Le dossier du mois

Etude Digital « Les femmes peuvent changer le monde »

A l’occasion de la 7éme édition de la Journée de la femme digitale, qui se tenait le 17 avril à Paris, une étude inédite sur la présence des femmes dans le secteur du digital, révèlent des enseignements et des leviers d’actions concrètes pour renforcer la représentation des femmes dans les métiers du numérique, qu’elles soient entrepreneures ou intrapreneures.

Par Bilkiss Mentari

« Les femmes peuvent changer le monde, assurait Delphine Remy-Boutang, co-fondatrice de la Journée de la femme digitale, dont la dernière, et septième édition, se tenait à Paris le 17 avril. Et pour le faire, elles ont, au même titre que les hommes, un outil extraordinaire entre les mains : le digital ». Sauf que, pour l’heure, elles sont largement sous-représentées dans le secteur. Ce que révèle une étude exclusive co-réalisée avec Capgemini Invent. Intitulée « Elles changent le monde », et présentée à l’occasion de la JFD, l’étude révèlent des enseignements et des leviers d’actions concrètes pour renforcer la représentation des femmes dans les métiers du numérique, qu’elles soient entrepreneures ou intrapreneures.

« Contrairement à̀ l’idée reçue selon laquelle les formations techniques rebuteraient les femmes, elles sont de plus en plus nombreuses à̀ vouloir approfondir leurs compétences techniques, en particulier sur les sujets lies au digital »

L’enquête, menée pendant un mois auprès de plus de 1100 participants dont 85% de femmes évoluant dans le secteur du numérique ainsi que le témoignage d’une dizaine d’entrepreneur.e.s et d’intrapre- neur.e.s, est articulée autour de 3 axes structurels : la formation, la confiance et le financement. Ainsi, contrairement à̀ l’idée reçue selon laquelle les formations techniques rebuteraient les femmes, elles sont de plus en plus nombreuses à̀ vouloir approfondir leurs compétences techniques, en particulier sur les sujets lies au digital. 65% d’entre elles placent le coaching en tête de liste, devant les MBA ou autres exécutive programs. « Une particularité́ qui s’explique par l’importance – pour les femmes – du lien humain et personnel sur le long terme » peut-on lire sur l’étude.

« Elles s’autocensurent plus que les hommes quant aux montants demandés, au risque de freiner le développement de leur projet »

Par ailleurs, les femmes savent que le recours au financement permet d’accélérer leurs projets, mais elles s’autocensurent plus que les hommes quant aux montants demandés, au risque de freiner le développement de leur projet. 50% ont déjà̀ eu recours à une demande de financement ou vont le faire dans les 6 prochains mois. Pour 62%, leur demande est inférieure à 250 000€ alors qu’elle est supérieure à 250 000 € pour 60% des hommes. « Pour autant les femmes sont convaincantes dans leur démarche car seulement 6% essuient un refus. »

L’étude, qui fait également une série de recommandation, invite les femmes à « monter d’un cran leur niveau d’ambition en : diversifiant leurs sources de financement en osant solliciter les Business Angels et les fonds de capitaux, au-delà̀ des « traditionnels » prêts bancaires et subventions d’état ; en se faisant aider, notamment par des associés ou collaborateurs masculins plus rompus à l’exercice. »

« Un changement des mentalités si ce n’est une prise de conscience collective est nécessaire »

« Un changement des mentalités si ce n’est une prise de conscience collective est nécessaire. Il est important d’agir pour favoriser une plus grande mixité́ dans le digital, qui engendre de facto une croissance économique : plus de 9 milliards d’euros sur le PIB européen, selon la Commission Européenne » exhorte Delphine Remy-Boutang. Ce qui est précisément la vocation de la JFD. Un évènement dont l’ambition est d’inspirer et d’encourager les femmes à oser, innover et entreprendre. Concentré de rencontres, de partages de savoirs et d’expériences, la Journée de la Femme Digitale valorise avec bienveillance la synergie des talents et la prise d’initiatives de femmes et d’hommes d’aujourd’hui. Laquelle, sera pour la première fois déclinée dans une édition africaine, le 13 juin à Dakar. « Depuis 7 ans, nous aidons à tendre vers plus de parité́ et d’égalité́. Nous restons persuadés que chacun à son niveau à le pouvoir de changer le monde. Les femmes que nous mettons à l’honneur le 17 avril à̀ Paris et le 13 juin à̀ Dakar, écrivent le futur, agissent pour une société́ numérique inclusive, forment aux grands enjeux de demain. »

En attendant, 1/3 des femmes interrogées ont pensé́ à devenir Business Angel sans avoir encore sauté le pas. Ce qui révèlent une volonté de transmettre le flambeau…  

Consulter l’étude : https://lajourneedelafemmedigitale.fr/wp-content/uploads/2019/04/EtudeJFD19.pdf