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Actualité

Delphine Remy-Boutang  » La JFD est un accélérateur de croissance « 

Après une première réussie, en juin dernier, à Dakar, la Journée de la Femme Digitale revient sur le continent, en juillet en 2020. Signe de la dimension africaine que prend la manifestation dédiée à l’entreprenariat féminin dans le digital. Explications avec son investigatrice, Delphine Remy-Boutang, CEO the Bureau & la Journée de la Femme Digitale.

 

Avant de parler de 2020 et du programme de la JFEurope-Afrique, quel est votre retour sur la première édition de la JFD Afrique, à Dakar. Mission réussie ?

Totalement ! Nous avons tenu nos promesses pour cette première édition en Afrique, en accueillant près de 700 participants venus découvrir plus de 50 intervenants leaders et entrepreneurs de renom du digital. La JFD Afrique a également suscité un vif engouement des médias locaux et internationaux qui ont suivi nos deux journées à Dakar avec attention.

Nous avons mis en lumière les actrices du numérique ainsi que les femmes inspirantes de l’entrepreneuriat féminin africain : Nafissatou Diouf, fondatrice de SenVitale et Nafissatou Tine, fondatrice de Sunulex au Sénégal, Arielle Kitio, fondatrice de Caysti et Rebecca Enonchong, fondatrice d’AppsTech au Cameroun, Raodath Aminou, fondatrice d’Ileola au Bénin, ou encore Safia Mahamat Youssouf, fondatrice de Sahel Green Hub au Tchad, pour ne citer qu’elles.

Nous avons également organisé une plongée au coeur de l’écosystème digital de Dakar en organisant une Learning Expedition pour découvrir les nouveaux acteurs, incubateurs, investisseurs et accélérateurs de business qui contribuent à dynamiser l’entrepreneuriat et l’innovation au féminin au Sénégal.

 

Fort de cette réussite, vous revenez sur le continent, non seulement avec l’édition 2 de la JFD Afrique, annoncée en juillet, mais avec la création de la branche africaine de la JFD, le Club JFD Afrique ?

 

C’est grâce à la force du collectif, aussi bien à l’échelle locale qu’à l’échelle internationale que nous révélerons les défis d’une meilleure représentation des femmes dans le digital. Nous avons la volonté de nous inscrire dans une dynamique globale par la mise en relation des femmes digitales africaines et européennes. Le JFD Club a été fondé à Paris en 2016 à la suite d’un malheureux constat : les femmes réseautent très peu comparé aux hommes, alors qu’il s’agit d’un vecteur majeur de développement professionnel.

Aujourd’hui, nous lançons le premier JFD Club en Afrique, à Libreville au Gabon. Chaque mois Camélia Leclercq, notre Directrice Exécutive, organisera des événements pour dynamiser, renforcer et accélérer les opportunités de croissance des femmes digitales et entrepreneures locales.

 

Pourquoi le choix de l’installer à Libreville ?

 

Pour ce premier JFD Club en Afrique, nous avons choisi la capitale gabonaise, car le Gabon se donne les moyens de ses ambitions : devenir le leader de la digitalisation africaine. Aujourd’hui, le pays opère une mutation pour être un véritable hub numérique en Afrique central.

Le Gabon est aussi le 6ème pays le plus performant d’Afrique dans le secteur des TIC et le 1er en Afrique central et de l’ouest, selon la Banque Mondiale.

Pour réussir sa transformation digitale, le pays a intégré dans sa politique de développement la création d’entités et d’infrastructures numériques (ANINF*, ARCEP*, CAB4* projet BM et BAD) dans le but de promouvoir les technologies de l’information et de la communication (TIC) et a effectué des investissements judicieux dans le numérique grâce au prêt de la Banque mondiale qui s’élève à 110 millions de dollars.

Les femmes doivent prendre part à toutes ces initiatives, car donner aux femmes leur juste place dans le numérique, c’est donner au monde une véritable chance de relever ses grands enjeux !

 

Il sera dirigé par Camélia Leclercq…

Chef de Département Communication Economie Numérique à la Primature du Gabon, Camélia Leclercq est une experte en communication institutionnelle. Promotionnaire de l’ENA après être passée par le Celsa et Sciences-Po, elle a occupé plusieurs fonctions à hautes responsabilités pour le compte du secrétariat général et du cabinet du Premier ministre gabonais. Camélia est également Présidente du réseau des femmes Africaines diplômées de l’ENA, dont les valeurs sont sororité, solidarité et service.

Il faut aussi savoir que Camélia a été élue Présidente de la Confédération internationale des Associations Françaises et Etrangères des Anciens Elèves de l’ENA en 2019. Inspirée par la dernière édition de la JFD Afrique, sa campagne était basée sur la valorisation de la diversité, de la mixité et du leadership féminin pour un électorat à 90% masculin. Depuis 22 ans, c’est la première fois qu’une femme africaine se hisse aussi haut. Elle représente 12.000 anciens élèves étrangers en plus des français, issus de 134 pays sur 4 continents et dirige aujourd’hui le JFD Club Gabon.

 

Vous confirmez ainsi votre orientation vers l’Afrique, continent de l’entreprenariat féminin ?

Le développement de l’Afrique ne se fera pas sans les femmes, c’est certain ! Elles produisent près de 65 % du PIB de l’Afrique et sont propriétaires de 48% des entreprises en Afrique.

Nous confirmons plus que jamais nos engagements en Afrique, car en dépit du fait que les femmes entrepreneures jouent un rôle clé dans la croissance économique des pays en développement (elles représentent au moins 40% de la croissance économique), elles font encore face à de nombreux défis : environ 70 % de femmes entrepreneures (PME/PMA) dans les pays du Sud, ont des difficultés face à l’accès aux institutions financières, à la propriété, aux capitaux et à la technologie.

Dans l’ensemble, les femmes ont 14 fois moins d’opportunités de posséder un téléphone portable que les hommes, au moment où cette technologie semble être appropriée par la majorité des pays. En Afrique subsaharienne, ce taux atteint 50% de moins que les hommes pour l’opportunité d’avoir accès à Internet.

 

Dans cette ébullition de la Tech et de l’entreprenariat féminin en Afrique, qu’apporte la JFD finalement ?

 

Trois points essentiels. Tout d’abord, nous rassemblons les grands acteurs économiques mondiaux autour d’objectifs communs pour un monde digital inclusif, à travers notre JFD Manifeste par exemple.Une quinzaine de grands groupes français et internationaux se sont engagés à prendre des mesures fortes pour réduire l’impact négatif des inégalités dans la tech, non seulement sur les performances de leurs entreprises, mais aussi sur la croissance économique : Adobe France, Air France, Capgemini Invent France, Facebook France, FDJ, Google France, L’Oréal, le groupe La Poste, Lenovo, Microsoft France, Natixis, Oracle France, Orange France et Total.

Ensuite, nous sommes aussi un tremplin médiatique pour les entrepreneures que nous révélons à travers notre prix les Margaret. Nous récompensons des femmes digitales porteuses de nouveaux projets innovants au service d’un monde meilleur. Nous avons révélé et fait bénéficier à de nombreuses femmes entrepreneures et intrapreneures de notre influence médiatique.

Et pour finir, la JFD est un accélérateur de croissance. Nous favorisons les synergies entre les entrepreneures africaines et européennes et contribuons à la concrétisation de projets. Je pense notamment au lancement de Resonantes au Sénégal à la suite du rapprochement que nous avons initié entre Diariata N’Daye, sa fondatrice et Soham El Wardini, maire de Dakar ou encore à l’implantation au Sénégal des programmes de Caysti fondé par la camerounaise Arielle Kitio, qui forme des jeunes et des femmes au codage via une collaboration avec Orange-Sonatel.

 

Pour finir, le programme de ces deux prochaines éditions, Paris le 21 avril 2020 et X en juillet, le choix de la ville n’a pas été attribué ?

 

Pour ces prochaines éditions en Europe et en Afrique nous empruntons un chemin de réflexion nouveau pour nous mener vers des avancées majeures. C’est pour cela que nous avons choisi pour thème “Beyond”. Nous irons au-delà des générations, des genres, des frontières, au-delà de la prise de conscience pour atteindre des résultats majeurs pour un monde digital plus inclusif.

Parmi les temps forts, notre Prix les Margaret qui récompensera deux entrepreneures et deux intrapreneures européenne et africaine pour chaque catégorie. L’appel à candidature sera lancé le 2 janvier et le jury d’experts se réunira le 6 février pour sélectionner les lauréates qui seront célébrées le 21 avril à Paris à la Maison de la Radio.

 

La date ainsi que la ville où se tiendra notre prochaine JFD Afrique fera l’objet d’une annonce prochainement. Pour le moment nous poursuivons toujours les échanges avec différents gouvernements, des institutions et acteurs socio-économiques de différents pays africains avant de tout vous dévoiler.

 

*ANINF : agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences.

*ARCEP : autorités de régulation des communications électroniques et des postes.

*CAB4 : Central African Backbone.