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Crise pétrolière : Le Gabon annonce la réduction du train de vie de l’Etat

La chute du prix du baril de pétrole a obligé le gouvernement gabonais à revoir ses notes et surtout à adopter une série de mesures dont la réduction du train de vie de l’Etat, afin de minimiser les effets pervers de la crise pétrolière.

La crise financière mondiale née de la chute du prix du baril de pétrole impacte négativement les économies des  pays exportateurs africains dont le Gabon. Ali Bongo Ondimba a instruit le gouvernement à revoir la loi de finances et à réduire le train de vie de l’Etat. Il faut retenir uniquement « les projets prioritaires », selon le président gabonais, qui a invité les ministres au respect des engagements sociaux et à la créativité pour trouver des poches d’économies en cette période de crise financière. 

Prioriser les projets d’investissement

D’autres mesures ont été annoncées. Entre autres, la réduction des salaires des ministres, la recherche des relais de croissance, la priorisation des projets d’investissement, la création d’une caisse de stabilisation des recettes de l’Etat, la suppression de la notion du cumul de fonctions, la réduction du nombre de véhicules de fonction, la centralisation des frais de mission des ministres auprès du ministère du Budget, la révision des taxes portuaires et la restauration de la taxe sur la protection de l’environnement. Sans oublier la structuration du secteur informel dont le contrôle échappe encore au fisc et aux services des impôts.

Sortir de la dépendance pétrolière

Les autorités de Libreville préconisent également la diversification de l’économie afin de sortir l’activité pétrolière de la dépendance. Plusieurs pistes ont été proposées à cette fin, notamment le développement du secteur agricole avec le lancement du projet GRAINE, la valorisation de l’artisanat, l’accompagnement dans la création d’entreprises et la subvention des activités génératrices de revenus, en vue de l’autonomisation des populations vulnérables. 

Les PME/PMI touchées par la crise 

Selon le ministre gabonais des PME/PMI, Gabriel Tchango, les entreprises locales subissent de plein fouet les effets de la conjoncture internationale actuelle. « Les banques ont du mal à financer actuellement nos entreprises », a déploré, jeudi, le membre du gouvernement, lors d’une séance de travail avec une délégation d’hommes d’affaires marocains, conduite par Zakaria Fahim du Partener Managing à la BDO. L’expertise marocaine en matière de financement des PME pourrait bientôt faire école à Libreville, afin d’aider les opérateurs économiques du pays à traverser cette période de vaches maigres. 

 Les conséquences de la crise pétrolière actuelle n’ont pas encore un impact direct sur la vie du Gabonais lambda. Seul le gouvernement subit les effets néfastes de la conjoncture. Du côté des sociétés pétrolières comme Total Gabon ou Shell, aucune mesure de restriction n’est encore envisagée.


Par Pierre Eric Mbog Batassi

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