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Diaspora : Le secteur privé algérien recrute

Une quarantaine d’entreprises, parmi les plus dynamiques du pays, plus de 2000 « talents », des dizaines de rencontres networking et des centaines de CV distribués. C’est le bilan du 4è salon de recrutement « Algérie », Organisé par le cabinet International Talents Network et SelectMaghreb à Paris les 10 et 11 décembre. 

« Ce que l’Algérie peut vous apportez, je ne pourrais pas réellement vous le dire, mais la question est qu’est ce que vous, vous pouvez apporter à l’Algérie ? »  Soraya Roumi, DRH de Société Générale Algérie, donne ainsi le ton des échanges qui ont animés la soirée « success story algériennes », organisée en marge du 4è salon de recrutement « Algérie », les 10 et 11 décembre à l’ESCP, à Paris. A l’initiative du cabinet International Talents Network et SelectMaghreb, l’événement a réuni plus d’une quarantaine d’entreprises, parmi les plus dynamiques du pays, et plus de 2000  talents. »

 

Un retour au bled souvent rêvé rarement concrétisé

 

En pleine transition de son modèle économique, l’Algérie en appelle plus que jamais aux Algériens de l’extérieur. Des diplômés, des entrepreneurs, des universitaires dont le savoir-faire, l’ouverture, la connaissance du marché français et/ou européen, peuvent être utiles dans un pays qui ne manque pas de potentiel mais qui reste à exploiter…  Des Français d’origine algérienne ou les Algériens installés en France qui, face au plafond de verre, envisagent parfois « le retour bled »… Un retour parfois idéalisé mais rarement concrétisé. D’où l’intérêt de la démarche. Réunir les éventuels candidats et les recruteurs. Dans le domaine du numérique notamment. « Nous sommes très en retard dans le domaine, admet Soraya Roumi. Mais la 4G vient d’arriver et avec le lancement de l’e-payement tout va aller très vite. » Autrement dit, dans un secteur en construction, les expertises acquises en France seront des plus utiles.

 

« Nous, le secteur privé algérien, nous sommes là pour vous dire que nous avons besoin de vos compétences »

 

Et pour rassurer ces derniers quant aux opportunités que leur offre l’Algérie, quoi de mieux que des parcours réussis. A l’image de celui de Soraya Roumi, « un pur produit de l’école française », qui a fait le choix, il y a dix ans et donc à tout juste trente ans, d’aller travailler en Algérie. « Alors oui, l’Algérie ce n’est pas l’eldorado, si vous pensez qu’on va vous dresser le tapis rouge, ne venez pas », poursuit Akli Brihi, Président de Schneider Electric Algérie. Lui aussi après avoir travaillé pour des majors du secteur de l’ énergie en Europe, a fait le choix du retour au pays. « Entre l’Algérie et moi, c’est une histoire d’amour. » « Nous, le secteur privé algérien, nous sommes là pour vous dire nous avons besoin de vos compétences », assure Réda Hamai, Deputy CEO chez Condor Electronics. Un des fleurons du secteur privé algérien.

 

« Travailler en Algérie ne signifie pas forcément une installation physique »

 

D’autres étaient présents à ces deux journées de rencontres consacrées à l’emploi en Algérie. Djezzy, Allegorie, Rouiba, Aebs-Tech, Icosnet, Uno, Numidis, groupe Moussaoui…. Des sociétés en plein essor qui peinent à recruter en Algérie. « Il ne s’agit pas d’aller voler le pain des Algériens, souligne Akli Brihi, mais nous manquons de profils de manageur. » « Mais les Algériens sont-ils prêts à se faire manager par nous, les fils et les filles de la diaspora » interpelle une personne dans la salle. « En terme de salaire, de conforts de vie, trouveront nous les mêmes conditions de travail en Algérie qu’en France ? » interroge un autre. « Autant de questions qui révèlent les inquiétudes des Algériens de la diaspora. « C’est sûr, face au plafond de verre en France, on y pense, aller travailler en Algérie, apporter notre savoir-faire et participer au développement du pays, c’est enrichissant, mais il ne faut pas que le rêve se transforme en cauchemar » chuchote un trentenaire dans la salle. « Travailler en Algérie ne signifie pas forcément une installation physique », indiquera Akli Brihi.

 

En effet, en marge des recrutements « directs », la rencontre avait également vocation à inviter les entrepreneurs en France à se rapprocher du marché algérien. Une autre manière de partager ses expériences et compétences avec son pays de cœur….


 

Par Dounia Ben Mohamed