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Tunisie Youssef Chahed en mission spéciale à Paris

Rencontre avec son homologue Édouard Philippe, tête à tête avec Emmanuel Macron, échanges avec les opérateurs économiques… Le séjour parisien du chef du gouvernement tunisien, par ailleurs candidat non déclaré à la prochaine élection présidentielle, avait pour objectif de renforcer la coopération franco-tunisienne… et sa stature de présidentiable au passage.

Par DBM

Matignon, l’Élysée, le Sénat pour un forum franco-tunisien, l’Institut du Monde Arabe… Le séjour parisien du premier ministre tunisien, dans la capitale française du 13 au 15 février, n’aura pas été vain. Plus d’un an après la visite de la délégation française, conduite par Emmanuel Macron, à Tunis, il vient renforcer la coopération franco-tunisienne. « L’entretien (avec E. Macron) a permis d’appuyer la mise en œuvre des engagements pris dans tous les domaines de notre coopération, confirme l’Élysée dans un communiqué. Le Président de la République a renouvelé le plein soutien de la France à la Tunisie pour consolider les acquis de la transition démocratique et relever ses défis économiques et sociaux, huit ans après la révolution. Il a exprimé sa confiance dans la capacité de la Tunisie à aborder les élections générales de la fin de l’année dans l’esprit d’unité nationale et de débat démocratique qui caractérise la Tunisie d’aujourd’hui. »

Conversion de la dette ; modernisation des services de santé, création d’une université franco-tunisienne… Signatures de 5 conventions

Pour preuve, 5 conventions ont été signé entre le premier ministre français Édouard Philippe et son homologue tunisien, Youssef Chahed. Lesquelles portent sur la conversion de la dette tunisienne (2002-2007) en investissements, la création d’une université franco-tunisienne afro-méditerranéenne, le transport international des personnes, la modernisation des services de santé à Sidi Bouzid (Centre), moyennant un financement de 76 millions d’euros et l’appui au programme national de santé par l’utilisation de la technologie, moyennant un financement de 26 millions d’euros. Par ailleurs, a été annoncée, l’exemption des frais d’inscription aux universités françaises.

De quoi donner un nouvel élan aux relations économiques entre les deux pays, alors que 1400 entreprises françaises sont implantées en Tunisie. L’objectif du 2ème Forum franco-tunisien, organisé le 15 février au Sénat par Business France.  « La salle Clémenceau est trop petite, ce qui manifeste d’une grande adhésion pour votre venue », observe, à titre d’introduction, Jean-Pierre Sueur, président du groupe interparlementaire d’amitié France-Tunisie, alors que la salle est effectivement bondée. Et de poursuivre par un appel à la co-localisation franco-tunisienne : « La présence financière française est appelée encore à se développer, si nous voulons multiplier par deux nos investissements d’ici 2022, comme le Président de la République nous y a encouragé. La clé de la réussite c’est vous, les représentants des entreprises ici nombreux, fers de lance de la croissance tunisienne et de nos relations économiques bilatérales, qui la détenez ».

« Nous faisons face aux défis de concurrents, notamment asiatiques, ce qui rend nécessaire une approche de co-développement »

« Nous faisons face aux défis de concurrents, notamment asiatiques, ce qui rend nécessaire une approche de co-développement » a pour sa part indiqué le premier ministre tunisien après avoir énuméré les atouts de la destination « Tunisie ». Et pour convaincre les « partenaires » français des opportunités d’investissement en Tunisie, Youssef Chahed n’est pas venu seul : il était accompagné d’une délégation composée des ministres des secteurs « stratégiques ». Parmi lesquels, Zied Laâdhari, ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Slim Feriani, ministre de l’Industrie et des PME, Hichem Ben Ahmed, ministre du Transport, Rony Trabelsi, ministre du Tourisme et de l’Artisanat…

Mission accomplie donc pour le chef du gouvernement tunisien, candidat non déclaré à la prochaine élection présidentielle en Tunisie, fin 2019. Il aura, au passage, soigné son image de « présidentiable ».