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Coronavirus Un an après, vers une victoire du génie humain ?

Douze mois de galère, d’inquiétude, de souffrances pour l’ensemble de la population mondiale dues à un virus, SARS-CoV2 plus couramment connu sous le nom de nouveau coronavirus ou Covid-19. Aucun pays n’a été épargné, toutes les économies ont été ébranlées, des millions de vies perdues, rien n’a échappé à ce tsunami. Et la lumière fût, grâce à la découverte de vaccins. 

 

Par Talel de Sinta, à Tunis

 

L’Histoire retiendra longtemps de cette année 2020. Comme a tenu à le rappeler le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, qui s’exprimait à l’occasion de l’anniversaire de l’alerte pandémique lancée par l’Organisation mondiale de la santé, « le monde a été confronté à un tsunami de souffrances » douze mois durant. Mais il estime que « la lumière est au bout du tunnel ».

 

Des chiffres qui font froid dans le dos

 

Il faudrait sans doute trouver un mot plus fort que “tsunami“ pour décrire et exprimer ce que le monde a vécu au cours des douze derniers mois. Pays développés comme pays sous-développés ou en développement. Fermetures d’entreprises, d’écoles, d’espaces de vie, pertes d’emploi, interdiction de voyages, arrêts ou annulations des compétitions sportives nationales et internationales, élargissement des inégalités de genre, etc., la pandémie a agi comme une bourrasque, allant jusqu’à détruire certains liens familiaux.

 

Cependant, il importe de faire remarquer qu’en termes de décès, les pays en développement en général, et l’Afrique en particulier, ont été moins impactés. A l’heure actuelle, il n’existe aucune explication convaincante quant à la résilience « africaine » à cette pandémie.

 

Aujourd’hui il est difficile de chiffrer avec exactitude le nombre de personnes ayant perdu leurs emplois à cause de la pandémie de Covid-19. Toutefois, les chiffres qui circulent sur la question donnent le tournis. Par exemple, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime que le coronavirus a coûté 255 millions d’emplois dans le monde en 2020, dont le plus lourd bilan a concerné le tourisme, secteur à forte intensité de main-d’œuvre.

 

Côté nombre de décès et d’infections, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) quant à elle fait état de 2 653 644 morts de la Covid-19 pour près de 120 millions d’infections à travers le monde ; la grande majorité des malades guérissent, ajoute l’OMS.

 

Par continent et au 15 mars 2021, l’Europe comptait 897 130 décès pour 39 955 677 cas confirmés ; 719 615 décès (22 806 598 cas) pour l’Amérique latine et les Caraïbes ; 557 344 décès (30 347 732 cas) pour les Etats-Unis et le Canada ; 263 001 décès (16 656 742 cas) pour l’Asie ; 108 220 décès (5 943 403 cas) pour le Moyen-Orient ; 107 821 décès (4 040 335 cas) pour l’Afrique ; et 958 décès (33 463 cas) pour l’Océanie.

 

L’Afrique, le mystère !

 

Concernant l’Afrique, la situation est disparate, d’une région à l’autre. Selon les chiffres publiés par le Bureau régional pour l’Afrique de l’OMS, le continent totalise plus de 4 millions de cas confirmés de Covid-19 pour 107 625 décès, et plus de 3,7 millions de guérisons. Et l’Afrique australe demeure la région la plus affectée, suivie de l’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Ouest arrivant en troisième position. Du coup, l’Afrique centrale serait, officiellement, la région la moins infectée par la Covid-19.

 

Six pays totalisent près de 90% des cas d’infections et de décès sur le continent. Il s’agit de l’Afrique du Sud (avec son variant) qui a enregistré 1,52 million de cas confirmés, suivie du Maroc (488 632 cas), de la Tunisie (241 257 cas), de l’Egypte (190 280 cas), de l’Ethiopie (175 467 cas) et du Nigeria (160 657 cas confirmés).

 

Interrogation “spéciale“ sur la Tunisie, un pays qui, durant près de 10 mois (jusqu’en décembre 2020), semblait “hors d’atteinte“ en termes d’infections et de morts, au point que certains ont expliqué cette résilience par la nourriture ou le climat. Mais depuis, le pays se retrouve parmi les plus touchés du continent africain. Il a même eu droit à son variant !

 

Ouf de soulagement…

 

Et pointa, enfin, une lumière à l’horizon avec un vaccin, puis deux, trois, quatre voire plus. Ils ont pour noms Spoutnik V (Russie), Moderna et Pfizer (Etats-Unis), AstraZeneca (Angleterre – Suède), CanSino Biologics et Sinovac (Chine).

 

Quel que soit leur degré d’efficacité, les vaccins anti-Covid-19 constituent l’espoir pour le monde. Car « tant de vies ont été perdues, les économies ont été bouleversées et les sociétés ont été ébranlées. Et Ce sont les plus vulnérables qui ont le plus souffert. Ceux qui sont restés derrière sont encore plus laissés derrière », déplore le secrétaire générale des Nations unies, Antonio Guterres, dans un discours à l’occasion de l’anniversaire de l’alerte pandémique de l’OMS.

 

« L’ONU continuera à mobiliser la communauté internationale pour tenir la promesse de l’initiative COVAX pour des vaccins équitables, et les rendre abordables »

 

Il fait un clin d’œil aux « nihilistes » et aux « négationnistes », et remercie  ceux qui les ont tenu tête, notamment les scientifiques, les laboratoires. « Vous avez contribué à sauver des vies », a-t-il dit.

 

Pour autant, le patron de l’ONU sait que c’est une bataille remportée mais pas encore la guerre, surtout en termes d’accès aux vaccins pour tous. C’est pour cette raison qu’il a déclaré que « l’ONU continuera à mobiliser la communauté internationale pour tenir la promesse de l’initiative COVAX pour des vaccins équitables, et les rendre abordables et disponibles pour tous, pour mieux se rétablir, et pour mettre un accent particulier sur les besoins de ceux qui ont porté le fardeau de cette crise à tant de niveaux – les femmes, les minorités, les personnes âgées, les personnes handicapées, les réfugiés, les migrants et les peuples autochtones ».

Aux pays pauvres de se battre.

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