Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!
Actualité

Diaspora Pierre De Gaétan Njikam « La JNDA, le lieu où s’affermit la conscience aiguë d’une diaspora africaine engagée »

Le rendez-vous annuel des compétences et des talents de la diaspora africaine en France, la JNDA, revient, du 11 au 13 avril, à Bordeaux, pour sa septième édition. Une initiative portée par Pierre De Gaétan NJIKAM, 3ème Adjoint au Maire de Bordeaux chargé du quartier Bordeaux Maritime, des Partenariats avec l’Afrique et de la Francophonie. Interview.

Du 11 au 13 avril prochain se tient la septième édition de la JNDA. Rappelez-nous le concept de cet évènement …

Les « Journées Nationales des Diasporas Africaines’, en abrégé JNDA, s’offrent comme le lieu où s’affermit la conscience aiguë d’une diaspora africaine engagée. Engagée pour être à l’initiative, ou être partie prenante, des solutions aux « questions africaines ». Engagée aussi, en France même, pour assumer pleinement les défis de sa citoyenneté aux plans notamment politique, économique, culturel et social.

A travers la promotion des diasporas africaines, il s’agit, de repenser les relations entre la France et l’Afrique. A l’image de Bordeaux, une ville qui a fait face à son histoire et où le vivre ensemble redevient possible ?

Oui, à l’évidence…l’émergence ou l’affirmation du « Sujet » diasporique africain est une nouvelle donne dans la manière de de penser et d’organiser la relation entre la France et le continent africain.  Les diasporas africaines sont devenues de fait, voire de droit, des acteurs de la relation « Afrique-France », et ce par leur nombre, leurs compétences ou leurs talents professionnels, leur présence de plus en plus visible sur la scène politique française, voire africaine (« repat » ou « returnies »…) et leur poids dans les échanges et flux économiques entre la France et le continent africain. 

Bordeaux que l’histoire – depuis des siècles…- et la géographie ont définitivement lié à l’Afrique ambitionne d’être le territoire de référence d’une relation forte et signifiante plongée autour des défis et des enjeux contemporains. Les diasporas africaines sont autant une part de l’identité bordelaise qu’un « trait d’union » entre notre ville, notre région et les territoires africains. Elles participent donc à notre « vivre ensemble » bordelais et à notre action internationale. 

Un rôle que vous même, franco-camerounais, militant de la première heure, aujourd’hui maire adjoint, vous jouez ? 

M’inscrivant, autant que faire se peut, dans la longue tradition du leadership de la diaspora africaine de France, je me suis engagé aux côtés d’Alain Juppé pendant près de 20 ans pour que Bordeaux prenne toute sa part dans la redéfinition de cette relation franco-africaine et pour un agenda franco-africain marqué par une vision partenariale. Et aussi pour que valorise davantage les compétences et talents de sa diversité culturelle dans tous les secteurs de la vie politique, économique et culturelle.

C’est le sens des missions que j’ai exercées au sein du Cabinet d’Alain Juppé pendant une dizaine d’années, autour de la diversité, des questions mémorielles, du dialogue interreligieux et des relations avec l’Afrique subsaharienne, et des responsabilités que j’assume aujourd’hui aux côtés du nouveau maire de Bordeaux, Nicolas Florian, comme 3ème Adjoint en charge de Bordeaux Maritime, le quartier le plus « grand » et « emblématique » de Bordeaux, et aussi des Partenariats avec l’Afrique (toute l’Afrique…) et de la Francophonie. Il y a un peu de l' »afroresponsabilité »… 

Mais je reste conscient que je suis en même temps, et d’abord, sur un plan politique, un Élu bordelais plongé toutes les semaines dans les problématiques de proximité…

Les diasporas africaines n’auront jamais été aussi à l’honneur en France. Il y a une prise de conscience, des deux côtés, autrement dit autant des autorités françaises qu’africaines, de l’impact qu’elles peuvent avoir, dans leur pays d’origine comme d’ailleurs ? 

Oui et, plus qu’une prise de conscience, c’est que nous sommes passés, si l’on peut dire, du « fait » diasporique africain à la « valeur » diasporique africaine. En Afrique et en France, les diasporas africaines sont prises en compte par les politiques publiques, et, au-delà de la sphère politique, elles sont de plus en considérées par les acteurs économiques, comme des « accélérateurs de croissance… »

Quelles sont les limites de cette « prise de conscience » ? Comment faire mieux pour valoriser et capitaliser sur cette présence africaine en France ? 

La précondition réside dans la prise de conscience par les diasporas africaines elles-mêmes de leur rôle et de l’environnement institutionnel et économique dans lequel celles-ci peuvent opérer ou se projeter. Le portage politique est donc essentiel en France comme sur le continent africain. Il y a besoin de réelles politiques publiques co-construites avec les diasporas ici et là-bas. Les sociétés locales doivent également être préparées ou accompagnées pour « accepter » ces politiques publiques, d’où le rôle vectoriel de l’éducation et des médias et la force des représentations des élites dirigeantes…en France comme en Afrique. 

Dans ce sens, la JNDA aura été pionnière. Que nous réserve cette nouvelle édition ? 

Oui, on peut le dire, nous avons voulu dès les premières éditions mettre exergue, avec le concours de diverses personnalités françaises et africaines, la contribution vertueuse des diasporas africaines aux sociétés africaines et françaises. 

En même temps,  à travers les débats et les manifestations organisés, à travers les thématiques évoquées, nous avons voulu mobiliser les décideurs publis et privés, mais aussi les diasporas africaines en premier, sur les enjeux et les défis que la « question diasporique africaine » engage: la place des Femmes dans le progrès de nos sociétés, l’urgence de mobiliser l’intelligence et les compétences des diasporas africaines en France et dans le monde pour le développement de l’Afrique et pour la relation Afrique-France, l’interconnexion des Jeunesses d’Afrique et de France et la mobilisation de celles-ci dans le programme de redéfinition de la relation Afrique-France, le rôle des artistes, des écrivains, du numérique, et des médias de la diaspora africaine…

D’où une programmation 2019 pleine de nouveautés, avec différents temps forts :

– le leadership féminin et la place des femmes dans les domaines du numérique et de la culture, 

– les rencontres numériques Bordeaux-Afrique pour articuler les écosystèmes numériques africaines et française,

– le campus Jeunes de France et de la diaspora africaine 

– et le 1er Congrès des Élus Engagés Pour la Relation Afrique-France, événement inédit.