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Diasporas Le Gotha noir, un outil pour révéler le potentiel de la diaspora

L’édition 2019-2020, du Gotha noir est sortie. Plus de 500 portraits de personnalités de la diaspora africaine, de France mais également d’Europe, invitée à « se révéler » et se mobiliser en faveur du développement du continent. C’est la vocation du Club Efficience, lequel œuvre depuis 2012 pour fédérer, à travers une approche socio-économique, la diaspora. Et cette année, il franchit un cap avec le lancement de l’Efficience Africa Fund…

Par DBM

« Comment transformer cette double absence, à la dois dans nos pays d’origine et d’accueil, en double présence ? » A travers cette question, le Dr Elie Nkamgueu, Président Fondateur du Club Efficience, résume l’essence même de l’organisation. « Depuis 2012, le club travaille sur une approche socio économique, nous ne sommes pas dans l’humanitaire ! » souligne-t-il avant d’évoquer les « deux levers » d’intervention du club : « Le premier, fédérer la diaspora. Nous avons des réussites individuelles, il nous manque les réussites collectives. Le second, promouvoir l’excellente. » A travers notamment le Gotha noir, ce who is who des personnalités noires, originaires d’Afrique mais aussi des Dom Tom, établies en France, Belgique, Grande Bretagne ou ailleurs en Europe, plus au moins connues, au parcours exemplaires. Et pour l’édition 2019-2020, présentée le 8 février à l’Hôtel Intercontinental, à Paris, devant près de 400 invités, plus de 500 portraits de personnalités qui rappellent la diversité et la richesse d’une communauté invitée à « se révéler » et se mobiliser en faveur du développement du continent.

«  Démontrer que nous avons notre place au sein de cette société »

Parmi lesquelles, Pape Diouf, le « prototype même du Gotha noir », selon ses propres termes. Celui qui reste le seul noir à la tête d’un club de football français, l’Olympique de Marseille de 2005 à 2009, met en garde. « Il ne faut pas se tromper de combat. » Evoquant un problème d’ « ignorance » plus que de racisme, il confie: « Aujourd’hui à Marseille, je suis un marseillais comme les autres parce que j’ai démontré, pendant cinq ans, que j’étais capable d’en faire autant que les prédécesseurs, ni mieux ni moins bien. » Avant de déplorer toutefois : « Quand on regarde la société française, les sociétés du CAC 40, aucune ne compte à sa tête un noir ou un  arabe, comme les gouvernements de la Vème, aucun ministère régalien, que du saupoudrage. Il y a près de 40% de noirs dans les championnats et aucun à la tête des clubs, c’est qu’il y a un vice de forme, un système qui produit des Laurent Blanc. » D’où l’importance de «  mener un travail de terrain, car le livre n’est pas suffisant, pour démontrer que nous avons notre place au sein de cette société. »

« On a tendance à montrer les noirs de France comme un bloc homogène, ce que contredit le gotha noir. »

L’activiste et essayiste Rokhaya Diallo, elle aussi dans les pages du gotha noir, lui accorde le mérite de révéler la diversité de « la communauté noire de France ». « On a tendance à montrer les noirs de France comme un bloc homogène, ce que contredit le gotha noir. » Entrepreneur Belgo-

Camerounaise, Stella Bida affirme : « c’est un instrument pour révéler le potentiel de la diaspora. »

« La 2ème et 3ème  génération est beaucoup plus panafricaine, elle est capable d’aller travailler et investir dans n’importe quel pays du continent. L’avenir c’est eux ! »

Destiné accessoirement, selon la vision du Dr Nkamgueu, à « favoriser l’émergence de ces jeunes. Cette jeunesse influente dont nous attendons beaucoup. La diaspora brille par sa double culture. Nous, la première génération, avons encore un lien avec l’Afrique, mais la 2ème et 3ème  génération est beaucoup plus panafricaine, elle est capable d’aller travailler et investir dans n’importe quel pays du continent. L’avenir c’est eux ! »

Et pour mieux les accompagner, le Club lance l’Efficience Africa Fund, un programme d’investissement mobilisant l’épargne de la diaspora afro-française pour l’investir dans les petites et moyennes entreprises du continent africain. Efficience Africa Fund 1 sera le premier véhicule d’investissement d’un programme d’investissement doté à terme de 50 millions d’euros. « En 2017, la diaspora était le premier bailleur de fond en Afrique. Ses transferts en direction de l’Afrique représentait le double de l’aide au développement (29 milliards de dollars) et plus que les investissements directs étrangers. Mais cela, nous même n’en n’avons pas conscience. Cet argent aide nos familles mais pas nos pays. Il s’agit d’en prendre, une petite partie, pour l’orienter vers du capital productif et transformer le continent, améliorer la qualité de vie des populations, en créant de la valeur, des emplois, de la richesse. »

En attendant, les bénéfices des ventes du Gotha Noir Européen permettront de financer les Bourses d’Excellence de jeunes étudiants.

Pour en savoir plus : https://club-efficience.com