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Côte d’Ivoire- La transformation digitale de l’Afrique en débat à Abidjan

Autorité politique et acteurs du secteur privé ont croisé le regard sur ce qui pourrait favoriser la transformation digitale de l’Afrique au cours de cette rencontre d’Abidjan qui précède la synthèse de Paris.

Les 22 et 23 novembre prochain, Paris, la capitale française accueille la deuxième partie des Assises de la transformation digitale en Afrique autour du thème « Gouvernance et infrastructures ».

Par Issiaka N’GUESSAN à Abidjan

Approche africaine de la ville intelligente

Il y a eu des avis techniques sur les réalisations en cours, la fibre optique en construction sur l’ensemble du territoire ivoirien mais, la préoccupation principale portant sur « Villes intelligentes, comprendre l’approche africaine » n’aura véritablement pas trouvé réponses. En tout cas, des questions du public, composé d’experts des systèmes informatiques, il ressort que l’approche mérite d’être encore explicitée. Ainsi, l’approche définitionnelle de ce concept n’a pu recueillir un consensus. Si pour Habib Bamba de Orange Côte d’Ivoire, « la ville intelligente, c’est le lieu où l’utilisation des technologies facilitent la vie quotidienne », Julien Cangelosi de Yeswecange France et Loic Mahut de Sogetrel optent pour « smart city », « une ville agréable à vivre ».

En tout état de cause, tous les intervenants à ce panel estiment qu’il s’agit de « répondre aux problématiques de base » visant à satisfaire aux besoins quotidiens de la population.

Pour atteindre l’objectif de la ville intelligente dans une Afrique en pleine mutation démographique, 52% de la population est urbaine en Côte d’Ivoire selon le ministre de l‘Economie numérique et de la Poste, Claude Isaac Dé, le coût d’accès à la connectivité par fibre optique demeure élevé selon un chef d’entreprise. A cela, Eric Ambeu de MTN répond qu’à l’image des portables, l’accès à la fibre optique s’en trouvera facilité suivant le nombre d’utilisateurs.

Un marché potentiel

Mamadou Diallo, le CEO des ATDA a indiqué que « Sans les infrastructures numériques, il n’y a pas de transformation digitale. » Le groupe de réflexion auquel il appartient a alors fait 11 recommandations à l’Union Africaine et à l’Union Européenne au terme du Sommet UE-UA tenu à Abidjan les 29 et 30 novembre 2017. Pour un marché mondial de 600 milliards de dollars, l’Afrique ne représente que 5% a soutenu Mamadou Diallo. « On forme à peine 5000 ingénieurs dans le numérique là où l’Inde, dans les mêmes proportions de population que l’Afrique, forme 5 fois plus que l’Afrique pour sa transformation numérique » a-t-il fait savoir.

Les Assises de la transformation digitale en Afrique qui se tient dans 10 pays africains et qui s’achève à Paris, vise, a soutenu Mamadou Diallo, à « permettre aux agences nationales de mutualiser les bonnes pratiques pour les pays africains. »

Pour Stéphane Lelux du groupe Infranum France, qui dit se sentir « bien en Afrique », il s’agit « d’avoir des relations durables avec les entreprises ivoiriennes mais aussi celles de la sous-région. On est dans cette logique de coopération, on est très motivé pour partager notre expérience. Le continent est face à un triplement de la population urbaine, l’Afrique va être créatrice d’opportunités, terrain favorable aux investissements » soutient Stéphane Lelux. Il a rappelé qu’il faudrait « 2 milliards d’investissement à l’horizon 2030 dans les infrastructures là où on en est à 10% de ces investissements » a-t-il indiqué.

Face à l’explosion démographique, comment réussir à canaliser la population rurale dans son espace de vie, créer des emplois, faciliter le transport, la couverture en énergie, le défi climatique et le défi sécuritaire ?

Stéphane Lelux estime que « on a là le plus grand défi, celui de réussir cette transformation digitale du continent. »

Soutien politique

Avec la présence de représentants du Burkina Faso, du Bénin, du Togo, de la Tunisie et du Sénégal, ce rendez-vous autour de la transformation digitale tient ses promesses avec l’implication de la CGECI, la confédération des entreprises ivoiriennes. Aussi, le débat ne pouvait-il pas se mener sans la présence du politique représenté pour la circonstance par Claude Isaac Dé. « Il faut qu’on rattrape le retard, il faut des hommes bien formés et une volonté politique » a-t-il soutenu.

Pour la Côte d’Ivoire, le secteur des TIC représente, a-t-il révélé, 9% du PIB et l’objectif est d’atteindre 17%. Avec 52% de sa population qui est urbaine, « la Côte d’Ivoire accorde de l’importance au secteur. Les choses changent, il faut tirer profit des progrès technologiques » a reconnu le ministre de l’Economie numérique et de la Poste. Il a assuré qu’il « y a les infrastructures partout », à charge pour l’Etat de « prendre tous les textes juridiques pour sécuriser les initiatives » a fait savoir Claude Isaac Dé. « Le gouvernement attend des recommandations pratiques, tout ce qui doit être fait pour que les jeunes aient un travail noble sera fait, les pays de l’UEMOA s’engagent à tout mettre en œuvre pour favoriser le développement des infrastructures numériques » a-t-il assuré.

« La mutualisation des réseaux, une clé de réussite pour une Afrique numérique », « quel pilotage public des grands projets d’infrastructures telecoms en Afrique » sont entre autres des thèmes qui seront abordés au cours de ces échanges qui prennent fin ce mercredi 3 octobre.


 

Par Issiaka N’GUESSAN à Abidjan

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