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Cop21 : Le Maroc conditionne une partie de ses efforts à l’aide internationale

Le Maroc a organisé à Rabat, les 12 et 13 octobre 2015 un forum sur les INDC en marge des réunions officielles de préparation de la Cop21. Dans la perspective de la tenue au Maroc de la Cop22, le royaume se mobilise et prend des engagements mais demande l’aide internationale.

« Le Maroc a donné l’exemple en s’engageant dans cette bataille qui ne fait que commencer », a affirmé, mardi 13 octobre 2015, Hakima El Haite, ministre déléguée auprès du ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, chargée de l’Environnement. Le Maroc a accueilli les 12 et 13 octobre à Rabat, le Forum des INDC, dans la perspective de la Cop21 qui doit se tenir à Paris du 30 novembre au 21 décembre.

Depuis que le royaume a été désigné, il y a 2 ans, pour accueillir la Cop22, en 2016, il est en quête de visibilité sur la scène internationale du changement climatique. Le Forum des INDC ne relève pas de la préparation officielle de la Cop21 – la dernière réunion ADP aura lieu à Bonn, du 19 au 23 octobre – mais elle a tout de même réuni près de 200 personnes, dont les représentants d’une quarantaine de pays. Le Maroc réfléchit également à organiser « la deuxième édition du Climate and Business Summit après celle de Paris, en mai », a révélé Hakima El Haike

Surtout, le Maroc a été l’un des premiers pays à dévoiler les engagements qu’il prendra lors de la Cop21 en termes de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. En annonçant une réduction inconditionnelle de 14% de ses émissions à l’horizon 2030 par rapport « au cours normal des affaires » et une réduction, conditionnée à l’aide financière et technique internationale de 18% supplémentaires, le Maroc s’est montré dynamique, engagé et plutôt ambitieux. Il s’est aussi clairement positionné comme demandeur : à la fois pays en développement aux moyens limités et victime des effets du changement climatique.

« Notre retard [nous, pays en développement, ndlr] est une opportunité, nous avons l’occasion d’adopter des technologies moins polluantes, alors que les pays développés doivent revoir tout leur système. Si elles coûtent plus cher, alors nous demanderons plus au Fonds Vert », a résumé la ministre marocaine. Un Plan d’investissements verts a ainsi été présenté par le Maroc lors du Sommet pour le climat de New York, en septembre 2014, mêlant toutes des politiques en cours, tous secteurs confondus ayant une dimension écologique.« Si la politique climatique a bien été définie, sa mise en œuvre dans les secteurs ou encore au niveau territorial est à ses débuts », reconnaissait la ministre, en mars. Des experts du Fonds Vert se sont ensuite déplacés, en janvier dernier, pour connaître les projets et les intentions du Maroc.

« Nous sommes en train de préparer un portefeuille de projets avec l’appui de la coopération allemande en se basant sur notre Plan d’Investissement Vert. Les thèmes concernant les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, la valorisation des déchets, le transport et l’aménagement des bassins versants sont éligibles audit Fonds », nous avait expliqué Hakima El Haite.

Le Fonds Vert Climat a donné d’ores et déjà son accord de principe pour un financement sous forme de prêts bonifiés ou de subventions de « 100 millions de dollars avant la fin de l’année en cours », précisait la ministre. 100 millions de dollars quand l’atteinte de l’objectif conditionnel de réduction des émissions de gaz à effet de serre nécessite 45 milliards de dollars américains sur 15 ans et que le Plan d’investissements Verts coûtera 15 milliards de dollars sur 15 ans dont 843 millions pour lutter contre le stress hydrique, première conséquence majeure du changement climatique sur le royaume. Selon le rapport du Think Thank américain World Ressources Institute (WRI) publié en décembre 2013, le Maroc connaît un stress hydrique extrêmement élevé car il consomme sur une année, plus de 80% de l’eau disponible sur cette période.


 

Par Julie Chaudier