a pas été en mesure d’obtenir ces DTS. Plusieurs problèmes ont ralenti les progrès en la matière :

Tout d’abord, en vertu des règles de la Banque centrale européenne (BCE) sur « l’interdiction du financement monétaire », les États membres européens ne peuvent prêter leurs DTS qu’au FMI.

Ensuite, il y a des problèmes techniques à résoudre. La plupart des pays, sinon tous, sont tenus par le FMI de garantir la nature d’actif de réserve des DTS qui leur sont alloués. En d’autres termes, s’ils prêtent leurs DTS à la Banque ou à d’autres banques multilatérales de développement, les instruments par lesquels ils le font doivent garantir que les DTS restent liquides et appelables en cas de besoin. En outre, la qualité de crédit des instruments doit être maintenue à un niveau élevé. 

La Banque africaine de développement a été le fer de lance des efforts déployés pour également mettre les DTS à la disposition des banques multilatérales de développement, en étroite collaboration avec la Banque interaméricaine de développement. 

La Banque africaine de développement a proposé plusieurs approches qui répondent très bien à ces préoccupations.

Dans notre proposition, qui fait l’objet de discussions avec le FMI et les donateurs potentiels, nous veillerons à préserver la nature d’actif de réserve des DTS. Nous avons également modelé la liquidité du cadre que nous proposons sur le modèle PRGT/RST, et ce, de façon à permettre aux prêteurs de DTS de racheter tout ou partie de leur prêt en cas de problèmes de balance des paiements (connu sous le nom de régime d’encaissement du PGRT/RST). Ces caractéristiques permettraient aux donateurs volontaires de DTS de les acheminer par l’intermédiaire de la Banque africaine de développement.

Je voudrais vous demander de continuer à plaider fermement en faveur de l’acheminement des DTS par les banques multilatérales de développement et, dans le cas de l’Afrique, par la Banque africaine de développement, conformément à la résolution prise en février dernier par les chefs d’État et de gouvernement africains.

« La Banque africaine de développement est l’instigatrice d’autres initiatives majeures visant à relever les défis financiers et économiques qui se posent aux économies africaines »

La Banque africaine de développement est l’instigatrice d’autres initiatives majeures visant à relever les défis financiers et économiques qui se posent aux économies africaines.

Comme vous le savez, les chefs d’État et de gouvernement africains ont salué le leadership de la Banque africaine de développement, qui a été à l’origine de la création du Mécanisme africain de stabilité financière. 

Le Mécanisme africain de stabilité financière, défendu par la Banque africaine de développement, a pour objectifs de : 

Soutenir les pays membres régionaux présentant des déséquilibres temporaires de leur balance des paiements ;

Contribuer à éviter les défaillances dues à une pénurie de liquidités en octroyant des financements à des conditions financières avantageuses aux pays peu liquides susceptibles d’être confrontés au surendettement ; 

Mettre à disposition une plateforme en vue d’une restructuration ordonnée de la dette ; 

Limiter les effets de débordement liés au surendettement ;

Favoriser des politiques durables, y compris le développement des marchés financiers nationaux afin de prévenir l’accumulation future de la dette.

J’ai le plaisir de vous annoncer que l’initiative a reçu un large soutien des banques centrales et des ministères des Finances, du Plan et du Budget des 54 pays africains. 

L’initiative a également reçu un appui massif des dispositifs financiers régionaux, notamment le Fonds monétaire arabe, le Mécanisme européen de stabilité et le Fonds de réserve latino-américain qui apporteront tous une assistance technique dans la conception du Mécanisme africain de stabilité financière.   

Nous avons nommé un groupe de 13 experts mondiaux de premier ordre pour diriger la conception du Mécanisme africain de stabilité financière, dont des ministres des Finances en Afrique, notamment : le ministre Tahi Hamid Ngulin (président du groupe des ministres des Finances du F15) et le ministre Ken‑Ofori‑Attah du Ghana. 

Je suis ravi que la session ordinaire de l’Union africaine ait permis d’appeler à la création du Mécanisme africain de stabilité financière et de demander à la Commission de l’Union africaine et à la Banque africaine de développement de joindre leurs efforts à ceux de toutes les parties prenantes concernées pour accélérer l’opérationnalisation du mécanisme et sa croissance. 

Les travaux avancent sur la question, en étroite collaboration avec la Commission de l’Union africaine.

Mesdames et Messieurs les ministres et les gouverneurs, permettez-moi de conclure sur sept doléances. Il s’agira pour vous :

En premier lieu, de soutenir fermement la reconstitution du FAD-16 et de démontrer cet engagement par la publication d’un communiqué à l’issue de la présente réunion pour soutenir pleinement la Banque africaine de développement dans ses efforts en faveur d’une reconstitution substantielle du Fonds.

En deuxième lieu, de veiller à ce que le Fonds africain de développement soit autorisé à accéder aux marchés mondiaux pour tirer parti de ses capitaux propres et éviter ainsi une marginalisation du FAD par rapport à des fonds assimilés tels que l’IDA de la Banque mondiale, à d’autres banques multilatérales de développement et à des institutions financières internationales, comme le FIDA.

En troisième lieu, de faire pression, individuellement et collectivement, lors des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement prévues en mai, pour amener tous les gouverneurs à décider collectivement d’autoriser le FAD à aller sur le marché pour tirer parti de ses fonds propres et lever des ressources nettement plus importantes pour les États africains fragiles et à faible revenu.

En quatrième lieu, de plaider auprès du FMI et des pays développés pour un réacheminement de leurs DTS pour l’Afrique par le biais de la Banque africaine de développement — conformément à la résolution des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.

En cinquième lieu, de soutenir fermement les travaux devant aboutir à la mise en place du Mécanisme africain de stabilité financière.

En sixième lieu, d’accompagner fermement la Banque africaine de développement et l’Union africaine dans la conception des obligations d’investissement indexées sur la sécurité.

Enfin, et de toute urgence, de soutenir fermement le Plan africain de production alimentaire d’urgence de la Banque africaine de développement et de l’Union africaine, de travailler en étroite collaboration avec elles et les ministres de l’Agriculture pour assurer un déploiement rapide du Plan et de plaider pour rallier les partenaires de développement à cet effort dirigé et pris en main par l’Afrique à l’effet d’atténuer les crises alimentaires.

Je reste sensible au soutien indéfectible de la Commission de l’Union africaine à cet égard, en particulier celui des ministres des Finances du F15 et du Comité technique spécialisé de l’Union africaine sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration.

*Discours au Groupe F15 des ministres des Finances de l’Union africaine par Dr. Akinwumi A. Adesina Président, Groupe de la Banque africaine de développement – Washington DC, le 21 avril 2022

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