Campagne de vaccination Covid 19 au Rwanda@OMS
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COVID : Le Rwanda, premier de cordée dans la fabrication africaine de vaccins à ARN messager

Aux côtés du Sénégal, qui disposera ultérieurement de sa propre unité de production, le Rwanda a signé un accord avec le groupe allemand BioNTech afin d’accueillir la première usine africaine de fabrication de vaccins anti-Covid utilisant la technologie à ARN messager. 

Par Ange Iliza, à Kigali

Annoncée le 27 août dernier, en marge du sommet du G20 « Compact with Africa », où étaient notamment présents les présidents sénégalais et rwandais Macky Sall et Paul Kagame, l’installation par le groupe allemand BioNTech d’unités de production de vaccins contre le Covid-19 en Afrique est désormais actée. Dans un communiqué publié le 26 octobre, l’entreprise de biotechnologie- développeuse avec Pfizer du premier vaccin anti-Covid-19 au monde- a confirmé avoir signé une lettre d’intention avec le gouvernement du Rwanda et l’Institut Pasteur de Dakar, au Sénégal, pour démarrer prochainement la construction de sites de production de vaccins dans les deux pays. 

Le Rwanda, premier pays africain à mettre en œuvre la technologie à ARN messager dans la fabrication de vaccins

Au Rwanda, l’usine- qui sera installée dans la zone économique spéciale de Kigali et achevée en 2024- sera la première unité de fabrication de vaccins sur le continent à utiliser la technologie à ARN messager, qui renferme le programme génétique de fabrication de l’antigène viral. Selon les termes du bulletin précité, le site rwandais sera le premier d’un « réseau de production robuste et décentralisé en Afrique, offrant une capacité de production de plusieurs centaines de millions de doses de vaccins ARN-m ». L’unité de fabrication ne se limitera par ailleurs pas au sérum anti-Covid, le ministre rwandais de la Santé, le Dr Daniel Ngamije, ayant d’ores et déjà annoncé que « l’installation et la technologie ARNm seront utilisées pour produire d’autres vaccins contre des maladies comme le paludisme et la tuberculose ».  Ce dernier était l’un des signataires de l’accord- aux côtés de la ministre sénégalaise des affaires étrangères, Aïssata Tall Sall, de BionTech et de la Banque européenne d’investissement-, qui a été paraphé en marge de la réunion ministérielle UE-UA. 

Le coût estimé de l’usine et de son écosystème (infrastructures adjacentes…) devrait quant à lui se chiffrer à plus de 100 millions d’euros (environ 116 millions de dollars), ont indiqué les autorités rwandaises, qui ont par ailleurs précisé que les fonds seront fournis par la Banque européenne d’investissement et d’autres partenaires. Le Rwanda et le Sénégal augmenteront à cet effet leurs capacités de« fill and finish » cette étape industrielle qui, dans le jargon pharmaceutique, consiste à remplir un contenant de produit, à le fermer et l’étiqueter. L’accord a été signé par le ministre rwandais de la Santé, le Dr Daniel Ngamije, la ministre sénégalaise des affaires étrangères, Aïssata Tall Sall, BionTech et la Banque européenne d’investissement, en marge de la réunion ministérielle Union Européenne (UE)-Union Africaine (UA). 

Etablir des capacités durables de production de vaccins en Afrique

En juin, l’Organisation mondiale du commerce, par la voix de sa directrice générale- la nigériane Ngozi Okonjo-Iweala- avait annoncé que le Rwanda, le Sénégal, le Nigeria et l’Afrique du Sud étaient les pays les plus susceptibles de devenir des pôles de fabrication de vaccins anti-Covid sur le continent. Plus tôt, en mai, c’est l’Union européenne qui avait formulé son intention de budgétiser 1,1 milliard de dollars pour faciliter la fabrication et l’accès aux vaccins et aux technologies de santé en Afrique. Une politique de soutien également endossée par le PDG et cofondateur de BioNTech, Ugur Sahin, qui a rappelé que l’objectif de sa société « [était] de développer des vaccins dans l’Union africaine et d’établir des capacités durables de production de vaccins pour améliorer conjointement les soins médicaux en Afrique ». L’entreprise de biotechnologie a également confirmé avoir finalisé les plans de construction de la future usine et commandé les actifs, qui seront livrés d’ici mi-2022. 

À ce jour, moins de 5 % des 1,38 milliard d’habitants du continent africain ont été vaccinés, contre plus de 60 % dans les pays européens et aux États-Unis. L’Afrique a néanmoins reçu plus de 250 millions de doses provenant du dispositif Covax et d’autres pays partenaires, administrées à 70 % selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Des installations de pointe comme celle-ci sauveront des vies et changeront la donne pour l’Afrique et pourraient conduire à la fabrication de millions de vaccins pour les Africains et par les Africains en Afrique », s’est pour sa part félicitée Matshidiso Moeti, la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

Diminution des infections, allègement des restrictions et reprise de l’activité économique 

De fait, le Rwanda, ainsi que nombre d’autres pays africains, connaissent déjà une diminution des infections et des décès dus au Covid-19, le continent enregistrant même la plus forte baisse (- 45 %) au niveau mondial, selon les estimations de l’OMS.  Résultat, plusieurs gouvernements ont décidé d’alléger les directives relatives au Covid-19 et de relancer plus franchement l’activité économique. Le Rwanda et le Kenya ont ainsi assoupli récemment leur couvre-feu respectif et autorisé les entreprises, écoles et les événements publics à reprendre (presque) normalement.  

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